Ce vendredi 10 avril, le nombre de morts liées au coronavirus atteint les 16 478 aux États-Unis. Les responsables comparent cette semaine au 11 septembre et à Pearl Harbor, et donnent parfois l'impression que les dirigeants sont démunis. Mais des sauveurs, en quelque sorte, se profilent-ils à l'horizon ? Les milliardaires, en particulier ceux de la technologie, multiplient les annonces généreuses.

Ces derniers temps, les nantis de la Silicon Valley mettent de plus en plus la main au portefeuille. Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, a promis de donner un milliard de dollars. Apple a fait don de 20 millions de masques. Bill Gates construit des usines pour produire des vaccins qui n'existent même pas encore et d'autres super-riches ont mobilisé leurs réseaux afin de trouver des équipements dans le monde entier.

Alors qu'en Belgique, on se demande comment on pourra réformer notre système de santé à l'avenir et à qui la faute, aux États-Unis, cette dépendance à l'égard de ce secteur privé et de sa générosité commence à en inquiéter plus d'un. Certains se demandent comment s'émanciper de ces ultra-riches pour être plus fort à l'occasion de la prochaine pandémie ou de toute autre crise future.

Selon le média américain Vox, il existe quatre sphères interdépendantes dans lesquelles les milliardaires de la technologie exercent une plus grande influence pendant cette crise : leur pouvoir philanthropique, leur pouvoir d'entreprise, leur pouvoir politique et le pouvoir de leurs marques personnelles.

Le pouvoir philanthropique

Est-ce une mauvaise chose que les ultra-riches fassent des dons de charité alors qu'ils pourraient simplement payer plus d'impôts le reste de l'année ? La question serait pertinente si le gouvernement agissait correctement. Ce qui ne semble pas être le cas : un pays tel que les États-Unis ne devrait pas avoir à compter sur les plus fortunés pour recevoir des masques ou des ventilateurs.

Même si ces ultra-riches payaient davantage d'impôts, le système devrait être réformé en profondeur afin que cet argent soit mis au bon endroit. A défaut, il reste certes préférable qu'une personnalité comme le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, consacre 25 millions de dollars à la recherche thérapeutique plutôt que de rester les bras croisés. Il en va de même pour Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft, qui dépense sa fortune pour créer une capacité de fabrication de sept vaccins différents. En cette période de crise sans précédent, cet argent donné par les ultra-riches pourra sauver des vies.

Ce faisant, le privé se substitue en réalité à ce que l'État devrait être capable de faire.

Le pouvoir des entreprises

Certains craignent que les grandes entreprises technologiques soient en mesure de "laver leur réputation" en agissant de la sorte. Amazon continue d'embaucher, Google prend encore plus de place dans les foyers et Tim Cook (patron d'Apple) et Mark Zuckerberg ont été remerciés plusieurs fois par le vice-président Mike Pence.

Si tous ces chefs d'entreprise devaient être soumis à des réglementations dans l'avenir, le doute peut être de mise sur l'intensité et la sévérité avec lesquelles ils seront soumis. Autrement posé : leur générosité est-elle vraiment gratuite ?

Le pouvoir politique

Certains milliardaires voient en cette crise une opportunité de se placer devant de la scène pour faire valoir leurs points de vue. Larry Ellison, le fondateur d'Oracle, a par exemple organisé une collecte de fonds pour Donald Trump qui a permis de récolter 7 millions de dollars pour sa campagne. Cette collecte de fonds fait suite à des années d'activité d'Oracle à Washington, grâce à laquelle l'entreprise a noué des liens particulièrement étroits avec l'administration.

Un mois plus tard, Ellison aurait fait appel à ces liens avec l'administration pour faire pression sur Trump afin de promouvoir deux médicaments antipaludiques non éprouvés : la chloroquine et l'hydroxychloroquine. Cette relation entre Larry Ellison et Donald Trump est l'exemple le plus criant de la façon dont les milliardaires influents pourraient utiliser leur richesse pour se façonner un pouvoir politique à l'avenir.

Le pouvoir des marques personnelles

Le premier à profiter de cette crise pour assoir son influence et faire parler de lui, c'est Bill Gates. Même si son discours se veut sobre et apolitique, il a tout de même passé 30 minutes en prime time sur CNN. Il a également propose ses solutions très personnelles dans le Washington Post et dans le Daily Show, sur Reddit et même sur la plateforme TED. De son côté, Mark Zuckerberg a organisé des interviews sur Facebook Live avec des personnes comme le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, et le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Anthony Fauci.

Faut-il s'inquiéter de l'influence croissante de ces dirigeants ultra-riches ? Ou faut-il s'indigner du fait que sans leur intervention, un nombre élevé de personnes pourraient probablement mourir ? Leur intervention n'est en réalité qu'un révélateur de plus du caractère extrêmement inégal de la société américaine. Et de l'inaptitude de son système de soins de santé à faire face à une crise d'une telle envergure.

