Les hôpitaux français accueillaient jeudi 9.465 personnes malades du Covid dont 894 nouveaux admis entre mercredi et jeudi. Les services de soins critiques, qui traitent les patients les plus gravement atteints, comptabilisent 1.807 malades.
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Les hôpitaux français accueillaient jeudi 9.465 personnes malades du Covid dont 894 nouveaux admis entre mercredi et jeudi. Les services de soins critiques, qui traitent les patients les plus gravement atteints, comptabilisent 1.807 malades.Cet indicateur était passé sous le seuil de 1.000 le 7 juillet, avant d'entamer une lente remontée. Ces dernières 24 heures, 77 décès ont été enregistrés dans les hôpitaux portant le bilan total à 112.533 morts des suites du Covid-19 depuis le début de l'épidémie. Entre mardi et mercredi, 28.544 nouveaux cas de Covid-19 ont été détectés.À ce jour, 70% de la population adulte française est entièrement vaccinée (à titre de comparaison, pour la population adulte belge, ce chiffre atteint les 80,5%). Selon les chiffres de la Direction générale de la santé (DGS), la vaccination contre le Covid-19 s'essouffle avec des rythmes d'injections et de prises de rendez-vous retombés, début août, au plus bas depuis la fin du printemps.Une situation dramatique en Martinique et en Guadeloupe En Martinique et en Guadeloupe, l'épidémie tourne à la catastrophe. Durant les précédentes vagues, "le Covid avait fait très peu de morts aux Antilles et les gens se sont un peu endormis sur le fait que la maladie n'était pas si grave", se souvient François Roques, président de la commission médicale de l'établissement du Centre Hospitalier Universitaire de Martinique.Les gestes barrières se sont peu à peu relâchés, début juillet les vacances ont permis aux familles de se réunir, faire la fête... Poussée par le variant Delta, l'épidémie s'est envolée.Or le système de santé local n'est pas calibré pour affronter un tel emballement. "On a des augmentations de 150% du taux d'incidence d'une semaine à l'autre, c'est sans commune mesure avec ce qui a été connu en métropole, même dans le Grand Est au printemps 2020", fait remarquer le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) de Martinique, Jérôme Viguier.Cette fois, les hôpitaux ne peuvent plus compter sur la solidarité entre territoires pour désengorger leurs lits. "C'est un débordement sidéral et simultané, on est dans une médecine de catastrophe, c'est dramatique", s'alarme le Pr Roques. La principale faille réside dans la faiblesse de la couverture vaccinale: seuls 24,1% des habitants de Martinique et 23,4% de Guadeloupe, contre 70 % au niveau national, selon les chiffres de Santé publique France."Dès le printemps, on a vu que la vaccination avançait moins vite", souligne à l'AFP Alain Fischer, le "Monsieur vaccin" du gouvernement. Avant la pandémie, le "vaccino-scepticisme" y était d'ailleurs déjà plus prononcé qu'en France métropolitaine, avec des couvertures vaccinales moindres contre la grippe ou le papillomavirus.Les dangers du pass sanitairePour Yves Coppieters, le pass sanitaire, désormais obligatoire en France pour accéder aux bars, restaurants, cinémas, hôpitaux, transports, etc. n'est pas la panacée. "J'ai l'impression que les gestes barrière, les protocoles dans les restaurants, les gestes de base que l'on applique encore fortement en Belgique, ont pratiquement disparu dans les lieux touristiques à forte affluence alors que le masque par exemple est toujours obligatoire." L'épidémiologiste estime qu'il est contre-productif de continuer à ajouter des stratégies complémentaires. "C'est comme si on ne faisait pas confiance aux stratégies antérieures qu'on avait mises en place. L'avantage de la Belgique, c'est qu'il y a une continuité dans les stratégies, c'est-à-dire que l'on sensibilise à la vaccination, que l'on maintient les protocoles dans les lieux publics", déclare-t-il au Vif. Selon lui, le pass sanitaire entraîne un clivage dans la population. "Il donne une fausse sécurité à ses détenteurs. Le danger, c'est de croire que parce qu'on est dans un lieu avec un pass sanitaire, on est en sécurité parce que tout le monde est soit vacciné, soit négatif au coronavirus." La clé d'un lieu sécurité, ce n'est pas le pass sanitaire, mais l'application de protocoles dans les lieux : "nous savons que les personnes vaccinées contribuent aussi à la circulation du virus. L'erreur, c'est d'omettre d'appliquer d'autres stratégies en parallèle telles que la distanciation, le nombre de personnes, le port du masque, etc..", explique Yves Coppieters.Avec l'AFP