Vers 11h15 (7h45 GMT), le taux de participation tournait autour de 9% selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, a voté à l'ouverture des bureaux (4h30 GMT). Il a renouvelé son appel aux quelques 58 millions d'électeurs à participer "avec enthousiasme" au scrutin afin de "garantir l'intérêt national".

A Téhéran, de longues queues se sont formées devant les bureaux des quartiers sud, acquis aux conservateurs, contrastant avec le Nord -ayant voté majoritairement Hassan Rohani lors des présidentielles de 2013 et 2017- où l'engouement était nettement moindre.

La nouvelle de l'arrivée en Iran du nouveau coronavirus s'est invitée dans le scrutin. Le ministère de la Santé a annoncé vendredi deux nouveaux décès portant à quatre le nombre de personnes tuées par maladie, dont les premiers cas sont apparus officiellement mercredi à Qom (centre).

Cité par l'agence semi-officielle Isna, Chokrollah Hassanbeygui, chargé de superviser le vote à Téhéran, a accusé les "contre-révolutionnaires" de faire courir le bruit que les tampons encreurs utilisés pour identifier les votants à l'aide de l'empreinte de leur index étaient "infectés" par le virus COVID-19.

Deux nouveaux morts parmi 13 nouveaux cas

Le ministère de la Santé iranien a annoncé la mort de deux nouvelles personnes infectées par le nouveau coronavirus, portant à quatre le nombre officiel de décès dus au virus en République islamique.

Les premiers cas confirmés de contamination au virus COVID-19, qui est apparu en Chine, ont été annoncés officiellement mercredi en Iran. Les autorités disent avoir identifié plus précisément les deux premiers décès liés à la maladie dans la ville sainte chiite de Qom, à 150km au sud de Téhéran.

"Elections parfaitement équitables"

Pour apaiser les craintes, les autorités, qui expérimentent vendredi un système d'identification par scanner du doigt, ont annoncé que le passage par le tampon encreur était rendu optionnel.

L'agence officielle Irna a assuré que le coronavirus n'avait eut aucun effet sur "l'enthousiasme" des électeurs à Qom.

Les 290 députés de la onzième législature à sortir des urnes depuis la révolution islamique de 1979 commenceront leur travail dans un contexte de tensions exacerbées entre Téhéran et Washington, et alors que l'Iran traverse une violente récession.

Les élections ont lieu près d'un mois et demi après que les forces armées iraniennes eurent annoncé avoir abattu "par erreur" un avion de ligne ukrainien.

L'aveu tardif des autorités de leur responsabilité dans ce drame avait provoqué des manifestations, limitées, faisant voler en éclats l'apparence d'unité nationale manifestée à l'occasion des funérailles du général iranien Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en Irak le 3 janvier.

A Téhéran, nombre d'habitants ont fait part à l'AFP, dans les jours précédant l'élection, de leur refus d'aller voter.

Mais dans un bureau de vote du nord de la capitale, Mohsen Jallali, employé de 37 ans, a assuré à l'AFP que voter c'est "montrer à l'Amérique que nous soutenons pleinement notre guide", l'ayatollah Khamenei.

La disqualification de milliers de candidats réformateurs et modérés réduit pratiquement le scrutin à un affrontement entre conservateurs et ultraconservateurs et pourrait alimenter l'abstention.

Mais pour M. Jallali, "ces élections sont parfaitement équitables". Si ces candidats ont été invalidés, c'est qu'ils présentaient "un problème".

En fonction des résultats, la plus ou moins grande représentation des ultras dans la future Assemblée, déterminera la marge de manoeuvre qui restera au président Rohani jusqu'à la fin de son mandat en 2021, et pourrait influer sur la poursuite de sa politique extérieure d'ouverture.

Car les ultraconservateurs sont opposés à toute négociation avec l'Occident et sont impatients de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien, dénoncé unilatéralement par le président américain Donald Trump en 2018.

Conclu en 2015 à Vienne, le président Rohani voyait dans cet accord l'espoir d'une ère de prospérité pour l'Iran.

"Tout s'est effondré"

Au lieu de cela, le retour des sanctions américaines ont plongé son pays dans une violente récession.

"Après l'élection de Rohani, tout s'est effondré. Il a signé un très mauvais accord [à Vienne] et s'est tourné vers l'Ouest sans garanties solides", déclare dans un bureau Aliréza Hachémi, 25 ans, reprochant au président d'être "très faible".

Plusieurs figures réformatrices ont mis en garde contre une victoire des ultraconservateurs, si la forte abstention prédite par les observateurs se confirme.

M. Rohani et son camp ont appelé les électeurs à voter même s'ils ne sont pas contents du gouvernement. Après avoir voté, le président a salué un "jour glorieux [dans] l'histoire du pays".

Après les disqualifications massives de candidats, Washington a annoncé jeudi des sanctions financières - essentiellement symboliques - contre cinq responsables du Conseil des gardiens, organe tenu par les conservateurs et chargé du contrôle des élections, que les Etats-Unis accusent de manipuler le scrutin "pour favoriser l'agenda pernicieux du régime".

