L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'agence européenne des maladies ont appelé dimanche leurs membres en Europe à renforcer leurs contrôles pour combattre la propagation de la nouvelle variante du coronavirus circulant au Royaume-Uni, notamment en améliorant leurs capacités de détection de la souche.

"A travers l'Europe, où la transmission est élevée et étendue, les pays doivent renforcer leurs procédures de contrôle et de prévention", a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'OMS en Europe.

L'agence européenne de contrôle des maladies (ECDC), qui inclut une trentaine de pays dont les membres de l'UE et le Royaume-Uni, n'a elle "pas exclu" que la variante circule en dehors du territoire britannique.

Baptisée "VUI 202012/01" (pour "Variant Under Investigation", variante en cours d'investigation), la nouvelle souche comprend plusieurs mutations et entraîneraît selon les premières évaluations une contagiosité accrue du nouveau coronavirus.

Selon l'OMS et l'ECDC, une poignée de cas ont déjà été signalés hors du sol britannique: au Danemark (9), ainsi qu'un cas aux Pays-Bas et en Australie.

"La plupart des pays de l'Union européenne séquencent le virus dans une proportion bien plus faible qu'au Royaume-Uni, donc une circulation en cours en dehors du Royaume-Uni ne peut être exclue", observe l'ECDC dans une première note d'évaluation des risques.

"Les personnes avec un lien épidémologique avec les cas porteurs de la nouvelle variante ou ayant voyagé dans des secteurs infectés doivent être identifiés immédiatement", souligne l'agence européenne, appelant "à tester, isoler et suivre leurs contacts".

Les virus mutent en permanence et la plupart du temps sans conséquences, mais certaines mutations peuvent s'avérer problématiques, selon les scientifiques.

La souche serait apparue mi-septembre à Londres

Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Vallance, avait indiqué samedi que cette nouvelle variante du Sars-CoV-2, en plus de se propager rapidement, devenait aussi la forme "dominante", ayant entraîné "une très forte hausse" des hospitalisations en décembre.

Elle serait apparue mi-septembre à Londres ou dans le Kent (sud-est), selon lui.

"Le groupe consultatif sur les menaces nouvelles et émergentes des virus respiratoires (NERVTAG) considère maintenant que cette nouvelle souche peut se propager plus rapidement", a déclaré le médecin-chef de l'Angleterre, Chris Whitty, dans un communiqué.

Cet avis s'appuie sur le constat d'une "augmentation très forte des cas de contamination et des hospitalisations à Londres et dans le Sud-Est, par rapport au reste de l'Angleterre ces derniers jours", indique le professeur de médecine Paul Hunter, de l'Université d'East-Anglia, cité sur le site de Science Media Centre.

"Cette augmentation semble être causée par la nouvelle souche", a-t-il ajouté en se référant aux informations fournies par les autorités sanitaires.

Belga
© Belga

Pour autant, "rien n'indique pour le moment que cette nouvelle souche cause un taux de mortalité plus élevé ou qu'elle affecte les vaccins et les traitements, mais des travaux urgents sont en cours pour confirmer cela", ajoute Chris Whitty.

- Inquiétude des épidémiologistes -

L'information "sur cette nouvelle souche est très préoccupante", selon le Pr Peter Openshaw, immunologiste à l'Imperial College de Londres, cité par Science Media Centre. Notamment parce qu'"elle semble de 40% à 70% plus transmissible".

"C'est une très mauvaise nouvelle", renchérit le Pr John Edmunds, du London School of Hygiene & Tropical Medicine: "Il semble que ce virus est largement plus infectieux que la souche précédente".

Sur sa page Facebook le généticien français Axel Kahn a rappelé qu'à ce jour, "trois cent mille mutants de CoV-2 ont été séquencés dans le monde".

La nouvelle souche porte notamment une mutation, nommée N501Y, dans la protéine de la "spicule" du coronavirus, la pointe qui se trouve à sa surface et lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer.

