Europol. Chaque jour de la semaine, durant l'Euro 2020, Le Vif propose un regard décalé sur le tournoi.
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Europol. Chaque jour de la semaine, durant l'Euro 2020, Le Vif propose un regard décalé sur le tournoi.Le football, c'est la guerre par d'autres moyens. Cette phrase, devenu un cliché parmi tant d'autres, est pourtant une métaphore qui fait mouche, souvent, dans la façon dont on regarde ce sport devenu un phénomène sans pareil.Jeudi soir, la France a donc battu l'Allemagne de façon méritoire, grâce à un but contre son camp du défenseur allemand Mats Hummels. Si la confrontation franco-allemande n'a plus rien de ce qu'elle fut il y a quelques décennies, quand les relents des guerres mondiales rendaient le match sulfureux, ces références restent de mise, volontairement ou maladroitement. Sur fond de critiques récurrentes à l'encontre de l'arrogance française, la "une" journal L'Equipe de ce mercredi matin choque certains avec son titre: "Comme en 18".La référence, en l'occurrence, évoque davantage le Mondial russe de 2018, quand les Français sont devenus champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire avec un style de jeu très organisé, pragmatique et fort en défense. Ce fut à nouveau le cas mardi soir à Munich. Le fait que de nombreuses réactions y voient une référence déplacée à la guerre mondiale de 14-18 en dit long sur l'insconscient collectif des amateurs de football.Réponse toute en élégance de l'ambassadeur d'Allemagne en France, Hans-Dieter Lucas: Le souvenir de la performance allemande à la Coupe du monde 2018 reste douloureux, mais heureusement nos amis français nous ont fait vivre de grandes émotions cette année-là. Vive l'amitié franco-allemande!"Plus choquant encore, lors de l'autre affiche de mardi, Hongrie-Portugal, les médias du monde entier ont mis en avant la présence de nombreux supporters dans un stade rempli - une première depuis longtemps, en raison de la crise du Covid. Peu de commentaires,par contre, sur la dérive nationaliste hongroise, très inquiétante. "Tout le monde s'est extasié ou presque devant le stade rempli à Budapest, constate François Perl (Solidaris). Personne pour relever un bon millier des fascistes de la Carpathian Brigade massés derrière un but. Effrayant."Le régime de Viktor Orban, en Hongrie, utilise le football comme un véhicule de son nationalisme radical, comme de nombreux autres despotes l'ont fait par le passé: le football a souvent été associé aux régimes autoritaires, depuis le fascisme italien et le nazisme allemand dans les années 1930. Jean-Michel De Waele, professeur de sciences politiques à l'ULB, spécialiste du sport et de l'Europe centrale, souhaitait que l'on profite de cette ocasion pour soutenir les démocrates hongrois. Il n'y a eu, à vrai dire, guère de place pour ce débat-là.Le sport, véhicule politique? Dans un tout autre registre, les téléspectateurs de France-Allemagne ont été surpris de voir un ULM apparaître dans l'écran, juste avant le coup d'envoi. Une opération marketing? Non, une opération militante de l'ONG Greenpeace qui a dérapé, l'ULM se prenant dans les cables des caméras. Un drame a été évité: deux personnes ont été légèrement blessées et le sélectionneur français, Didier Deschamps, a dû trouver refuge à la hâte dans son box, avec une bosse à la tête comme conséquence."Ça n'a pas lieu d'être, a commenté Didier Deschamps. Quand on voit des événements comme ça, ça restera de la littérature, mais ça donne à relativiser. La vie peut basculer vite, il ne faut pas l'oublier." Le football reste un sport, souligne le sélectionneur français. Plus pour tout le monde.