Emmanuel Ramazani Shadary, 58 ans, dauphin de Kabila

© AFP/John Wessels

Ancien ministre de l'Intérieur, il porte les couleurs du Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme électorale mise en place par Joseph Kabila. Le choix, début août dernier, de Shadari comme candidat du régime à la présidentielle a surpris, car cet homme du sérail est peu connu à l'extérieur du pays. Jusque-là, le nom de l'ex-Premier ministre Augustin Matata Ponyo figurait en tête de la liste des dauphins potentiels du président sortant. Défenseur enflammé de Kabila à l'Assemblée, Shadary y était perçu comme l'un des durs du parti présidentiel. Originaire du territoire de Kabambare, au Maniema (comme Maman Sifa, mère du chef de l'Etat), il n'a pas de base électorale solide, mais bénéficie de l'appui des moyens de l'Etat. Les ministres et gouverneurs sont nombreux à lui afficher leur soutien. "En revanche, l'impopularité croissante de Kabila ces dernières années est pour lui un handicap, assure un homme d'affaires actif en RDC. En outre, certains barons du régime, qui s'estiment plus qualifiés et compétents que lui, ne montrent aucun empressement à soutenir sa campagne."

Félix Tshisekedi, 55 ans, en tandem avec Vital Kamerhe

© AFP/John Wessels

Président de l'UDPS depuis mars dernier, il est le candidat de la coalition Cap pour le changement. Félix est le fils du fondateur du parti, Etienne Tshisekedi, opposant historique de Mobutu puis des Kabila père et fils (décédé le 1er février 2017). Au lendemain de la désignation, à Genève, d'un candidat commun de l'opposition, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe (UNC) se sont retirés de cet accord. Dans la foulée, le 23 novembre, Kamerhe, ancien président de l'Assemblée nationale passé à l'opposition en 2010, s'est désisté de la course à la présidence pour former un "ticket" avec Tshisekedi: en cas de victoire, Félix deviendra président et la primature reviendra à Vital, qui aurait également obtenu pour les siens des portefeuilles stratégiques. "Félix Tshisekedi cumule quatre handicaps, estime un expatrié à Kinshasa, observateur de la scène politique congolaise: il n'a ni l'aura ni le courage de son père, il fait parfois preuve de naïveté, ses moyens financiers sont relativement limités et son alliance avec Kamerhe, caméléon politique tour à tour proche du pouvoir et opposant, décrédibilise sa candidature."

Martin Fayulu, 62 ans, soutenu par Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba

© AFP/John Wessels

Proche de la société civile, cet outsider a été désigné le 11 novembre à Genève candidat unique de l'opposition, avant que Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe lui retirent leur soutien. Cadre du groupe pétrolier Mobil de 1984 à 2003, Fayulu a participé en 2009 à la création du parti ECiDé, est devenu deux ans plus tard député national et est aujourd'hui le candidat de la coalition Lamuka. Arrêté à deux reprises au moins pour avoir participé à des manifestations interdites par le régime, il incarne la ligne dure anti-Kabila, opposée à la machine à voter. Peu connu jusqu'ici en dehors de Kinshasa, où il est propriétaire d'un hôtel, il a été acclamé par la foule ces derniers jours dans l'est du pays, alors que les autorités et l'armée multiplient les tracasseries pour contrecarrer ses déplacements électoraux. Il est soutenu par deux ténors de l'opposition non autorisés à concourir: Jean-Pierre Bemba (MLC) et le Katangais Moïse Katumbi, grand argentier de l'opposition. Son directeur de campagne est Pierre Lumbi, bras droit de Katumbi, secondé par Eve Bazaïba, du MLC.