Selon le Dr Julian Tang, de l'Université de Leicester, "cette mutation N501Y circulait déjà sporadiquement bien plus tôt cette année en dehors du Royaume-Uni, en Australie en juin-juillet, aux Etats-Unis en juillet et au Brésil en avril".

"Les coronavirus mutent tout le temps et il n'est donc pas surprenant que des nouveaux variants du Sars-CoV-2 émergent", rappelle le professeur Julian Hiscox, de l'université de Liverpool. "Le plus important est de chercher à savoir si ce variant a des propriétés qui ont un impact sur la santé des humains, les diagnostics et les vaccins".

"Plus il y a de virus produits, donc de personnes infectées, plus il y a de mutations aléatoires et plus grande est la fréquence de mutations avantageuses pour le virus", relève encore le Pr Axel Kahn.

Pas de mortalité plus élevée

Avant d'en savoir plus sur les risques réels posés par la variante apparue à Londres, l'OMS a recommandé dimanche à ses membres au niveau mondial d'accroître leurs capacités de séquençage du virus pour mieux identifier les cas présentant la mutation britannique. Selon l'OMS, outre "des signes préliminaires que la variante pourrait être plus contagieuse", la variante "pourrait aussi affecter l'efficacité de certaines méthodes de diagnostic", là aussi selon "des informations préliminaires".

Il n'y a en revanche "aucune preuve d'un changement de la gravité de la maladie", même si ce point fait aussi l'objet de recherches.

L'OMS donnera plus d'informations dès qu'elle aura "une vision plus claire des caractéristiques de cette variante", a indiqué une porte-parole dans un courriel à l'AFP.

Au niveau mondial, l'organisation onusienne recommande "à tous les pays d'accroître leurs capacités de séquençage du virus Sars-Cov-2 quand c'est possible et de partager les données au niveau international, notamment si les mêmes mutations problématiques sont identifiées".

Souche en Afrique du Sud -

Outre les trois pays ayant repéré sur leur sol la souche venue du Royaume-Uni, "plusieurs autres pays ont signalé à l'OMS d'autres variantes qui portent certains des changements génétiques de la variante britannique", notamment une mutation dite "N501Y", selon l'OMS.

L'Afrique du Sud, qui a également signalé une variante problématique vendredi, considère que cette mutation "N501Y" est à l'origine d'un plus grand nombre de contagions.

Le pays "mène des recherches supplémentaires pour mieux comprendre le lien", souligne l'OMS.

Avec le début attendu de la vaccination, l'ECDC recommande également de surveiller de près les cas de vaccination inefficace, et le cas échéant de procéder à l'identification génétique de la souche des patients concernés.

Suspendre les vols et les trains

Les Pays-Bas et la Belgique ont décidé dimanche de suspendre tous les vols en provenance du Royaume-Uni après la découverte dans ce pays d'une nouvelle variante "hors de contrôle" du coronavirus, tandis que l'Allemagne envisageait "sérieusement" de prendre des mesures similaires.

La nouvelle souche de nouveau coronavirus était "hors de contrôle", a reconnu dimanche le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, justifiant ainsi un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre, qui pourrait, selon lui, durer jusqu'au déploiement d'un vaccin.

Matt Hancock, Belga
Matt Hancock © Belga

Les reconfinements décidés à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre interviennent alors qu'à l'approche des fêtes de fin d'année, l'Italie se reconfine entièrement et d'autres pays d'Europe durcissent les mesures prises afin de contenir la troisième vague de la pandémie qui menace.

Le gouvernement néerlandais a suspendu, à 06h00 heure locale (05h00 GMT) et jusqu'au 1er janvier, tous les vols de passagers en provenance du Royaume-Uni après la découverte aux Pays-Bas d'un cas de contamination par une variante du coronavirus circulant dans une partie du territoire britannique.

La Belgique, elle, suspend les vols et les trains en provenance du Royaume-Uni à partir de dimanche minuit (23H00 GMT).

