Bienvenue dans le monde imaginé par Monsieur Tricatel dans L'Aile ou la cuisse. Depuis quelques mois, le 1880, une adresse huppée de Singapour, propose sur sa carte de la viande de poulet artificielle. Pour la première fois au monde, une autorisation de vendre de la viande sans abattage d'animaux lui a en effet été accordée. Cette "viande" a été fabriquée in vitro par l...

Bienvenue dans le monde imaginé par Monsieur Tricatel dans L'Aile ou la cuisse. Depuis quelques mois, le 1880, une adresse huppée de Singapour, propose sur sa carte de la viande de poulet artificielle. Pour la première fois au monde, une autorisation de vendre de la viande sans abattage d'animaux lui a en effet été accordée. Cette "viande" a été fabriquée in vitro par la start-up californienne Eat Just. Des cellules de poulets ont été prélevées sur des animaux vivants puis cultivées en laboratoire dans un extrait de sang de foetus provenant de vaches gestantes. Selon The Guardian, ce sérum riche en facteurs de croissance "aurait été éliminé en grande partie avant consommation" des nuggets singapouriens. Le risque sanitaire encouru par l'utilisation d'hormones pour multiplier les cellules n'est, par contre, pas encore étudié... Alors qu'il faudra nourrir dix milliards de bouches en 2050, des projections suggèrent que la consommation de viande augmenterait de 70%. Or, sa production intensive émet énormément de gaz à effet de serre (14,5% des émissions mondiales en 2018), sans parler d'autres effets délétères. Les producteurs de viande in vitro présentent dès lors leurs produits comme une solution respectueuse de la vie et de l'environnement. Cette vision technologique de l'alimentation du futur est cependant loin de faire l'unanimité. "La viande de synthèse va accroître la dépendance à l'égard des multi-nationales agroalimentaires qui peuvent investir dans des usines stériles et robotisées concentrant la production. Les protéines de synthèse - animales comme végétales - sont des dangers pour la souveraineté alimentaire et la sécurité car totalement déterritorialisées", critique le journaliste spécialiste des questions agro- alimentaires Gilles Luneau dans une tribune du Figaro.