Son avocat Mohamed al-Baqer a également été arrêté le jour même, selon l'ONG, le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux.

"Le procureur général a fini d'interroger Alaa Abdel Fattah (...) et interroge désormais son avocat qui a été arrêté alors qu'il assistait à l'interrogatoire" de son client, selon l'ONG. Me Baqer est le directeur du Centre pour les libertés et les droits, une autre ONG égyptienne.

Aujourd'hui âgé de 37 ans, M. Abdel Fattah avait été arrêté en 2013 après avoir manifesté contre une loi rendant quasi-impossibles les manifestations en Egypte. Il avait été libéré en mars mais était astreint à un strict contrôle judiciaire de cinq ans: il devait retourner tous les soirs à 18H00 dormir au poste de police de Dokki pour en sortir à 06H00.

Dimanche matin, lorsqu'il n'a pas réapparu, sa mère, Laila Soueif, s'est rendu au poste de police mais n'a pu y entrer ni obtenir d'explications des policiers à l'entrée.

"Nous ne savons pas où est Alaa... Le poste de police dit qu'il est probablement au parquet de la sécurité d'Etat", a déclaré sur Twitter sa soeur, Mona Seif, également militante politique.

Manifestations anti-Sissi

Militant politique et blogueur et programmeur informatique, M. Abdel Fattah avait dit à l'AFP en juin que des officiers de la sécurité nationale avaient menacé de le remettre en détention s'il s'exprimait publiquement.

Surnommé "l'icône de la révolution" de 2011, qui a provoqué la chute du régime de Hosni Moubarak, Alaa Abdel Fattah avait continué de s'exprimer sur les réseaux sociaux, sous le gouvernement autoritaire du président Abdel Fattah al-Sissi.

Il défendait notamment les droits d'autres anciens détenus, également contraints de passer leurs nuits derrière les barreaux après leur sortie de prison.

Ces derniers jours, il avait commenté sur Twitter des manifestations anti-Sissi en Egypte en réponse à l'appel d'un businessman en exil qui accuse le président de corruption.

Des manifestations anti-Sissi d'ampleur limitée, ainsi que des rassemblements de soutien au président, ont eu lieu vendredi, une semaine après la mobilisation inédite de centaines de personnes contre le pouvoir.

Environ 2.000 personnes ont été interpellées au cours de la semaine passée.

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