Dans un rapport du think tank Institut for Strategic Dialogue, co-écrit Erin Marie Saltman et Melanie Smith, et consacré à l'analyse du rôle des femmes au sein de l'EI, il ressort qu'il serait très réducteur, voire faux, de cantonner les femmes uniquement à un rôle de génitrice ou de "promise de djihadiste". S'il est vrai que la "responsabilité" des femmes occidentales dans les territoires contrôlés par l'EI est d'être une femme idéale pour leur mari djihadiste, leur rôle est néanmoins multiple. Elles doivent aussi faire appliquer la charia, en intégrant les brigades de femmes de la police islamique, ou encore servir à l...

Dans un rapport du think tank Institut for Strategic Dialogue, co-écrit Erin Marie Saltman et Melanie Smith, et consacré à l'analyse du rôle des femmes au sein de l'EI, il ressort qu'il serait très réducteur, voire faux, de cantonner les femmes uniquement à un rôle de génitrice ou de "promise de djihadiste". S'il est vrai que la "responsabilité" des femmes occidentales dans les territoires contrôlés par l'EI est d'être une femme idéale pour leur mari djihadiste, leur rôle est néanmoins multiple. Elles doivent aussi faire appliquer la charia, en intégrant les brigades de femmes de la police islamique, ou encore servir à la propagande et au recrutement réalisé sur les réseaux sociaux. Preuve du succès de la méthode, un tiers des femmes qui auraient rejoint le rang de l'État islamique seraient des converties selon France Inter. Une proportion deux fois plus importante que les hommes. Les raisons qui les poussent à rejoindre les rangs de l'EI sont en réalité très variées et dépendent de multiples facteurs qui changent d'une personne à l'autre. Les candidates au départ ont aussi des profils différents. On ne peut donc pas établir de "profil type" basé sur l'âge, les relations familiales ou le contexte familial, précise encore ce rapport. Pourtant ce qui pousse les femmes à partir ressemble peu ou prou aux motivations des hommes. C'est-à-dire le fait de se sentir isolé socialement ou culturellement, de ressentir que la communauté musulmane est persécutée ou encore la frustration liée l'inaction de la communauté internationale. Les ficelles utilisées pour attirer les jeunes filles vers le califat ne sont-elles, par contre, pas totalement identiques à celles utilisées pour les hommes. L'EI utilise ce qu'on pourrait appeler des incitants positifs comme l'utopie de la construction d'une nouvelle société plus religieuse, d'un califat, la solidarité féminine, mais surtout on romance l'expérience façon bluette. La recherche du grand amour avec pour objectif le mariage semble effectivement être une motivation pour les plus jeunes. Tout comme l'idéal d'une vie de rêve. Le témoignage rapporté par Le Parisien de Kahina, la compagne de Samy Amimour, l'un des kamikazes du Bataclan, en est le parfait exemple : "J'ai un appart tout meublé avec cuisine équipée, deux salles de bain, toilettes, et trois chambres, et je ne paye pas de loyer, ni l'électricité et l'eau. La belle vie quoi !!!"On notera tout de même que si les femmes de l'EI servent de pilier à une propagande rondement menée, certains récits qui racontent la vie au quotidien de ces femmes isolées dans un pays en guerre viennent casser le mythe et peuvent servir de puissant antidote à la propagande extrémiste. Comme le rapporte encore le site de France Inter sur les quelque 600 Français localisés en Irak et en Syrie, 35% étaient des femmes. Elles n'étaient que 10 % en 2013. En Belgique sur 533 djihadistes recensés, seuls 52 seraient des femmes.