Benjamin Netanyahou peut pavoiser. Les accords signés le mardi 15 septembre à la Maison-Blanche avec les ministres des Affaires étrangères des Emirats arabes unis et du royaume de Bahreïn sur la normalisation des relations bilatérales n'ont pas la portée de ceux conclus avec deux autres Etats arabes, avec lesquels Israël avait été en guerre, l'Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994. Mais ils sont de nature à changer la donne au Moyen-Orient et, à cette aune, marquent l'histoire. Selon Donald Trump, cinq à six pays pourraient suivre les Emirats et Bahreïn. L'Arabie saoudite, leader des Etats du Golfe, a, il est vrai, fait montre de bienveillance à l'égard des signataires a...

Benjamin Netanyahou peut pavoiser. Les accords signés le mardi 15 septembre à la Maison-Blanche avec les ministres des Affaires étrangères des Emirats arabes unis et du royaume de Bahreïn sur la normalisation des relations bilatérales n'ont pas la portée de ceux conclus avec deux autres Etats arabes, avec lesquels Israël avait été en guerre, l'Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994. Mais ils sont de nature à changer la donne au Moyen-Orient et, à cette aune, marquent l'histoire. Selon Donald Trump, cinq à six pays pourraient suivre les Emirats et Bahreïn. L'Arabie saoudite, leader des Etats du Golfe, a, il est vrai, fait montre de bienveillance à l'égard des signataires arabes des accords de Washington. Son ralliement à cette dynamique alors qu'elle abrite les Lieux saints de l'islam, consacrerait un succès d'une autre envergure pour le président américain. Celui-ci a même pronostiqué un rapprochement spectaculaire dès novembre entre les Etats-Unis et l'Iran, qu'il n'a cessé de vilipender pendant sa présidence, si toutefois il était réélu... Ce mouvement pourra-t-il ignorer longtemps les récriminations des Palestiniens, qui se sentent abandonnés sur l'autel de l'union israélo-arabe face à la menace iranienne ? Elle pourrait se heurter à terme au retour de la promesse du gouvernement Netanyahou d'annexer des pans de la Cisjordanie. En marge de la signature des "Accords d'Abraham", le chef de la diplomatie émiratie, Abdallah ben Zayed, a rapporté que les Etats-Unis lui avaient assuré que la suspension serait "réelle" et "de longue durée". Ce renoncement, même provisoire, est une hypothèque supplémentaire sur la viabilité du gouvernement formé le 17 mai autour des ténors de la droite, Benjamin Netanyahou (Likoud), et du centre, Benny Gantz (Bleu et Blanc). Pour nombre de colons, il annonce une trahison d'ampleur. Or, les libertés prises par le Premier ministre et son entourage avec l'Etat de droit, dans un premier temps, puis les ratés de la lutte contre le coronavirus ont déjà agrégé contre la personne de Netanyahou plusieurs catégories d'Israéliens. Depuis le mois de mars et la prétention du président de la Knesset Yuli Edelstein à se soustraire à une décision de la Cour suprême israélienne, des citoyens manifestent tous les samedis, drapeaux noirs au vent, sur les places tous les samedis sur les places, les carrefours et les ponts pour mettre en garde contre les atteintes à la démocratie. Depuis juin dernier, c'est devant le domicile du Premier ministre que proteste le contingent des opposants, grossi des rangs des victimes de la récession économique, conséquence de la crise du coronavirus. En 2019, Israël avait accueilli un nombre record de touristes. La désillusion est grande, attisant la colère. Elle l'est un peu plus encore à cause d'un reconfinement inédit à l'échelle mondiale. Ordonné par le gouvernement entre le vendredi 18 septembre, à la veille du Nouvel An juif, et le dimanche 11 octobre, il coïncidera avec la période des vacances et freinera le retour de la diaspora. Mais il s'imposait. Israël enregistre 4 000 infections et dix décès par jour pour un bilan qui dépasse les 1 100 morts alors qu'ils n'étaient encore " que " 680 à la mi-août. On est loin du bilan enregistré en Belgique. Mais les chiffres sont, pour beaucoup, la preuve de dysfonctionnements au sein du gouvernement.