Ce vendredi 10 avril, le nombre de morts liées au coronavirus atteint les 16 478 aux États-Unis. Les responsables comparent cette semaine au 11 septembre et à Pearl Harbor, et donnent parfois l'impression que les dirigeants sont démunis. Mais des sauveurs, en quelque sorte, se profilent-ils à l'horizon ? Les milliardaires, en particulier ceux de la technologie, multiplient les annonces généreuses.Ces derniers temps, les nantis de la Silicon Valley mettent de plus en plus la main au portefeuille. Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, a promis de donner un milliard de dollars. Apple a fait don de 20 millions de masques. Bill Gates construit des usines pour produire des vaccins qui n'existent même pas encore et d'autres super-riches ont mobilisé leurs réseaux afin de trouver des équipements dans le monde entier.Alors qu'en Belgique, on se demande comment on pourra réformer notre système de santé à l'avenir et à qui la faute, aux États-Unis, cette dépendance à l'égard de ce secteur privé et de sa générosité commence à en inquiéter plus d'un. Certains se demandent comment s'émanciper de ces ultra-riches pour être plus fort à l'occasion de la prochaine pandémie ou de toute autre crise future.Selon le média américain Vox, il existe quatre sphères interdépendantes dans lesquelles les milliardaires de la technologie exercent une plus grande influence pendant cette crise : leur pouvoir philanthropique, leur pouvoir d'entreprise, leur pouvoir politique et le pouvoir de leurs marques personnelles. Est-ce une mauvaise chose que les ultra-riches fassent des dons de charité alors qu'ils pourraient simplement payer plus d'impôts le reste de l'année ? La question serait pertinente si le gouvernement agissait correctement. Ce qui ne semble pas être le cas : un pays tel que les États-Unis ne devrait pas avoir à compter sur les plus fortunés pour recevoir des masques ou des ventilateurs.Même si ces ultra-riches payaient davantage d'impôts, le système devrait être réformé en profondeur afin que cet argent soit mis au bon endroit. A défaut, il reste certes préférable qu'une personnalité comme le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, consacre 25 millions de dollars à la recherche thérapeutique plutôt que de rester les bras croisés. Il en va de même pour Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft, qui dépense sa fortune pour créer une capacité de fabrication de sept vaccins différents. En cette période de crise sans précédent, cet argent donné par les ultra-riches pourra sauver des vies.Ce faisant, le privé se substitue en réalité à ce que l'État devrait être capable de faire.Certains craignent que les grandes entreprises technologiques soient en mesure de "laver leur réputation" en agissant de la sorte. Amazon continue d'embaucher, Google prend encore plus de place dans les foyers et Tim Cook (patron d'Apple) et Mark Zuckerberg ont été remerciés plusieurs fois par le vice-président Mike Pence. Si tous ces chefs d'entreprise devaient être soumis à des réglementations dans l'avenir, le doute peut être de mise sur l'intensité et la sévérité avec lesquelles ils seront soumis. Autrement posé : leur générosité est-elle vraiment gratuite ?Certains milliardaires voient en cette crise une opportunité de se placer devant de la scène pour faire valoir leurs points de vue. Larry Ellison, le fondateur d'Oracle, a par exemple organisé une collecte de fonds pour Donald Trump qui a permis de récolter 7 millions de dollars pour sa campagne. Cette collecte de fonds fait suite à des années d'activité d'Oracle à Washington, grâce à laquelle l'entreprise a noué des liens particulièrement étroits avec l'administration.Un mois plus tard, Ellison aurait fait appel à ces liens avec l'administration pour faire pression sur Trump afin de promouvoir deux médicaments antipaludiques non éprouvés : la chloroquine et l'hydroxychloroquine. Cette relation entre Larry Ellison et Donald Trump est l'exemple le plus criant de la façon dont les milliardaires influents pourraient utiliser leur richesse pour se façonner un pouvoir politique à l'avenir.Le premier à profiter de cette crise pour assoir son influence et faire parler de lui, c'est Bill Gates. Même si son discours se veut sobre et apolitique, il a tout de même passé 30 minutes en prime time sur CNN. Il a également propose ses solutions très personnelles dans le Washington Post et dans le Daily Show, sur Reddit et même sur la plateforme TED. De son côté, Mark Zuckerberg a organisé des interviews sur Facebook Live avec des personnes comme le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, et le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Anthony Fauci.Faut-il s'inquiéter de l'influence croissante de ces dirigeants ultra-riches ? Ou faut-il s'indigner du fait que sans leur intervention, un nombre élevé de personnes pourraient probablement mourir ? Leur intervention n'est en réalité qu'un révélateur de plus du caractère extrêmement inégal de la société américaine. Et de l'inaptitude de son système de soins de santé à faire face à une crise d'une telle envergure.