Coincé à la maison à cause de votre fabricant de vaccin. Révoltant pour le voyageur, angoissant pour l'industrie du voyage, première victime collatérale. Le fait d'être vacciné ne suffit désormais plus pour voyager librement à travers le monde. Car certains vaccins ne sont tout simplement pas reconnus dans certains pays. C'est le résultat de jeux d'influence entre nations, qui s'adonnent à des ripostes économico-politiques.

Pour le voyageur, également confronté aux règles changeantes de quarantaine ou de test en fonction des pays, l'acceptation ou non d'un vaccin vient rajouter un élément de plus dans un casse-tête 'niveau expert'.

Le meilleur test du monde post-pandémique sera peut-être le retour des mouvements internationaux. Ces derniers mois, les voyages ont commencé à se redresser. "Avec 3,7 milliards de doses de vaccin administrées dans le monde, de nombreuses personnes sont impatientes de faire leurs valises pour une escapade. Mais tous les anticorps acquis par vaccin ne vous permettent pas automatiquement de vous envoler librement à l'étranger", note The Economist.

Et de fait, de nombreux gouvernements n'accueillent que les porteurs de certains vaccins contre le covid-19. "Ce mois-ci, l'Union européenne a déclaré qu'elle n'accepterait pas les visiteurs qui ont reçu le vaccin Covishield, même s'il est identique au vaccin AstraZeneca utilisé dans l'UE, car il n'a pas été approuvé par l'autorité de réglementation des médicaments de l'UE. Le gouvernement indien, où le vaccin est fabriqué, a menacé de riposter", illustre The Economist.

Les données de VisaGuide.World démontrent à quel point la reconnaissance des vaccins est variable à travers le monde. C'est AstraZeneca qui est le plus largement accepté, avec 119 gouvernements le reconnaissant. Ce n'est pas une grande surprise, car c'est le vaccin le plus utilisé dans le monde, également approuvé par l'Organisation mondiale de la santé (avec Pfizer-BioNTech, Moderna, Johnson & Johnson et deux vaccins chinois). En revanche, le chinois CanSinoBio n'est reconnu que par une poignée de gouvernements.

Si Pfizer se place en seconde position, avec une acceptation dans presque 90 pays, la Belgique peut s'inquiéter du classement de Moderna et de Johnson & Johnson, reconnus par un peu plus de 40 pays, seulement. Dans l'état actuel des choses, le spectre des destinations potentielles des Belges vaccinés avec Moderna et Johnson & Johnson serait donc fortement réduit.

The Economist
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La reconnaissance ou non d'un vaccin par un gouvernement sera-t-elle la clé du voyage dans le monde post-covid?

L'industrie du voyage redoute fortement le phénomène. Pour l'International Air Transport Association, l'absence d'accord entre les gouvernements est "un obstacle de plus pour donner aux passagers la confiance qu'ils peuvent voyager". Mariangela Simao, directrice générale adjointe de l'OMS, a déclaré que le Parlement européen avait recommandé aux pays d'envisager d'accepter les vaccins classés d'urgence par l'OMS. Se dirige-t-on donc, sur le long terme, vers un déblocage ?

Plus d'une douzaine de pays de l'UE ont depuis déclaré qu'ils ignoreraient les règles de l'UE et accepteraient le vaccin Covishield, version indienne de l'AstraZeneca, comme preuve d'immunité.

Mais il est peu probable que les vaccins chinois soient si facilement acceptés... alors que la Chine est primordiale pour le tourisme européen : 12 millions de touristes chinois ont visité l'UE en 2019.

Mais un coup de pouce de l'OMS vaut mieux que rien. "Au cours de l'année à venir, il est probable qu'un certain nombre de vaccins auront du mal à obtenir une reconnaissance internationale. Pour des raisons politiques, certains pays ont fait passer des vaccins vers des organismes de réglementation locale. D'autres n'ont pas d'autorités réglementaires suffisamment strictes pour inspirer confiance de la part de la communauté internationale. Les vaccins qui sont actuellement peu susceptibles d'être facilement administrés par les autorités internationales comprennent le vaccin russe Spoutnik V, le vaccin indien Covaxin et le vaccin cubain Abdala", notre The Economist.

Et comme si le casse-tête n'était pas suffisant, un certain nombre d'États américains ont promulgué des lois interdisant les passeports vaccinaux. Il s'agit notamment de l'Alabama, de l'Arizona, de l'Indiana et de la Floride. Dans l'état actuel des choses, les navires de croisière auront du mal à fonctionner normalement. "Pour les voyageurs comme pour l'industrie du tourisme, 2021 restera probablement dans les mémoires pour les frustrations persistantes liées au Covid-19 et la bureaucratie frontalière. Les clichés du globe-trotter et des vacances devront attendre l'année prochaine."