Quant à l'Allemagne, elle envisageait "sérieusement" dimanche une suspension des vols en provenance non seulement du Royaume-Uni mais aussi d'Afrique du Sud après la découverte d'une variante du Covid-19 dans ces pays.

- "option sérieuse" -

"Des restrictions du trafic aérien en provenance de Grande-Bretagne et d'Afrique du Sud sont une option sérieuse" examinée par Berlin, a indiqué une source proche du ministère de la Santé.

Une nouvelle variante du coronavirus, la "501.V2" a été détectée en Afrique du Sud, qui pourrait expliquer la rapidité des transmissions de cette seconde vague touchant également des patients plus jeunes, avait annoncé vendredi soir le ministre de la Santé, Zwelini Mkhize.

Une telle perturbation du trafic aérien et ferroviaire, si elle perdure en janvier, pourrait aggraver les problèmes de transport liés au Brexit, le Royaume-Uni quittant le 31 décembre le marché unique de l'UE, qui garantit la libre circulation à l'intérieur de ses frontières.

La suspension des liaisons s'est imposée d'autant plus que le ministre de la Santé britannique lui-même a reconnu que "malheureusement la nouvelle souche était hors de contrôle".

"Nous devions reprendre le contrôle, et la seule manière de le faire, est de restreindre les contacts sociaux", a déclaré Matt Hancock sur Sky News. "Ce sera très difficile de la garder sous contrôle jusqu'à ce qu'un vaccin soit déployé", a-t-il estimé.

Belga
© Belga

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avait déclaré samedi que selon les premières données, le virus qui circule à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre est jusqu'à 70 pour cent plus contagieux que la précédente souche.

Déjà soumis à de sévères restrictions, les habitants de la capitale et du sud-est de l'Angleterre vont être placés sous un nouveau niveau d'alerte, le quatrième, le plus élevé.

Ils auront pour consigne de rester chez eux et les commerces non essentiels ne pourront plus rouvrir après avoir baissé leur rideau samedi, mettant un terme aux achats de Noël de dernière minute.

Les pubs, restaurants et musées y étaient déjà fermés depuis le précédent week-end.

L'Italie qui, avec le Royaume-Uni, est le pays d'Europe le plus durement frappé par la pandémie avec plus de 68.000 morts, va, elle aussi, se reconfiner pour les fêtes.

"Nos experts craignent que la courbe de contagion n'augmente pendant la période de Noël", a expliqué le chef du gouvernement Giuseppe Conte.

Reuters
© Reuters

Toute l'Italie sera classée "rouge" pour les fêtes, mais les Italiens auront le droit de sortir de chez eux pour participer à un repas de famille en nombre limité, a annoncé un décret publié samedi.

La Suisse est quant à elle devenue samedi le premier pays d'Europe continentale à autoriser un vaccin contre le Covid-19, le Pfizer/BioNTech.

Une décision prise après le feu vert donné au même vaccin par plus de 15 autres pays, dont les Etats-Unis, le Canada, l'Arabie Saoudite, le Bahrein, le Royaume-Uni, la Jordanie, Singapour et le Mexique.

- Vaccination dans l'UE -

Dans l'UE, la campagne de vaccination devrait commencer les 27, 28 et 29 décembre, selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L'Agence européenne des médicaments se penchera lundi sur le sort du vaccin Pfizer-BioNTech qui devrait être autorisé dans les deux jours par la Commission. L'examen - et la possible autorisation - du vaccin Moderna a été avancé d'une semaine, au 6 janvier.

Aux Etats-Unis, l'agence fédérale des médicaments (FDA) a accordé vendredi dans l'urgence une autorisation au vaccin de la firme de biotechnologies Moderna et les premières doses ont commencé à être acheminées samedi vers divers points de ce pays, a dit le responsable de l'opération pour le gouvernement américain.

Les Etats-Unis sont confrontés à un rebond spectaculaire de l'épidémie, avec plus de 316.202 morts et plus de 17,65 millions de cas confirmés de Covid-19.

