Après le variant anglais, brésilien, sud-africain,... le variant indien suscite désormais l'inquiétude. Selon les scientifiques, il semblerait plus contagieux que le virus d'origine. Les médias indiens le surnomment le "double mutant". Il comporte en effet plusieurs mutations qui inquiètent les chercheurs. Il est surveillé de très près par les autorités, alors que la situation sanitaire se dégrade rapidement en Inde avec près de 260 000 personnes contaminées en seulement 24 heures lundi et une moyenne de 233 000 nouveaux cas quotidiens depuis une semaine.
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Après le variant anglais, brésilien, sud-africain,... le variant indien suscite désormais l'inquiétude. Selon les scientifiques, il semblerait plus contagieux que le virus d'origine. Les médias indiens le surnomment le "double mutant". Il comporte en effet plusieurs mutations qui inquiètent les chercheurs. Il est surveillé de très près par les autorités, alors que la situation sanitaire se dégrade rapidement en Inde avec près de 260 000 personnes contaminées en seulement 24 heures lundi et une moyenne de 233 000 nouveaux cas quotidiens depuis une semaine.Son origine. Il a été repéré en octobre 2020 au centre de l'Inde. Il serait responsable d'environ 11 % des contaminations dans le pays, avec de fortes disparités régionales (jusqu'à 55 % à Nagpur/Bombay). On le pense responsable d'une nouvelle vague en Inde. Il serait aussi très présent au Royaume-Uni et se diffuse en Allemagne, ou en Irlande. Il est déjà présent en Belgique, mais avec une très faible occurrence (moins d'1% des contaminations fin mars).Sa contagiosité. Il serait plus contagieux et plus résistant aux vaccins. Mais rien n'est encore scientifiquement prouvé pour l'instant. Ce variant est surnommé "double mutant" car il combine deux mutations qui inquiètent les infectiologues : les mutations E484Q (aussi présentes chez le Brésilien et le Sud-Africain), et L452R. Ces deux mutations ont déjà été observées de manière séparée, mais jamais ensemble sur un même variant, selon Jesse Bloom, professeur de génomique de l'Université de Washington, interrogé par Bloomberg. Ces deux mutations sont connues pour diminuer l'affinité des anticorps au virus, réduisant potentiellement leur capacité à combattre le virus. " C'est un variant pour lequel il faut en effet rester vigilant sans que l'on sache à ce stade bien évaluer sa contagiosité ou la possibilité qu'il prenne les devants en termes de transmissions sur d'autres souches", déclare dans La Libre le Dr Yves Coppieters, médecin épidémiologiste et professeur à l'École de santé publique de l'ULB. Il évoque la possibilité d'une augmentation de sa contagiosité de l'ordre de 20 pour cent.Les vaccins sont-ils efficaces contre le B.1.617? Selon le Pr Goldman immunologiste et président de l'Institut pour l'innovation en santé (ULB), interrogé dans le quotidien francophone, le fait que ces mutations se retrouvent ensemble sur le même variant fait effectivement craindre une moins bonne efficacité des vaccins. "Cela dit, il est important de réaliser que moins bonne efficacité ne veut pas dire que les vaccins ne protègent plus. C'est ce que l'on a déjà vu avec le variant sud-africain B.1.351. Les personnes vaccinées avec les vaccins à ARN restent protégées contre les formes de Covid les plus graves causées par ce variant", déclare le spécialiste.Faut-il s'en inquiéter en Belgique ? "Des nouveaux variant, il y en a partout !", affirme sur la RTBF Sophie Lucas, immunologiste à l'Institut De Duve de l'UCLouvain. L'apparition de ces variants, rappelle-t-elle, est une évolution logique dans une épidémie : "Tous les virus font des erreurs en se répliquant. C'est ce qu'on appelle des mutations. Certains plus que d'autres. Il y a des champions toutes catégories, comme le virus de la grippe ou le virus HIV. Et puis, il y en a d'autres comme le virus Sarv-COV 2 qui n'est pas un champion particulier, mais qui fait des erreurs comme tous les autres virus. Et donc, ces erreurs s'accumulent, ce sont des mutations. Généralement, elles n'ont aucune conséquence. Mais de temps en temps, elle confère au virus la capacité d'infecter plus facilement ou être plus contagieux, et dans ce cas-là, on les voit prendre progressivement le dessus sur les autres familles de virus présentes".Vers une fermeture des frontières ? Une des solutions avancées serait pour limiter la propagation de ce nouveau variant de fermer les frontières ou l'espace aérien avec les pays où la situation est problématique comme vient de le faire la France pour le Brésil. L'immunologiste en doute : "Les virus n'ont pas de frontière. Honnêtement, je ne sais pas quelle est la meilleure décision, je ne sais pas si le fait de fermer son espace aérien un moment va permettre d'éviter la propagation de ces variants. On a bien vu avec le variant britannique que cela n'avait pas été efficace." Pour la spécialiste, "la seule solution, c'est la course à la vaccination. Mais les vaccins, pas seulement pour nous ! Les vaccins partout, pour tout le monde. Comme l'OMS le dit : 'Personne n'est protégé tant que tout le monde n'est pas protégé'". La "bonne nouvelle" selon Yves Coppieters, c'est que l'effet de ce variant est 'faible' dans le contexte épidémique actuel. Il est "maîtrisable par toutes les mesures de protection à renforcer dans le temps, dont la vaccination (même si certains vaccins devront évoluer), l'accès en continu aux tests, la recherche sur les traitements, mais aussi l'acquisition petit à petit d'une immunité de groupe qui entraînera une moindre circulation du virus. C'est donc bien le contrôle global de l'épidémie qu'il faut envisager pour entrevoir 'une fin' à cette crise", estime-t-il dans La Libre.