"Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident, ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées, avant on avait eu Papy Voise, dont plus personne n'a jamais entendu parler après. Tout ça, c'est écrit d'avance. Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau, nous aurons l'événement gravissime, qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les Musulmans et d'inventer une guerre civile."
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"Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident, ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées, avant on avait eu Papy Voise, dont plus personne n'a jamais entendu parler après. Tout ça, c'est écrit d'avance. Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau, nous aurons l'événement gravissime, qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les Musulmans et d'inventer une guerre civile."La sortie fait grand bruit. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise, a créé un véritable chaos médiatico-politique après cette déclaration sur France Inter, taxée par beaucoup de "complotiste". Dans cet extrait, tiré d'une interview de plusieurs minutes, Mélenchon insinue une instrumentalisation des attentats ou des drames précités au service du fameux "système", dont fait partie la président de la République, Emmanuel Macron. La théorie, jugée "honteuse" et "inadmissible" par beaucoup, voudrait que les hommes au pouvoir créent des attentats de toute pièce, afin de faire planer un climat de terreur juste avant les élections. Avec, comme bénéficiaire principal, leur candidat. La théorie surprenante fait réagir partout en France. La polémique enfle. Mais pour l'homme de gauche, adepte des déclarations fracassantes, il n'est pas question d'excuses. Au contraire, Mélenchon a remis le couvert sur Twitter quelques heures plus tard. "Les complotistes anticomplotistes sont de sortie. Ils nient que les assassins font leur coup au moment qui fait parler d'eux. Propos ineptes. À moins que ce soit pour les couvrir", a-t-il lâché sur le média social. Avant de s'en donner à coeur joie sur Facebook, dans un long post où il se victimise et dénonce un "harcèlement" contre sa personne. "D'un buzz affligeant. La post-vérité en action", commence-t-il en lettres majuscules. "Un mot monté en épingle par quelques gens influents et aussitôt la boucle s'enflamme, de Twitter aux chaînes d'info et ainsi de suite." Et d'orienter quelque peu ses propos par rapport à sa déclaration précédente sur France Inter: "En gros, je résume: quand Le Pen récupère l'émotion d'un crime pour faire sa propagande, c'est génial; quand quelqu'un met en garde contre ce type de manipulation, c'est qu'il est complice avec les meurtriers. Ainsi en vient-on à nier cette évidence que les meurtriers attendent le meilleur moment pour faire parler d'eux."Si de nombreux politiques français parlent de propos complotistes, Latifa Ibn Ziaten, mère d'une victime de Mohammed Merah, a aussi pris la parole, et dénonce : "Les propos de Jean-Luc Melenchon sont inadmissibles et ne devraient même pas être tenus. Je suis la mère de Imad, militaire mort debout face à l'obscurantisme en mars 2012. Le respect, c'est un minimum pour l'honneur de mon fils, des autres victimes et des familles endeuillées."Patrick Klugman, l'avocat de proches de victimes de Mohamed Merah, fustige ces propos d'une "extraodrinaire gravité". Et regrette de voir "un leader politique souscrire à des thèses complotistes dont on sait qu'elles font des ravages". Il a menacé Jean-Luc Mélenchon d'une plainte "s'il ne retire pas ses propos ce lundi".Dans les rangs de la France Insoumise, on est toujours à 100% derrière son président, malgré une pression grandissante. Certains ont "volontairement mal compris et déformé ses propos", qui étaient "ramassés" dans "une émission d'une heure", a plaidé Clémentine Autain, tête de liste de LFI en Ile-de-France, sur CNews. Elle assure que "Jean-Luc Mélenchon n'est pas complotiste" et "ne minimise pas ces attentats".Excellent orateur, adepte grandissant des réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon aura réussi une chose : faire (encore) parler de lui, via les médias qu'il déteste tant. Complotiste, ou pas.