"Le régime américain a montré [par ces sanctions] qu'il n'en a rien à faire de la démocratie et qu'il préfère les régimes dictatoriaux de la région", a répondu le porte-parole du Conseil, Abbas Ali Kadkhodaï.

La participation aux dix dernières élections a atteint en moyenne 60,5%, selon l'Intérieur.

M. Kadkhodaï, a jugé mercredi qu'une participation inférieure à 50% ne poserait "pas de problème pour la démocratie".

L'Iran depuis l'arrivée au pouvoir de Hassan Rohani en 2013

Rappel des dates-clés de l'Iran depuis l'élection à la présidence en 2013 du conservateur modéré Hassan Rohani.

Rohani élu

Le 14 juin 2013, Hassan Rohani, soutenu par le camp réformateur, remporte la présidentielle. Il succède à Mahmoud Ahmadinejad, dont les huit ans au pouvoir ont été marqués par de fortes tensions avec les pays occidentaux, notamment sur le dossier nucléaire.

Fin septembre, le religieux modéré promet lors de l'Assemblée générale de l'ONU de "fournir l'assurance" que le programme nucléaire de Téhéran, soupçonné de vouloir se doter de la bombe atomique, est purement pacifique. Il condamne "les crimes que les nazis ont commis envers les juifs", prenant le contre-pied de son prédécesseur qui avait nié l'Holocauste.

Il brise aussi un tabou en ayant un contact téléphonique avec son homologue américain Barack Obama, une première depuis la Révolution islamique de 1979.

Accord nucléaire

Le 14 juillet 2015, Téhéran conclut avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne un accord mettant fin à 12 ans de tensions autour du dossier nucléaire iranien.

Conclu à Vienne, l'accord entre en vigueur début 2016 et prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique.

Acteur régional

Renforcé par l'accord qui lui permet de revenir sur le devant de la scène internationale, l'Iran se pose en acteur incontournable dans le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Il soutient financièrement et militairement le régime de Bachar al-Assad en envoyant des "conseillers militaires" et des "volontaires" d'Iran, d'Afghanistan ou du Pakistan.

Au Yémen, la République islamique dit appuyer les rebelles Houthis face à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite et engagée dans le conflit depuis 2015. Mais elle se défend de les armer comme l'en accusent Ryad et Washington.

Début 2016, l'Arabie saoudite et ses alliés rompent ou réduisent leurs relations diplomatiques avec Téhéran après une crise déclenchée par l'exécution d'un dignitaire chiite saoudien. Ils accusent l'Iran d'attiser des conflits régionaux.

Nouvelle victoire de Rohani

En février et avril 2016, les législatives permettent un rééquilibrage des forces entre conservateurs et réformateurs alliés aux modérés du président Rohani et d'écarter les conservateurs les plus durs.

En mai 2017, M. Rohani est réélu pour quatre ans, avec le soutien des réformateurs et d'une grande partie de la jeunesse.

Mais il est rapidement confronté au mécontentement populaire et aux attaques de ses adversaires politiques et de milieux religieux.

Fin 2017, des centaines de personnes manifestent notamment à Machhad (nord-est), deuxième ville du pays, contre la hausse des prix, le chômage et le gouvernement.

Les troubles touchent plusieurs dizaines de villes. Le mouvement fait au moins 25 morts, en majorité des manifestants, et entraîne des centaines d'arrestations.

Retrait américain de l'accord

Le 8 mai 2018, le président Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l'accord nucléaire et le rétablissement des sanctions contre Téhéran ainsi que contre les entreprises ayant des liens avec la République islamique.

En riposte aux sanctions, l'Iran, dont l'économie s'est enfoncée dans une violente récession, s'est affranchi depuis mai 2019 de plusieurs engagements clés pris à Vienne.

Nouvelles protestations

Le 15 novembre 2019, des manifestations éclatent dans plusieurs villes iraniennes, quelques heures après l'annonce d'une forte hausse du prix de l'essence. La contestation touche une centaine de villes, dont Téhéran, Machhad et Ispahan (centre).

Selon Amnesty International, plus de 300 personnes ont été tuées en trois jours dans la répression, chiffres rejetés par Téhéran. Au moins 7.000 personnes auraient été arrêtées, d'après le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

Tensions accrues avec Washington

Les vives tensions entre Téhéran et Washington atteignent un pic début 2020.

Le 3 janvier, une frappe américaine tue à Bagdad le puissant général iranien Qassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient. Le 8, l'Iran tire des missiles sur deux bases abritant des soldats américains en Irak.

Lire aussi : Mort de Soleimani: comment et pourquoi les Etats-Unis ont frappé

Manifestations anti-pouvoir

Dans ce contexte de tensions extrêmes entre la République islamique et les Etats-Unis, les forces armées iraniennes ont reconnu le 11 janvier --après trois jours de déni-- avoir abattu par "erreur" trois jours plus tôt un avion de ligne ukrainien, peu après son décollage de Téhéran (176 morts, dont une majorité d'Iraniens et de Canadiens, et de nombreux étudiants).

