Ce lundi 15 novembre, la Russie détruisait l'un de ses propres satellites, entretenant ainsi le nombre croissant de déchets spatiaux qui orbitent déjà dans l'espace. Qualifiés de "saccageurs de l'espace" par la France et "d'irresponsables " par les USA, les Russes annonçaient plus tard via communiqué, devant le fait accompli, qu'ils avaient mené avec succès un test à l'issue duquel l'engin spatial Tselina-D, en orbite depuis 1982 et inactif, avait été détruit.

Plutôt que de faire le ménage en pulvérisant le vieux satellite, le missile a créé un nuage de débris susceptible d'endommager tout ce qui se trouve sur le chemin de son orbite, entre-autres les installations comme la station spatiale internationale ISS.

L'agence spatiale russe Roscosmos avait annoncé au préalable que la sécurité de l'équipage de l'ISS, qui compte deux Russes, quatre Américains et un Allemand, était sa priorité principale, mais sans parler d'une quelconque mission de tir. L'équipage de la station spatiale s'est tout de même réfugié dans les engins d'évacuation en attendant que tout danger soit écarté. La Nasa précisait dans un communiqué que l'ISS passe à travers ou près du nuage de débris toutes les 90 minutes. L'astronaute allemand Matthias Maurer a pris place dans le véhicule spatial Crew Dragon avec trois Américains, tandis que le quatrième astronaute américain est monté avec les deux cosmonautes russes dans le véhicule Soyouz, le mot russe pour dire "union". Une fois le danger écarté, les occupants de l'ISS ont repris leurs occupations, en gardant malgré tout fermées les écoutilles entre les modules, par mesure de sécurité.

Ce n'est pas la première fois qu'un tir d'essai se produit dans l'espace, et ces tirs sont déjà responsables de nombreux débris qui forcent les différentes agences spatiales à monitorer leurs trajectoires en permanence. La semaine dernière, l'ISS avait déjà dû manoeuvrer pour éviter les morceaux d'un satellite que la Chine avait détruit lors d'un essai du même genre, en 2007.

Les débris dans l'espace et l'effet Kessler

Si l'incident rappelle assez fidèlement une scène du film Gravity de Alfonso Cuarón, la dangerosité des débris en orbite est une réalité. Un des ingénieurs de la NASA explique dans le documentaire Les mystères de l'Univers qu'une simple écaille de peinture lancée à 28 000 km/h, la vitesse des éléments en orbite, correspond à l'impact d'une balle de calibre .44 Magnum à bout portant. Raison qui a motivé les astronautes et cosmonautes de l'ISS à se mettre à l'abri. Ils avaient d'ailleurs déjà dû le faire en 2019 lorsque la station était menacée par une pièce de fusée japonaise lancée en 2018.

Le syndrome de Kessler est un scénario qui prévoit que si un certain nombre de débris en orbite basse est dépassé, il sera tout simplement impossible d'envisager explorer l'espace ou même d'y déployer des satellites. Les débris existants sont fréquemment heurtés et détruits par de nouveaux objets, alimentant ainsi le nombre croissant de "projectiles" dans l'espace. Les débris finissent néanmoins par retomber sur Terre naturellement mais la durée peut varier entre quelques mois et quelques milliers d'années selon l'orbite concernée et leur forme.

En attendant, les débris provoqués par l'impact du missile russe DA-ASAT (pour missile antisatellite à ascension directe) vont représenter un danger pour les activités spatiales dans les années à venir et forcer les installations comme les satellites et les véhicules spatiaux aux manoeuvres d'évitement, dénonce le général James Dickinson, commandant de l'US Space Command.

Environ 30 000 objets spatiaux d'une taille supérieure à 10 cm sont monitorés tous les jours par les différentes agences spatiales et parmi ces 30 000, seulement 5000 de ces objets seraient fonctionnels. Le reste représente des déchets.

La militarisation de l'espace

La question de l'armement et de la stratégie militairen'est pas un fait nouveau dans la conquête de l'espace. Les USA sont les premiers à avoir effectué des tirs sur des satellites, rejoints par la Chine, la Russie et dernièrement l'Inde en 2019. Un laser pour aveugler les engins spatiaux, des missiles balistiques ou des satellites kamikazes pour neutraliser les installations spatiales des adversaires, les armes ne manquent pas pour asseoir son influence dans l'espace. La domination spatiale peut en effet être un point clé lors d'un conflit armé puisque c'est en grande partie sur les satellites que reposent les capacités de communication et de localisation comme le GPS.

Outre la frayeur provoquée aux occupants de la station ISS, l'incident de ce lundi a remis en avant sur la scène internationale la question de la pollution spatiale, mais également la question de la course à l'armement qui est en parallèle de la conquête de l'espace.

