"Et si Gianni Infantino, patron du foot mondial, était derrière la Super League?": c'est l'hypothèse que Le Vif développait mercredi, à l'appui de sources très bien informées. Le récit de ce "complot" mettait en avant une série d'ingrédients: la volonté du président de la FIFA de mettre la main sur le foot européen, la rivalité avec l'UEFA, la perspective des prochaines élections présidentielles de 2023, ainsi que des relations fortes avec certains dirigeants de clubs (singulièrement le Real Madrid et la Juventus Turin), sans oublier un bras de fer géopolitique dans le Golfe.
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"Et si Gianni Infantino, patron du foot mondial, était derrière la Super League?": c'est l'hypothèse que Le Vif développait mercredi, à l'appui de sources très bien informées. Le récit de ce "complot" mettait en avant une série d'ingrédients: la volonté du président de la FIFA de mettre la main sur le foot européen, la rivalité avec l'UEFA, la perspective des prochaines élections présidentielles de 2023, ainsi que des relations fortes avec certains dirigeants de clubs (singulièrement le Real Madrid et la Juventus Turin), sans oublier un bras de fer géopolitique dans le Golfe.Depuis, il apparaît que cet improbable scénario était en réalité annoncé depuis le mois de février, déjà. Explication. En janvier, face à la la perspective déjà réelle de la naissance d'une Super League, la Fifa et les confédérations qui la composent avaient brandi la menace que les joueurs des clubs y prenant part seraient privés de Coupe du monde. Cette menace a été réitérée en début de semaine, après le 'putsch" des douze clubs du top européen. Mais il y a un mais, d'importance...Le 2 février de cette année, Javier Tebas, patron de la Liga espagnole, le championnat national dont font partie le Real Madrid, Barcelone et l'Atletico Madrid (trois des fondateurs de la Super League), s'était exprimé dans différents médias, dont l'AFP, pour demander à Gianni Infantino de "clarifier sa position". Il était, ajoutait-il, en possession de documents démontrant le rôle actif joué par Gianni Infantino en appui des clubs concernés."Il est est évident qu'il a été impliqué dans des réunions, disait alors Javier Tebas. Il a travaillé à ce sujet et il les a même encouragé". Dans ces documents confidentiels, Gianni Infantino apparaissait sous le pseudonyme de WO1 pour "World Number One".Au sein de l'UEFA, révèle Le Monde ce vendredi matin dans la foulée du Vif, le soupçon est désormais grand au sujet de ce double jeu. "Un document de travail alimente les soupçons au sein de l'institution européenne, écrit le quotidien. Cette note de 10 pages, consultée par Le Monde, synthétise les informations confidentielles sur la Super League, compilées par plusieurs clubs européens. Elle a beaucoup circulé en début d'année entre les mains de leurs dirigeants."Le Monde ajoute: "Dans ce document, il est entre autres indiqué que douze clubs de la Super Ligue seraient censés participer, à partir de la saison 2023-2024, à un nouveau format de Coupe du monde des clubs, l'une des compétitions organisées par la FIFA. Ce Mondial des clubs s'élargirait à 32 équipes, et se tiendrait chaque année en janvier "durant trois semaines."Le quotidien précise encore, confirmant les annonces du patron de la Liga espagnole. "Extrait de la note de travail, rédigée en anglais : 'Il est dit qu'une liste d'équipes qualifiées est convenue avec WO1 (FIFA ?)' Puis: 'Il est aussi dit qu'il y a un partenariat avec WO1 pour un fonds solidaire d'un milliard d'euros.' Le document précise encore que 'la distribution de cette somme pourrait 'possiblement' permettre aux équipes de la Super Ligue de mettre en commun '320 millions d'euros'.La rivalité entre la FIFA et l'UEFA risque bien d'être plus tendue encore, avec ce "complot" en toile de fond. Officiellement, le président de la FIFA continue à exprimer, en réponse aux nouvelles révélations du Monde, sa "forte désapprobation" à l'égard de la Super League - comme il l'avait fait en réponse au Vif.En attendant, le projet de Super League lui-même continue à de détricoter. La banque américaine JPMorgan a reconnu vendredi avoir "clairement mal évalué" le projet de Super Ligue européenne de football qu'elle voulait financer mais qui a tourné très vite au fiasco."Nous avons clairement mal évalué comment cette opération serait perçue par le monde du football au sens large et l'impact qu'il aurait à l'avenir. Nous en tirerons les leçons", a déclaré un porte-parole de JPMorgan.