La pandémie a fait au moins 1,68 million de morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP dimanche. Derrière les Etats-Unis, le Brésil est le pays le plus endeuillé avec 186.356 morts pour 7,21 millions de cas. L'Inde a dépassé samedi les 10 millions de cas et compte 145.477 morts.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'agence européenne des maladies ont appelé dimanche leurs membres en Europe à renforcer leurs contrôles pour combattre la propagation de la nouvelle variante du coronavirus circulant au Royaume-Uni, notamment en améliorant leurs capacités de détection de la souche."A travers l'Europe, où la transmission est élevée et étendue, les pays doivent renforcer leurs procédures de contrôle et de prévention", a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'OMS en Europe. L'agence européenne de contrôle des maladies (ECDC), qui inclut une trentaine de pays dont les membres de l'UE et le Royaume-Uni, n'a elle "pas exclu" que la variante circule en dehors du territoire britannique.Baptisée "VUI 202012/01" (pour "Variant Under Investigation", variante en cours d'investigation), la nouvelle souche comprend plusieurs mutations et entraîneraît selon les premières évaluations une contagiosité accrue du nouveau coronavirus.Selon l'OMS et l'ECDC, une poignée de cas ont déjà été signalés hors du sol britannique: au Danemark (9), ainsi qu'un cas aux Pays-Bas et en Australie."La plupart des pays de l'Union européenne séquencent le virus dans une proportion bien plus faible qu'au Royaume-Uni, donc une circulation en cours en dehors du Royaume-Uni ne peut être exclue", observe l'ECDC dans une première note d'évaluation des risques."Les personnes avec un lien épidémologique avec les cas porteurs de la nouvelle variante ou ayant voyagé dans des secteurs infectés doivent être identifiés immédiatement", souligne l'agence européenne, appelant "à tester, isoler et suivre leurs contacts".Les virus mutent en permanence et la plupart du temps sans conséquences, mais certaines mutations peuvent s'avérer problématiques, selon les scientifiques.Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Vallance, avait indiqué samedi que cette nouvelle variante du Sars-CoV-2, en plus de se propager rapidement, devenait aussi la forme "dominante", ayant entraîné "une très forte hausse" des hospitalisations en décembre.Elle serait apparue mi-septembre à Londres ou dans le Kent (sud-est), selon lui. "Le groupe consultatif sur les menaces nouvelles et émergentes des virus respiratoires (NERVTAG) considère maintenant que cette nouvelle souche peut se propager plus rapidement", a déclaré le médecin-chef de l'Angleterre, Chris Whitty, dans un communiqué.Cet avis s'appuie sur le constat d'une "augmentation très forte des cas de contamination et des hospitalisations à Londres et dans le Sud-Est, par rapport au reste de l'Angleterre ces derniers jours", indique le professeur de médecine Paul Hunter, de l'Université d'East-Anglia, cité sur le site de Science Media Centre."Cette augmentation semble être causée par la nouvelle souche", a-t-il ajouté en se référant aux informations fournies par les autorités sanitaires.Pour autant, "rien n'indique pour le moment que cette nouvelle souche cause un taux de mortalité plus élevé ou qu'elle affecte les vaccins et les traitements, mais des travaux urgents sont en cours pour confirmer cela", ajoute Chris Whitty.L'information "sur cette nouvelle souche est très préoccupante", selon le Pr Peter Openshaw, immunologiste à l'Imperial College de Londres, cité par Science Media Centre. Notamment parce qu'"elle semble de 40% à 70% plus transmissible"."C'est une très mauvaise nouvelle", renchérit le Pr John Edmunds, du London School of Hygiene & Tropical Medicine: "Il semble que ce virus est largement plus infectieux que la souche précédente".Sur sa page Facebook le généticien français Axel Kahn a rappelé qu'à ce jour, "trois cent mille mutants de CoV-2 ont été séquencés dans le monde".La nouvelle souche porte notamment une mutation, nommée N501Y, dans la