La présidence du Kurdistan Irakien a annoncé dans un communiqué que "La journée du 25 septembre a été choisie pour tenir le référendum", portant sur la question de l'indépendance. Cette déclaration survient malgré l'opposition de Bagdad et la réticence de la communauté internationale à l'encontre d'une telle entreprise. Le gouvernement régional du Kurdistan avait déjà annoncé la tenue d'un référendum en 2014. L'entreprise avait cependant été mise en suspend pour pouvoir combattre ISIS.

Les Kurdes souhaitent avoir un état indépendant depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Le traité de Sèvres signé en 1920 promettait l'établissement d'un territoire autonome kurde dans le sud-ouest de l'Anatolie. Cette promesse fut cependant bafouée trois ans plus tard avec la signature du traité de Lausanne, et la communauté kurde s'est retrouvée éparpillée sur les territoires de la Turquie, l'Irak, l'Iran et la Syrie.

Les Kurdes irakiens représentent 20% de la population irakienne. Ils disposent depuis 1991 d'une région autonome. Celle-ci abrite près de 5 millions de Kurdes. Le président de la région est Massoud Barzani, qui occupe ce poste depuis 2005. Le Gouvernement régional kurde est une entité séculaire. Il dispose d'un parlement et de ses propres forces armées, les peshmergas.

Le référendum se tiendra dans les trois gouvernorats qui composent la région du Kurdistan, ainsi que sur les territoires disputés. Le gouvernement régional kurde et Bagdad se disputent la main mise sur Kirkuk, riche en pétrole. La constitution de 2005 prévoyait la tenue d'un référendum dans cette province avant 2007, afin de déterminer si elle serait rattachée, ou non, à la région autonome du Kurdistan. Bagdad n'a jamais honoré cet engagement. Kirkuk est sous le contrôle des forces armées kurdes depuis 2014, après que les forces irakiennes aient été chassées par les militants du groupe Etat islamique. La province de Kirkuk a d'ailleurs annoncé en avril qu'elle tenait à faire partie du référendum en gestation.

Un représentant du Gouvernement régional kurde à Washington a affirmé "nous voyons une opportunité que nous ne pouvons pas manquer. Nous sommes légalement capables d'organiser un référendum sans l'accord de Bagdad". Il a également insisté sur l'aspect contraignant qu'auront les résultats.

Bagdad n'a pas encore réagi à l'annonce de la date du référendum. Une chaine de télévision basée à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan, a rapporté que les représentants kurdes devraient se rendre prochainement dans la capitale irakienne ainsi que dans les pays voisins pour discuter du référendum. Le président avait déclaré début juin à la BBC qu'il espérait pouvoir garder de bonnes relations avec les pays voisins, et que les Kurdes ne voulaient être une menace pour personne. Bayan Sami Abdul Rahman, la représentante du Gouvernement régional kurde aux Etats Unis, a également déclaré que le Kurdistan chercherait à avoir des relations avec Bagdad, dans lesquelles ils seraient l'un pour l'autre des partenaires économiques importants, avec notamment des accords concernant la sécurité, le secteur bancaire...

Pourtant, la Turquie, l'Irak, la Syrie et l'Iran ont toujours été historiquement opposés à l'idée de l'indépendance des Kurdes irakiens. Ils craignent que la vocation séparatiste ne se répande au sein de leur propre population.

La Turquie est particulièrement opposée à ce projet. Elle est depuis longtemps en conflit avec le PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan). Le porte-parole présidentiel avait déjà déclaré il y a quelques semaines que la tenue d'un tel référendum serait néfaste pour la région, qui traverse déjà une période de grand trouble. La Turquie pourrait alors, malgré son alliance avec le Gouvernement régional kurde, imposer des sanctions économiques. Le Kurdistan tire majoritairement ses recettes de l'exploitation de pétrole, qui transite par le port turc de Ceyhan.

Si le référendum se tient, il ne mènera pas nécessairement à l'indépendance du Kurdistan. Le Kurdistan est profondément divisé politiquement en interne, ce qui pourrait paralyser la création du nouvel état.

