Un reportage de Julie David de Lossy et de Colin Delfosse.
...

Elle leur est apparue au fond d'une grotte, dans le ciel, au coeur d'une forêt. Parfois seule, parfois accompagnée de Jésus ou d'autres figures saintes, la Vierge Marie leur a délivré des messages d'espérance, des mises en garde, d'inquiétants présages, ou a accompli des actes reconnus ensuite par l'Eglise en tant que miracles. Depuis, ces lieux sont devenus des sanctuaires où des millions de catholiques se rendent chaque année, dans l'espoir d'une guérison, d'un prodige ou simplement d'un peu de réconfort. Longtemps, le Vatican voit d'un mauvais oeil l'engouement mystique suscité par les mariophanies. Mais le XIXe siècle marque un tournant: l'Eglise multiplie leur reconnaissance, dans une stratégie de reconquête des fidèles. Aujourd'hui, sanctuaires mariaux et pèlerinages sont une manière d'entretenir leur ferveur et d'ériger Marie, à la fois vierge, épouse et mère, en parangon féminin de vertu. En Belgique, les apparitions de Banneux et Beauraing se produisent successivement au coeur de l'hiver 1932-1933, l'un des plus froids du siècle. Elles sont reconnues en 1949 par les évêques de Liège et de Namur. Un miracle en soi, considérant que le Vatican n'a avalisé que seize sanctuaires mariaux dans le monde. Un miracle économique également: au cours du XXe siècle, les deux sites attirent massivement les fidèles, si bien que les hôtels et boutiques de souvenirs tout proches font le plein. Loin de leur lustre d'antan, ils drainent malgré tout plusieurs milliers de pèlerins par an. Ainsi, à Banneux, la fête de l'Assomption reste l'occasion d'un important pèlerinage de la communauté rom, venue des quatre coins d'Europe pour assister à la procession de la Vierge des Pauvres.