protéine de la "spicule" du coronavirus, la pointe qui se trouve à sa surface et lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer.Selon le Dr Julian Tang, de l'Université de Leicester, "cette mutation N501Y circulait déjà sporadiquement bien plus tôt cette année en dehors du Royaume-Uni, en Australie en juin-juillet, aux Etats-Unis en juillet et au Brésil en avril". "Les coronavirus mutent tout le temps et il n'est donc pas surprenant que des nouveaux variants du Sars-CoV-2 émergent", rappelle le professeur Julian Hiscox, de l'université de Liverpool. "Le plus important est de chercher à savoir si ce variant a des propriétés qui ont un impact sur la santé des humains, les diagnostics et les vaccins"."Plus il y a de virus produits, donc de personnes infectées, plus il y a de mutations aléatoires et plus grande est la fréquence de mutations avantageuses pour le virus", relève encore le Pr Axel Kahn.Avant d'en savoir plus sur les risques réels posés par la variante apparue à Londres, l'OMS a recommandé dimanche à ses membres au niveau mondial d'accroître leurs capacités de séquençage du virus pour mieux identifier les cas présentant la mutation britannique. Selon l'OMS, outre "des signes préliminaires que la variante pourrait être plus contagieuse", la variante "pourrait aussi affecter l'efficacité de certaines méthodes de diagnostic", là aussi selon "des informations préliminaires".Il n'y a en revanche "aucune preuve d'un changement de la gravité de la maladie", même si ce point fait aussi l'objet de recherches. L'OMS donnera plus d'informations dès qu'elle aura "une vision plus claire des caractéristiques de cette variante", a indiqué une porte-parole dans un courriel à l'AFP.Au niveau mondial, l'organisation onusienne recommande "à tous les pays d'accroître leurs capacités de séquençage du virus Sars-Cov-2 quand c'est possible et de partager les données au niveau international, notamment si les mêmes mutations problématiques sont identifiées".Outre les trois pays ayant repéré sur leur sol la souche venue du Royaume-Uni, "plusieurs autres pays ont signalé à l'OMS d'autres variantes qui portent certains des changements génétiques de la variante britannique", notamment une mutation dite "N501Y", selon l'OMS.L'Afrique du Sud, qui a également signalé une variante problématique vendredi, considère que cette mutation "N501Y" est à l'origine d'un plus grand nombre de contagions.Le pays "mène des recherches supplémentaires pour mieux comprendre le lien", souligne l'OMS.Avec le début attendu de la vaccination, l'ECDC recommande également de surveiller de près les cas de vaccination inefficace, et le cas échéant de procéder à l'identification génétique de la souche des patients concernés.Les Pays-Bas et la Belgique ont décidé dimanche de suspendre tous les vols en provenance du Royaume-Uni après la découverte dans ce pays d'une nouvelle variante "hors de contrôle" du coronavirus, tandis que l'Allemagne envisageait "sérieusement" de prendre des mesures similaires.La nouvelle souche de nouveau coronavirus était "hors de contrôle", a reconnu dimanche le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, justifiant ainsi un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre, qui pourrait, selon lui, durer jusqu'au déploiement d'un vaccin.Les reconfinements décidés à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre interviennent alors qu'à l'approche des fêtes de fin d'année, l'Italie se reconfine entièrement et d'autres pays d'Europe durcissent les mesures prises afin de contenir la troisième vague de la pandémie qui menace.Le gouvernement néerlandais a suspendu, à 06h00 heure locale (05h00 GMT) et jusqu'au 1er janvier, tous les vols de passagers en provenance du Royaume-Uni après la découverte aux Pays-Bas d'un cas de contamination par une variante du coronavirus circulant dans une partie du territoire britannique. La Belgique, elle, suspend les vols et les trains en provenance du Royaume-Uni à partir de dimanche minuit (23H00 GMT).Quant à l'Allemagne, elle envisageait "sérieusement" dimanche une suspension des vols en provenance non seulement du Royaume-Uni mais aussi d'Afrique du Sud après la découverte d'une variante du Covid-19 dans ces pays."Des restrictions du trafic aérien en provenance de Grande-Bretagne et d'Afrique du Sud sont une option sérieuse" examinée par Berlin, a indiqué une source proche du ministère de la Santé.Une nouvelle variante du coronavirus, la "501.V2" a été détectée en Afrique du Sud, qui pourrait expliquer la rapidité des transmissions de cette seconde vague touchant également des patients plus jeunes, avait annoncé vendredi soir le ministre de la Santé, Zwelini Mkhize.Une telle perturbation du trafic aérien et ferroviaire, si elle perdure en janvier, pourrait aggraver les problèmes de transport liés au Brexit, le Royaume-Uni quittant le 31 décembre le marché unique de l'UE, qui garantit la libre circulation à l'intérieur de ses frontières.La suspension des liaisons s'est imposée d'autant plus que le ministre de la Santé britannique lui-même a reconnu que "malheureusement la nouvelle souche était hors de contrôle". "Nous devions reprendre le contrôle, et la seule manière de le faire, est de restreindre les contacts sociaux", a déclaré Matt Hancock sur Sky News. "Ce sera très difficile de la garder sous contrôle jusqu'à ce qu'un vaccin soit déployé", a-t-il estimé.Le Premier ministre britannique Boris Johnson avait déclaré samedi que selon les premières données, le virus qui circule à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre est jusqu'à 70 pour cent plus contagieux que la précédente souche.Déjà soumis à de sévères restrictions, les habitants de la capitale et du sud-est de l'Angleterre vont être placés sous un nouveau niveau d'alerte, le quatrième, le plus élevé. Ils auront pour consigne de rester chez eux et les commerces non essentiels ne pourront plus rouvrir après avoir baissé leur rideau samedi, mettant un terme aux achats de Noël de dernière minute.Les pubs, restaurants et musées y étaient déjà fermés depuis le précédent week-end.L'Italie qui, avec le Royaume-Uni, est le pays d'Europe le plus durement frappé par la pandémie avec plus de 68.000 morts, va, elle aussi, se reconfiner pour les fêtes."Nos experts craignent que la courbe de contagion n'augmente pendant la période de Noël", a expliqué le chef du gouvernement Giuseppe Conte.Toute l'Italie sera classée "rouge" pour les fêtes, mais les Italiens auront le droit de sortir de chez eux pour participer à un repas de famille en nombre limité, a annoncé un décret publié samedi.La Suisse est quant à elle devenue samedi le premier pays d'Europe continentale à autoriser un vaccin contre le Covid-19, le Pfizer/BioNTech. Une décision prise après le feu vert donné au même vaccin par plus de 15 autres pays, dont les Etats-Unis, le Canada, l'Arabie Saoudite, le Bahrein, le Royaume-Uni, la Jordanie, Singapour et le Mexique.Dans l'UE, la campagne de vaccination devrait commencer les 27, 28 et 29 décembre, selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.L'Agence européenne des médicaments se penchera lundi sur le sort du vaccin Pfizer-BioNTech qui devrait être autorisé dans les deux jours par la Commission. L'examen - et la possible autorisation - du vaccin Moderna a été avancé d'une semaine, au 6 janvier.Aux Etats-Unis, l'agence fédérale des médicaments (FDA) a accordé vendredi dans l'urgence une autorisation au vaccin de la firme de biotechnologies Moderna et les premières doses ont commencé à être acheminées samedi vers divers points de ce pays, a dit le responsable de l'opération pour le gouvernement américain.Les Etats-Unis sont confrontés à un rebond spectaculaire de l'épidémie, avec plus de 316.202 morts et plus de 17,65 millions de cas confirmés de Covid-19.La pandémie a fait au moins 1,68 million de morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP dimanche. Derrière les Etats-Unis, le Brésil est le pays le plus endeuillé avec 186.356 morts pour 7,21 millions de cas. L'Inde a dépassé samedi les 10 millions de cas et compte 145.477 morts.