Cette volte-face tardive a provoqué une vague d'indignation dans le pays, où des veillées à la mémoire des victimes, en majorité iraniennes, se sont muées en manifestations de colère.

Vers 11h15 (7h45 GMT), le taux de participation tournait autour de 9% selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, a voté à l'ouverture des bureaux (4h30 GMT). Il a renouvelé son appel aux quelques 58 millions d'électeurs à participer "avec enthousiasme" au scrutin afin de "garantir l'intérêt national".A Téhéran, de longues queues se sont formées devant les bureaux des quartiers sud, acquis aux conservateurs, contrastant avec le Nord -ayant voté majoritairement Hassan Rohani lors des présidentielles de 2013 et 2017- où l'engouement était nettement moindre.La nouvelle de l'arrivée en Iran du nouveau coronavirus s'est invitée dans le scrutin. Le ministère de la Santé a annoncé vendredi deux nouveaux décès portant à quatre le nombre de personnes tuées par maladie, dont les premiers cas sont apparus officiellement mercredi à Qom (centre).Cité par l'agence semi-officielle Isna, Chokrollah Hassanbeygui, chargé de superviser le vote à Téhéran, a accusé les "contre-révolutionnaires" de faire courir le bruit que les tampons encreurs utilisés pour identifier les votants à l'aide de l'empreinte de leur index étaient "infectés" par le virus COVID-19.Pour apaiser les craintes, les autorités, qui expérimentent vendredi un système d'identification par scanner du doigt, ont annoncé que le passage par le tampon encreur était rendu optionnel.L'agence officielle Irna a assuré que le coronavirus n'avait eut aucun effet sur "l'enthousiasme" des électeurs à Qom.Les 290 députés de la onzième législature à sortir des urnes depuis la révolution islamique de 1979 commenceront leur travail dans un contexte de tensions exacerbées entre Téhéran et Washington, et alors que l'Iran traverse une violente récession.Les élections ont lieu près d'un mois et demi après que les forces armées iraniennes eurent annoncé avoir abattu "par erreur" un avion de ligne ukrainien.L'aveu tardif des autorités de leur responsabilité dans ce drame avait provoqué des manifestations, limitées, faisant voler en éclats l'apparence d'unité nationale manifestée à l'occasion des funérailles du général iranien Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en Irak le 3 janvier. A Téhéran, nombre d'habitants ont fait part à l'AFP, dans les jours précédant l'élection, de leur refus d'aller voter.Mais dans un bureau de vote du nord de la capitale, Mohsen Jallali, employé de 37 ans, a assuré à l'AFP que voter c'est "montrer à l'Amérique que nous soutenons pleinement notre guide", l'ayatollah Khamenei.La disqualification de milliers de candidats réformateurs et modérés réduit pratiquement le scrutin à un affrontement entre conservateurs et ultraconservateurs et pourrait alimenter l'abstention.Mais pour M. Jallali, "ces élections sont parfaitement équitables". Si ces candidats ont été invalidés, c'est qu'ils présentaient "un problème".En fonction des résultats, la plus ou moins grande représentation des ultras dans la future Assemblée, déterminera la marge de manoeuvre qui restera au président Rohani jusqu'à la fin de son mandat en 2021, et pourrait influer sur la poursuite de sa politique extérieure d'ouverture.Car les ultraconservateurs sont opposés à toute négociation avec l'Occident et sont impatients de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien, dénoncé unilatéralement par le président américain Donald Trump en 2018.Conclu en 2015 à Vienne, le président Rohani voyait dans cet accord l'espoir d'une ère de prospérité pour l'Iran.Au lieu de cela, le retour des sanctions américaines ont plongé son pays dans une violente récession."Après l'élection de Rohani, tout s'est effondré. Il a signé un très mauvais accord [à Vienne] et s'est tourné vers l'Ouest sans garanties solides", déclare dans un bureau Aliréza Hachémi, 25 ans, reprochant au président d'être "très faible".Plusieurs figures réformatrices ont mis en garde contre une victoire des ultraconservateurs, si la forte abstention prédite par les observateurs se confirme.M. Rohani et son camp ont appelé les électeurs à voter même s'ils ne sont pas contents du gouvernement. Après avoir voté, le président a salué un "jour glorieux [dans] l'histoire du pays".Après les disqualifications massives de candidats, Washington a annoncé jeudi des sanctions financières - essentiellement symboliques - contre cinq responsables du Conseil des gardiens, organe tenu par les conservateurs et chargé du contrôle des élections, que les Etats-Unis accusent de manipuler le scrutin "pour favoriser l'agenda pernicieux du régime"."Le régime américain a montré [par ces sanctions] qu'il n'en a rien à faire de la démocratie et qu'il préfère les régimes dictatoriaux de la région", a répondu le porte-parole du Conseil, Abbas Ali Kadkhodaï. La participation aux dix dernières élections a atteint en moyenne 60,5%, selon l'Intérieur.M. Kadkhodaï, a jugé mercredi qu'une participation inférieure à 50% ne poserait "pas de problème pour la démocratie".