Ces derniers mois, vous étiez beaucoup en Turquie pour résoudre la crise de l'asile. Quel est votre degré d'inquiétude à propos de ce qui se passe là-bas actuellement ?

Frans Timmermans : Je suis gravement préoccupé. Je pense que les Turques marquent un point quand ils disent qu'il y avait très peu d'empathie du monde étranger lors de la tentative de coup d'état. Nous aurions alors pu être plus généreux dans notre soutien. L'Europe a également sous-estimé ce qui se jouait là. Il est entre-temps clair que ce que le président Recep Tayyip Erdogan affirme concernant le rôle du mouvement de Gülen dans le coup d'état n'est pas totalement du non-sens. Sur base des recherches américaines, il y a de plus en plus d'indications que ce mouvement a effectivement joué un rôle. Mais s'il continue à insister sur l'instauration de la peine de mort, il s'éloigne fondamentalement de l'Union Européenne et également du Conseil Européen dont la Turquie est membre. Regardez aussi la quantité gigantesque d'épurations et ce qui se passe avec les médias. Cela me préoccupe beaucoup.

Y compris l'arrestation des parlementaires élus de l'opposition

Le PKK est bien sûr une organisation terroriste, mais le parti kurdistan HDP a depuis des années déjà des parlementaires élus démocratiquement qui reconnaissent et respectent la loi et qui sont actuellement emprisonnés.

Le président du HDP craint une guerre civile si ses parlementaires restent incarcérés.

Dans de telles situations, des mots très forts sont vite utilisés. Pour des raisons compréhensibles, au début, il y avait beaucoup de soutien de la population pour Erdogan. Maintenant, j'ai l'impression qu'il perd du crédit auprès de parties de celle-ci.

Des critiques disent que l'Union Européenne n'intervient pas avec suffisamment de détermination.

J'ai trouvé les déclarations de Federica Mogherini et d'Angela Merkel très claires, mais la Turquie reste un pays voisin avec lequel nous devons rester en dialogue. Ne fût-ce que pour leur faire savoir que, de cette manière, ils agrandissent la distance avec l'Europe.

Comment cela se passe depuis lors, avec l'accord d'asile entre l'Union et la Turquie concernant l'accueil des réfugiés syriens?

Cela fonctionne dans ce sens où l'Europe investit beaucoup d'argent dans l'accueil en Turquie. Erdogan se plaint certes que nous ne payons pas suffisamment vite, mais cela va plutôt vite. Les activités des passeurs ont fort diminué et si des personnes sont expulsées de Grèce, la Turquie les accueille encore toujours. La situation sur les îles grecques reste toutefois dramatique.

En échange, les Turques attendent encore toujours la libéralisation du régime des visas.

Je le comprends bien, mais certaines conditions y sont liées et en ce moment, je ne peux pas constater que celles-ci sont remplies.

Il y a toujours des personnes qui se noient dans la Mer Méditerranée.

Tant que cela se passera, je ne pourrai pas être content. C'est une situation épouvantable. Nous jouons avec notre humanité. Nous devons y faire quelque chose. C'est une politique extrêmement vaste et de long terme. Au cours des cinquante prochaines années, la population explosera en Afrique jusqu'à probablement six milliards d'habitants. C'est une illusion de penser que l'on peut retenir un milliard d'Africains avec des clôtures. Nous devons aider l'Afrique à poursuivre son développement, purement par propre intérêt. Il faudra investir de l'argent dans l'économie africaine. Notre politique commerciale avec eux doit changer. Nos frontières doivent être mieux surveillées et la charge de migration doit être mieux répartie en Europe.

Ces derniers mois, vous étiez beaucoup en Turquie pour résoudre la crise de l'asile. Quel est votre degré d'inquiétude à propos de ce qui se passe là-bas actuellement ?Frans Timmermans : Je suis gravement préoccupé. Je pense que les Turques marquent un point quand ils disent qu'il y avait très peu d'empathie du monde étranger lors de la tentative de coup d'état. Nous aurions alors pu être plus généreux dans notre soutien. L'Europe a également sous-estimé ce qui se jouait là. Il est entre-temps clair que ce que le président Recep Tayyip Erdogan affirme concernant le rôle du mouvement de Gülen dans le coup d'état n'est pas totalement du non-sens. Sur base des recherches américaines, il y a de plus en plus d'indications que ce mouvement a effectivement joué un rôle. Mais s'il continue à insister sur l'instauration de la peine de mort, il s'éloigne fondamentalement de l'Union Européenne et également du Conseil Européen dont la Turquie est membre. Regardez aussi la quantité gigantesque d'épurations et ce qui se passe avec les médias. Cela me préoccupe beaucoup. Y compris l'arrestation des parlementaires élus de l'oppositionLe PKK est bien sûr une organisation terroriste, mais le parti kurdistan HDP a depuis des années déjà des parlementaires élus démocratiquement qui reconnaissent et respectent la loi et qui sont actuellement emprisonnés.Le président du HDP craint une guerre civile si ses parlementaires restent incarcérés.Dans de telles situations, des mots très forts sont vite utilisés. Pour des raisons compréhensibles, au début, il y avait beaucoup de soutien de la population pour Erdogan. Maintenant, j'ai l'impression qu'il perd du crédit auprès de parties de celle-ci.Des critiques disent que l'Union Européenne n'intervient pas avec suffisamment de détermination.J'ai trouvé les déclarations de Federica Mogherini et d'Angela Merkel très claires, mais la Turquie reste un pays voisin avec lequel nous devons rester en dialogue. Ne fût-ce que pour leur faire savoir que, de cette manière, ils agrandissent la distance avec l'Europe.Comment cela se passe depuis lors, avec l'accord d'asile entre l'Union et la Turquie concernant l'accueil des réfugiés syriens?Cela fonctionne dans ce sens où l'Europe investit beaucoup d'argent dans l'accueil en Turquie. Erdogan se plaint certes que nous ne payons pas suffisamment vite, mais cela va plutôt vite. Les activités des passeurs ont fort diminué et si des personnes sont expulsées de Grèce, la Turquie les accueille encore toujours. La situation sur les îles grecques reste toutefois dramatique.En échange, les Turques attendent encore toujours la libéralisation du régime des visas.Je le comprends bien, mais certaines conditions y sont liées et en ce moment, je ne peux pas constater que celles-ci sont remplies.Il y a toujours des personnes qui se noient dans la Mer Méditerranée.Tant que cela se passera, je ne pourrai pas être content. C'est une situation épouvantable. Nous jouons avec notre humanité. Nous devons y faire quelque chose. C'est une politique extrêmement vaste et de long terme. Au cours des cinquante prochaines années, la population explosera en Afrique jusqu'à probablement six milliards d'habitants. C'est une illusion de penser que l'on peut retenir un milliard d'Africains avec des clôtures. Nous devons aider l'Afrique à poursuivre son développement, purement par propre intérêt. Il faudra investir de l'argent dans l'économie africaine. Notre politique commerciale avec eux doit changer. Nos frontières doivent être mieux surveillées et la charge de migration doit être mieux répartie en Europe.