Coincé à la maison à cause de votre fabricant de vaccin. Révoltant pour le voyageur, angoissant pour l'industrie du voyage, première victime collatérale. Le fait d'être vacciné ne suffit désormais plus pour voyager librement à travers le monde. Car certains vaccins ne sont tout simplement pas reconnus dans certains pays. C'est le résultat de jeux d'influence entre nations, qui s'adonnent à des ripostes économico-politiques. Pour le voyageur, également confronté aux règles changeantes de quarantaine ou de test en fonction des pays, l'acceptation ou non d'un vaccin vient rajouter un élément de plus dans un casse-tête 'niveau expert'.Le meilleur test du monde post-pandémique sera peut-être le retour des mouvements internationaux. Ces derniers mois, les voyages ont commencé à se redresser. "Avec 3,7 milliards de doses de vaccin administrées dans le monde, de nombreuses personnes sont impatientes de faire leurs valises pour une escapade. Mais tous les anticorps acquis par vaccin ne vous permettent pas automatiquement de vous envoler librement à l'étranger", note The Economist.Et de fait, de nombreux gouvernements n'accueillent que les porteurs de certains vaccins contre le covid-19. "Ce mois-ci, l'Union européenne a déclaré qu'elle n'accepterait pas les visiteurs qui ont reçu le vaccin Covishield, même s'il est identique au vaccin AstraZeneca utilisé dans l'UE, car il n'a pas été approuvé par l'autorité de réglementation des médicaments de l'UE. Le gouvernement indien, où le vaccin est fabriqué, a menacé de riposter", illustre The Economist. Les données de VisaGuide.World démontrent à quel point la reconnaissance des vaccins est variable à travers le monde. C'est AstraZeneca qui est le plus largement accepté, avec 119 gouvernements le reconnaissant. Ce n'est pas une grande surprise, car c'est le vaccin le plus utilisé dans le monde, également approuvé par l'Organisation mondiale de la santé (avec Pfizer-BioNTech, Moderna, Johnson & Johnson et deux vaccins chinois). En revanche, le chinois CanSinoBio n'est reconnu que par une poignée de gouvernements.Si Pfizer se place en seconde position, avec une acceptation dans presque 90 pays, la Belgique peut s'inquiéter du classement de Moderna et de Johnson & Johnson, reconnus par un peu plus de 40 pays, seulement. Dans l'état actuel des choses, le spectre des destinations potentielles des Belges vaccinés avec Moderna et Johnson & Johnson serait donc fortement réduit. L'industrie du voyage redoute fortement le phénomène. Pour l'International Air Transport Association, l'absence d'accord entre les gouvernements est "un obstacle de plus pour donner aux passagers la confiance qu'ils peuvent voyager". Mariangela Simao, directrice générale adjointe de l'OMS, a déclaré que le Parlement européen avait recommandé aux pays d'envisager d'accepter les vaccins classés d'urgence par l'OMS. Se dirige-t-on donc, sur le long terme, vers un déblocage ? Plus d'une douzaine de pays de l'UE ont depuis déclaré qu'ils ignoreraient les règles de l'UE et accepteraient le vaccin Covishield, version indienne de l'AstraZeneca, comme preuve d'immunité. Mais il est peu probable que les vaccins chinois soient si facilement acceptés... alors que la Chine est primordiale pour le tourisme européen : 12 millions de touristes chinois ont visité l'UE en 2019.Mais un coup de pouce de l'OMS vaut mieux que rien. "Au cours de l'année à venir, il est probable qu'un certain nombre de vaccins auront du mal à obtenir une reconnaissance internationale. Pour des raisons politiques, certains pays ont fait passer des vaccins vers des organismes de réglementation locale. D'autres n'ont pas d'autorités réglementaires suffisamment strictes pour inspirer confiance de la part de la communauté internationale. Les vaccins qui sont actuellement peu susceptibles d'être facilement administrés par les autorités internationales comprennent le vaccin russe Spoutnik V, le vaccin indien Covaxin et le vaccin cubain Abdala", notre The Economist.Et comme si le casse-tête n'était pas suffisant, un certain nombre d'États américains ont promulgué des lois interdisant les passeports vaccinaux. Il s'agit notamment de l'Alabama, de l'Arizona, de l'Indiana et de la Floride. Dans l'état actuel des choses, les navires de croisière auront du mal à fonctionner normalement. "Pour les voyageurs comme pour l'industrie du tourisme, 2021 restera probablement dans les mémoires pour les frustrations persistantes liées au Covid-19 et la bureaucratie frontalière. Les clichés du globe-trotter et des vacances devront attendre l'année prochaine."