Petit à petit, les langues se délient autour de Donald Trump. La semaine passée, Mark Milley, Chef d'État-Major des Etats-Unis, a brisé le silence auprès d'un journaliste du Wall Street Journal. Les révélations sur le comportement de Trump au coeur du bureau ovale sont consternantes.
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Petit à petit, les langues se délient autour de Donald Trump. La semaine passée, Mark Milley, Chef d'État-Major des Etats-Unis, a brisé le silence auprès d'un journaliste du Wall Street Journal. Les révélations sur le comportement de Trump au coeur du bureau ovale sont consternantes. Cette fois, c'est au tour de Bill Barr, ex-ministre de la justice de Donald Trump, de prendre la parole dans une longue interview-choc accordée à The Atlantic. Donald Trump est un homme rongé par les griefs contre les personnes qui, selon lui, l'ont trahi, affirme d'emblée le journaliste de The Atlantic, qui a réalisé une série d'entretien avec Bill Barr. "Mais peu de trahisons l'ont rendu furieux plus que ce que son procureur général lui a fait." Lorsque Bill Barr a osé déclarer qu'il n'y avait pas eu de fraude généralisée lors des élections de 2020, Trump est sorti de ses gonds et a considéré ces paroles comme une trahision ultime, alors qu'il tentait de renverser la vapeur face à Joe Biden en affirmant que les élections avaient été volées.Dans The Atlantic, Barr révèle pour la première fois les événements qui ont entouré sa rupture avec Trump, ainsi que la réponse explosive de l'ancien président.Pour bien comprendre l'histoire, il faut remonter au début du mois de décembre 2020. L'ancien ministre de la Justice affirme alors, dans un entretien à Associated Press, qu'il ne voit aucune preuve de fraude lors des élections présidentielles. Les paroles ont l'effet d'une bombe, et Bill Barr démissionnera quelques jours plus tard. Il explique les coulisses de cette déclaration à The Atlantic. "C'était l'heure de résister ou de la fermer. S'il y avait eu des preuves de fraude, je n'aurais pas eu de raison de les cacher, mais j'ai toujours eu le sentiment qu'il n'y avait rien: c'était des foutaises."Barr dit aussi avoir analysé les déclarations du président, selon lesquelles les machines de vote auraient ajouté des voix à Joe Biden. Mais "il n'y avait aucun écart nulle part entre les résultats de ces machines et les décomptes manuels."Bill Barr dénonce également des tentatives de manipulation dans l'exercice de ses fonctions. En visant notamment le président du Sénat Mitch McConnell, qui l'aurait invité à soutenir Donald Trump dans ses accusations de fraudes électorales. Selon ses souvenirs, Mitch McConnell lui a dit: "On a besoin du président en Géorgie et on ne peut pas l'attaquer frontalement", "vous êtes le mieux placé pour instiller un peu de réalisme dans cette situation."Le 1er décembre, Bill Barr déclare publiquement ne pas avoir "vu de fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l'élection". La réaction de la Maison Blanche n'a pas tardé. "Comment avez-vous pu me faire ça ?", "Vous devez détester Trump", lui a lancé le président lors d'une rencontre tendue quelques heures après.Deux semaines plus tard, Bill Barr annonçait sa démission dans une lettre élogieuse pour Donald Trump, qui n'évoquait pas les élections.L'ex-président ne lui a pas pardonné pour autant. "La faiblesse de Bill Barr a contribué à étouffer le crime du siècle: l'élection présidentielle volée de 2020", a-t-il écrit dans un communiqué en réaction à l'interview dans The Atlantic. "Bill Barr m'a beaucoup déçu."Lâché et dénoncé par une partie de ses plus proches collaborateurs, Donald Trump semble de plus isolé, alors que la relation avec son ex vice-président Mike Pence s'était aussi fortement détériorée en fin de mandant. Sur les réseaux sociaux, il est devenu invisble. Son propre "réseau social" n'a pas fait long feu. Il devait redonner un espace d'expression sans limite à Trump, lui qui avait été banni de Twitter et Facebook. Si l'ancien président des Etats-Unis semblent anéanti de toutes parts, son taux de soutien dans le pays reste très élevé. "Je reviendrai", avait-il promis avant de céder la Maison Blanche à Joe Biden. D'ici 2024, beaucoup de choses peuvent en effet changer. (Avec Afp)