"Aujourd'hui se referme une parenthèse ouverte après le naufrage de Lampedusa, qui avait causé la mort de plus de 360 personnes" le 3 octobre 2013, a affirmé M. Neuman, en rappelant que ce drame survenu près de la petite île italienne avait entraîné le lancement du vaste dispositif Mare Nostrum par la marine italienne pour venir en aide aux naufragés.

L'idée prévalait alors "que le sauvetage est une activité noble, et qu'on ne peut se satisfaire de voir des gens mourir en mer", a ajouté M. Neuman, pour qui "le dispositif qui était devenu légitime depuis 2014 est mis totalement hors la loi".

Dénonçant des "attaques incessantes", MSF et SOS Méditerranée ont annoncé jeudi soir l'arrêt contraint des opérations de leur navire humanitaire, devenu le symbole de la crise européenne autour de l'accueil des migrants.

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Une "très mauvaise nouvelle" pour Amnesty International, dont le secrétaire général Kumi Naidoo a accusé vendredi les gouvernements européens d'avoir "activement entravé les missions d'assistance vitale" du type de l'Aquarius. SOS Méditerranée a précisé jeudi qu'elle explorait "activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon".

Mais pour M. Neuman, il est "difficile de reprendre la mer" et "il est devenu très, très compliqué de faire du sauvetage". En effet, "le secours en mer exige autre chose qu'un bateau. Il faut des escales techniques, des points de débarquement, et un climat de sérénité dont on est aujourd'hui privé. Les débarquements sont devenus quasi-impossibles", a-t-il affirmé, en rappelant l'errance récente du Nuestra Madre Loreto, un navire de pêche espagnol coincé en mer pendant plusieurs jours faute de trouver un port pour 12 migrants.

"La simple solidarité des gens de mer est empêchée par les États", a ajouté M. Neuman, en accusant les dirigeants européens et nord-africains d'avoir "cultivé de manière systématique" l'idée "que le secours en mer était davantage le problème que la solution".