Du New Hampshire à la Californie, en passant par le Texas ou l'Ohio, des manifestants, souvent pro-Trump, ont réclamé ce week-end la fin du confinement face. Ces manifestations ne sont pas nouvelles, mais elles sont désormais publiquement encouragées par le président américain. Le milliardaire estime que certains gouverneurs, du camp démocrate, sont "allés trop loin" dans les mesures et dans la gestion de la crise sanitaire.
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Du New Hampshire à la Californie, en passant par le Texas ou l'Ohio, des manifestants, souvent pro-Trump, ont réclamé ce week-end la fin du confinement face. Ces manifestations ne sont pas nouvelles, mais elles sont désormais publiquement encouragées par le président américain. Le milliardaire estime que certains gouverneurs, du camp démocrate, sont "allés trop loin" dans les mesures et dans la gestion de la crise sanitaire. Si ces rassemblements semblent réunir avant tout des conservateurs partisans de Donald Trump, certains participants soulignent que leurs motivations sont surtout économiques. Donald Trump ne cache d'ailleurs pas sa hâte de rouvrir l'économie du pays. Mais le discours est confus : d'un côté, il indique laisser aux gouverneurs de chaque État la décision de lever les restrictions, de l'autre, il appelle à "libérer" du confinement plusieurs États gérés par des gouverneurs démocrates. Dans le même temps, il félicite deux gouverneurs républicains pour avoir "autorisé certaines activités à reprendre, tout en exigeant les mesures adéquates de distanciation sociale". Sous prétexte du point de presse quotidien, la communication de Donald Trump est-elle en train de virer en campagne de réélection ?La popularité du président a fait le yo-yo ces dernières semaines. Un nouveau sondage Gallup, relayé par CNN, révèle que son taux d'approbation est aujourd'hui de 43%, une diminution par rapport à mars. Son taux de désapprobation est quant à lui de 54%, en hausse depuis le mois dernier. La popularité du président avait en effet fait un rebond au début de la pandémie aux États-Unis. Son taux d'approbation net a d'ailleurs atteint son plus haut niveau depuis le premier mois de sa présidence. Mais aujourd'hui, il est en chute libre. Même s'il n'a pas atteint les taux de ces prédécesseurs lors d'évènements d'intérêt national (l'assassinat de Ben Laden pour Obama, le 11 septembre pour George W. Bush), on aurait pu penser que le chiffre allait reste plus élevé. S'il est possible qu'il y ait un nouveau rebond lors de la levée des restrictions ou de l'annonce d'un vaccin contre le coronavirus, il lui faudra un taux d'approbation net plus élevé s'il veut obtenir un second mandat. D'où l'intérêt de mobiliser, dès aujourd'hui, sa base électorale. Avant la crise sanitaire, le milliardaire républicain avait, tout comme ses adversaires démocrates, multiplié les meetings politiques, rassemblant à chaque fois une foule nombreuse. Mais la campagne pour l'élection présidentielle du 3 novembre a été mise sur pause depuis le début de l'épidémie. Si la campagne de terrain est à l'arrêt, Donald Trump compte bien profiter de la fenêtre médiatique dont il bénéficie chaque soir en tant que président. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : reprendre la campagne est presque aussi important à ses yeux que de combattre le virus. Il espère retrouver rapidement le chemin de la campagne électorale : "J'espère que nous pourrons faire des meetings, c'est très bon pour le pays" et "c'est très important pour la politique", assure-t-il. Le président américain semble en effet délaisser, lors de ce rendez-vous quotidien, les explications sur l'urgence sanitaire pour retrouver les accents de ses rassemblements de campagnes. Privé de ses "MAGA rallies" (MAGA = Make America Great Again, son slogan), il vacille entre posture officielle de président et candidat à sa propre réélection. Un mélange de genres qui n'est pas nouveau puisqu'il a marqué l'intégralité de son mandat. Dans cette communication de crise, il occupe seul l'espace politique et médiatique. En face, personne ou presque. Joe Biden, son adversaire démocrate pour la présidentielle, a eu un sursaut médiatique lors du retrait de Bernie Sanders et du soutien officiel de Barack Obama. Mais cela s'arrête là. Lors de sa conférence quotidienne, le président américain s'est également livré à quelques approximations : des informations erronées sur la disponibilité des tests, son optimisme sur un possible traitement n'ayant fait l'objet d'aucune étude clinique sérieuse, l'évocation de la "lumière au bout du tunnel" alors que le décompte des victimes ne faisait que commencer... Il est accusé par bon nombre de répandre des "fake news" ou de ne présenter que les informations qui pourraient participer à un bénéfice politique personnel. Il en profite toutefois pour s'en prendre régulièrement à ses adversaires. Depuis le début de l'épidémie, il rejette catégoriquement ceux qui l'accusent d'avoir pris la crise au sérieux trop tard. Sa communication officielle prend de plus en plus des airs de communication politique personnelle, qui n'est pas sans rappeler son compte Twitter. Le coronavirus, sa mauvaise gestion, de nombre de morts, les mesures trop strictes, ou prises trop tard, c'est la faute des autres : celle des démocrates, celle du Congrès, celles des journalistes, celle de la Chine ... Il a même été jusqu'à retweeter un message qui sommait de virer le Dr Anthony Fauci, l'expert qui l'accompagne lors des points-presse. Aujourd'hui accusé d'attiser les divisions, cette stratégie suffira-t-elle pour convaincre l'opinion publique de lui confier un second mandat ?