Ce lundi 15 novembre, la Russie détruisait l'un de ses propres satellites, entretenant ainsi le nombre croissant de déchets spatiaux qui orbitent déjà dans l'espace. Qualifiés de "saccageurs de l'espace" par la France et "d'irresponsables " par les USA, les Russes annonçaient plus tard via communiqué, devant le fait accompli, qu'ils avaient mené avec succès un test à l'issue duquel l'engin spatial Tselina-D, en orbite depuis 1982 et inactif, avait été détruit. Plutôt que de faire le ménage en pulvérisant le vieux satellite, le missile a créé un nuage de débris susceptible d'endommager tout ce qui se trouve sur le chemin de son orbite, entre-autres les installations comme la station spatiale internationale ISS. L'agence spatiale russe Roscosmos avait annoncé au préalable que la sécurité de l'équipage de l'ISS, qui compte deux Russes, quatre Américains et un Allemand, était sa priorité principale, mais sans parler d'une quelconque mission de tir. L'équipage de la station spatiale s'est tout de même réfugié dans les engins d'évacuation en attendant que tout danger soit écarté. La Nasa précisait dans un communiqué que l'ISS passe à travers ou près du nuage de débris toutes les 90 minutes. L'astronaute allemand Matthias Maurer a pris place dans le véhicule spatial Crew Dragon avec trois Américains, tandis que le quatrième astronaute américain est monté avec les deux cosmonautes russes dans le véhicule Soyouz, le mot russe pour dire "union". Une fois le danger écarté, les occupants de l'ISS ont repris leurs occupations, en gardant malgré tout fermées les écoutilles entre les modules, par mesure de sécurité. Ce n'est pas la première fois qu'un tir d'essai se produit dans l'espace, et ces tirs sont déjà responsables de nombreux débris qui forcent les différentes agences spatiales à monitorer leurs trajectoires en permanence. La semaine dernière, l'ISS avait déjà dû manoeuvrer pour éviter les morceaux d'un satellite que la Chine avait détruit lors d'un essai du même genre, en 2007. Si l'incident rappelle assez fidèlement une scène du film Gravity de Alfonso Cuarón, la dangerosité des débris en orbite est une réalité. Un des ingénieurs de la NASA explique dans le documentaire Les mystères de l'Univers qu'une simple écaille de peinture lancée à 28 000 km/h, la vitesse des éléments en orbite, correspond à l'impact d'une balle de calibre .44 Magnum à bout portant. Raison qui a motivé les astronautes et cosmonautes de l'ISS à se mettre à l'abri. Ils avaient d'ailleurs déjà dû le faire en 2019 lorsque la station était menacée par une pièce de fusée japonaise lancée en 2018. Le syndrome de Kessler est un scénario qui prévoit que si un certain nombre de débris en orbite basse est dépassé, il sera tout simplement impossible d'envisager explorer l'espace ou même d'y déployer des satellites. Les débris existants sont fréquemment heurtés et détruits par de nouveaux objets, alimentant ainsi le nombre croissant de "projectiles" dans l'espace. Les débris finissent néanmoins par retomber sur Terre naturellement mais la durée peut varier entre quelques mois et quelques milliers d'années selon l'orbite concernée et leur forme. En attendant, les débris provoqués par l'impact du missile russe DA-ASAT (pour missile antisatellite à ascension directe) vont représenter un danger pour les activités spatiales dans les années à venir et forcer les installations comme les satellites et les véhicules spatiaux aux manoeuvres d'évitement, dénonce le général James Dickinson, commandant de l'US Space Command. Environ 30 000 objets spatiaux d'une taille supérieure à 10 cm sont monitorés tous les jours par les différentes agences spatiales et parmi ces 30 000, seulement 5000 de ces objets seraient fonctionnels. Le reste représente des déchets. La question de l'armement et de la stratégie militairen'est pas un fait nouveau dans la conquête de l'espace. Les USA sont les premiers à avoir effectué des tirs sur des satellites, rejoints par la Chine, la Russie et dernièrement l'Inde en 2019. Un laser pour aveugler les engins spatiaux, des missiles balistiques ou des satellites kamikazes pour neutraliser les installations spatiales des adversaires, les armes ne manquent pas pour asseoir son influence dans l'espace. La domination spatiale peut en effet être un point clé lors d'un conflit armé puisque c'est en grande partie sur les satellites que reposent les capacités de communication et de localisation comme le GPS. Outre la frayeur provoquée aux occupants de la station ISS, l'incident de ce lundi a remis en avant sur la scène internationale la question de la pollution spatiale, mais également la question de la course à l'armement qui est en parallèle de la conquête de l'espace.