La Chine massivement testée
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La Chine massivement testéeEn dépit d'être le premier pays touché par la Covid-19, la Chine a rapidement su reprendre le contrôle de la situation pour lutter contre la maladie. Aujourd'hui encore, alors que de nombreux États font face à une seconde vague, l'Empire du Milieu présente un taux de nouveaux cas quotidiens assez bas, à raison d'une vingtaine de nouveaux cas ce lundi 12 octobre. Le gouvernement chinois n'a également annoncé aucun nouveau décès du coronavirus depuis le 17 avril dernier. La raison de ce "succès" ? Son système centralisé de riposte aux épidémies.Déjà victime du SRAS-CoV, premier agent infectieux de type coronavirus apparu en novembre 2002, la Chinereste traumatisée. Les citoyens se souviennent encore du taux de mortalité élevé qui était associé à ce premier coronavirus. Cette expérience a certainement joué un rôle crucial dans la lutte contre la Covid-19.Le gouvernement a en effet réagi très rapidement pour arrêter la transmission du virus : fermeture des écoles, verrouillage strict de plusieurs grosses villes, installation de milliers de points de contrôle sanitaires à travers le pays, interruption des services de transport public, généralisation du port du masque obligatoire, et testing massif de la population. Le tout sans oublier que la Chine est le plus grand fabricant mondial d'équipements de protection individuelle. En un mois à peine, le pays a ainsi adopté une série de contre-mesures rigoureuses. D'autres pays, même s'ils ont eu plus de temps pour se préparer, ont tardé à réagir, et c'est sans doute cela qui leur a fait perdre le contrôle de la situation.Aujourd'hui, le pays poursuit sa lutte contre le virus. Et ce, malgré les chiffres encourageants. La ville de Qingdao, dans l'est de la province du Shandong, a ainsi annoncé son intention de tester chacun de ses neuf millions d'habitants dans les cinq jours, après la découverte dimanche de six cas d'infection, alimentant les craintes d'une résurgence de l'épidémie. Selon les autorités sanitaires locales, toutes les personnes contaminées semblent avoir un lien avec un hôpital de la ville qui traite des patients du Covid-19. Mais le foyer d'infection n'est pour le moment pas connu.En mai dernier, la Chine avait également testé toute la ville de Wuhan - qui abrite 11 millions de personnes et est l'épicentre de la pandémie mondiale. Des centaines de centres de test ont ainsi été ouverts, avec des milliers de membres du personnel de testing impliqués.En Inde, un taux de décès relativement basCe dimanche, le nombre de cas confirmés de coronavirus en Inde a dépassé le seuil des 7 millions, avec 67 757 nouveaux cas et 813 morts recensés en un jour. Si les chiffres continuent de grimper à cette vitesse, l'Inde devrait devenir le pays le plus touché par la pandémie dans les semaines à venir, dépassant les États-Unis, où plus de 7,7 millions d'infections ont été signalées.Un scénario qui semble aujourd'hui dramatique, mais qui n'est néanmoins pas le symbole d'un désastre complet. Si le taux de nouveaux cas est particulièrement élevé, le nombre de personnes décédées de la Covid-19 reste relativement faible en Asie du Sud et du Sud-Est - de l'Inde au Vietnam et à Taiwan - par rapport aux pays européens et aux États-Unis, a déclaré le Dr Randeep Guleria, un expert en santé du gouvernement."Nous avons été en mesure de maintenir une progression lente de la courbe, sans pour autant parvenir à la faire descendre de manière brutale. Cela est lié à notre densité de population, à la diversité de notre pays et aux défis socio-économiques de notre pays", a-t-il ainsi déclaré, dans des propos repris par France 24.Certains experts disent cependant que le nombre de morts en Inde n'est peut-être pas fiable en raison de la médiocrité des rapports et des infrastructures sanitaires et des tests inadéquats.Éviter le scénario européen ?Depuis son apparition en Chine, la pandémie a fait au moins 1.075.493 morts dans le monde selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles lundi matin. En Europe, la situation continue de se dégrader. Un automne "plus dur" se profile avec une remontée du nombre de cas et de morts du Covid-19 dans de nombreuses régions.Face à un regain de cas, le Royaume-Uni, pays le plus durement touché d'Europe avec plus de 42.800 morts, se prépare à durcir les restrictions, après avoir enregistré dimanche près de 13.000 nouveaux cas. Boris Johnson doit ainsi annoncer dans l'après-midi un nouveau système avec trois niveaux d'alerte qui déterminera les mesures à appliquer dans les régions anglaises selon la propagation du nouveau coronavirus.Le nouveau système d'alerte prévoit de diviser l'Angleterre en différents niveaux d'alerte, "moyen", "élevé" et "très élevé", selon la diffusion du virus, ce qui déterminera les mesures à appliquer localement. "C'est un moment critique et il est absolument vital que chacun suive les directives claires que nous avons données pour aider à contenir le virus", a déclaré un porte-parole de Downing Street.En France, deux nouvelles grandes villes, Toulouse et Montpellier dans le Sud vont être placées à partir de mardi en "alerte maximale", ont annoncé les autorités. Les nouvelles contaminations (plus de 16.000 au cours des dernières 24 heures) ne cessent d'augmenter, de même que les admissions en réanimation (1.483 patients dimanche, un record depuis mai).Le Premier ministre Jean Castex n'a pas exclu lundi de procéder à des reconfinements dans certaines régions, estimant que "rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux".Et deux régions espagnoles frontalières de la France, la Catalogne et la Navarre, vont renforcer leurs restrictions à partir de mardi. Les réunions seront notamment limitées à six personnes en Navarre, tandis que bars et restaurants vont devoir fermer à 22H. Cinémas, théâtres et librairies devront réduire leur fréquentation à 30% et les supermarchés à 40%. En Catalogne, les autorités ont appelé les entreprises à encourager le télétravail et les universités à éviter les cours présentiels.En revanche, l'Italie, premier pays touché en Europe, envisage d'alléger son protocole sanitaire anti-Covid-19 en réduisant notamment la quarantaine à dix jours.Les Etats-Unis restent le pays le plus endeuillé, avec plus de 214.000 décès, et 7,7 millions de cas dont Donald Trump lui-même.(avec AFP)