Chloé de Radzitzky

La présidence du Kurdistan Irakien a annoncé dans un communiqué que "La journée du 25 septembre a été choisie pour tenir le référendum", portant sur la question de l'indépendance. Cette déclaration survient malgré l'opposition de Bagdad et la réticence de la communauté internationale à l'encontre d'une telle entreprise. Le gouvernement régional du Kurdistan avait déjà annoncé la tenue d'un référendum en 2014. L'entreprise avait cependant été mise en suspend pour pouvoir combattre ISIS.Les Kurdes souhaitent avoir un état indépendant depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Le traité de Sèvres signé en 1920 promettait l'établissement d'un territoire autonome kurde dans le sud-ouest de l'Anatolie. Cette promesse fut cependant bafouée trois ans plus tard avec la signature du traité de Lausanne, et la communauté kurde s'est retrouvée éparpillée sur les territoires de la Turquie, l'Irak, l'Iran et la Syrie.Les Kurdes irakiens représentent 20% de la population irakienne. Ils disposent depuis 1991 d'une région autonome. Celle-ci abrite près de 5 millions de Kurdes. Le président de la région est Massoud Barzani, qui occupe ce poste depuis 2005. Le Gouvernement régional kurde est une entité séculaire. Il dispose d'un parlement et de ses propres forces armées, les peshmergas.Le référendum se tiendra dans les trois gouvernorats qui composent la région du Kurdistan, ainsi que sur les territoires disputés. Le gouvernement régional kurde et Bagdad se disputent la main mise sur Kirkuk, riche en pétrole. La constitution de 2005 prévoyait la tenue d'un référendum dans cette province avant 2007, afin de déterminer si elle serait rattachée, ou non, à la région autonome du Kurdistan. Bagdad n'a jamais honoré cet engagement. Kirkuk est sous le contrôle des forces armées kurdes depuis 2014, après que les forces irakiennes aient été chassées par les militants du groupe Etat islamique. La province de Kirkuk a d'ailleurs annoncé en avril qu'elle tenait à faire partie du référendum en gestation.Un représentant du Gouvernement régional kurde à Washington a affirmé "nous voyons une opportunité que nous ne pouvons pas manquer. Nous sommes légalement capables d'organiser un référendum sans l'accord de Bagdad". Il a également insisté sur l'aspect contraignant qu'auront les résultats.Bagdad n'a pas encore réagi à l'annonce de la date du référendum. Une chaine de télévision basée à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan, a rapporté que les représentants kurdes devraient se rendre prochainement dans la capitale irakienne ainsi que dans les pays voisins pour discuter du référendum. Le président avait déclaré début juin à la BBC qu'il espérait pouvoir garder de bonnes relations avec les pays voisins, et que les Kurdes ne voulaient être une menace pour personne. Bayan Sami Abdul Rahman, la représentante du Gouvernement régional kurde aux Etats Unis, a également déclaré que le Kurdistan chercherait à avoir des relations avec Bagdad, dans lesquelles ils seraient l'un pour l'autre des partenaires économiques importants, avec notamment des accords concernant la sécurité, le secteur bancaire...Pourtant, la Turquie, l'Irak, la Syrie et l'Iran ont toujours été historiquement opposés à l'idée de l'indépendance des Kurdes irakiens. Ils craignent que la vocation séparatiste ne se répande au sein de leur propre population.La Turquie est particulièrement opposée à ce projet. Elle est depuis longtemps en conflit avec le PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan). Le porte-parole présidentiel avait déjà déclaré il y a quelques semaines que la tenue d'un tel référendum serait néfaste pour la région, qui traverse déjà une période de grand trouble. La Turquie pourrait alors, malgré son alliance avec le Gouvernement régional kurde, imposer des sanctions économiques. Le Kurdistan tire majoritairement ses recettes de l'exploitation de pétrole, qui transite par le port turc de Ceyhan.Si le référendum se tient, il ne mènera pas nécessairement à l'indépendance du Kurdistan. Le Kurdistan est profondément divisé politiquement en interne, ce qui pourrait paralyser la création du nouvel état.Chloé de Radzitzky