Le 6 novembre, les Américains se rendront aux urnes. Outre les élections fédérales au Sénat et à la Chambre des représentants, de nouveaux parlements et gouverneurs seront élus dans de nombreux États. A première vue, de telles élections semblent purement locales, mais rien n'est moins vrai. En effet, il est fort possible que ces élections aient un impact majeur sur l'équilibre politique du pouvoir à Washington au cours des dix prochaines années.
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Le 6 novembre, les Américains se rendront aux urnes. Outre les élections fédérales au Sénat et à la Chambre des représentants, de nouveaux parlements et gouverneurs seront élus dans de nombreux États. A première vue, de telles élections semblent purement locales, mais rien n'est moins vrai. En effet, il est fort possible que ces élections aient un impact majeur sur l'équilibre politique du pouvoir à Washington au cours des dix prochaines années.Système électoral contesté Aux États-Unis, l'électorat élit tous les deux ans un représentant à la Chambre des représentants. Pour le président, une majorité au sein de cette Assemblée est d'une importance capitale pour l'approbation des propositions de la loi. Du coup, les personnes qui siègent à la Chambre des représentants sont cruciales pour l'équilibre des pouvoirs dans la politique américaine.Chaque État choisit un nombre spécifique de députés pour l'Assemblée, en fonction de la population. Plus la population d'un État est nombreuse, plus il y a de représentants envoyés à Washington. Avant les élections, chaque État est divisé en un certain nombre de districts. Celui qui obtient le plus de voix dans un district gagne la bataille et devient l'un des 435 représentants fédéraux.Mais la façon dont ces districts sont divisés est primordiale pour les opportunités d'un parti. Supposons qu'un État compte 50 électeurs (voir l'image ci-dessous), dont 20 votent pour les démocrates et 30 pour les républicains (situation 1). Si celui-ci est divisé en cinq districts selon la préférence du parti (situation 2), trois districts auront un représentant républicain à Washington et deux districts auront un représentant démocrate. C'est une représentation juste de la façon dont les gens ont voté dans cet État.Le système de Gerrymandering ou découpage opportuniste expliqué Cependant, la politique est un jeu de pouvoir. En faisant preuve de créativité, les détenteurs de pouvoir peuvent diviser les circonscriptions de manière à ce que les proportions tournent à leur avantage. En répartissant stratégiquement les électeurs de l'adversaire politique entre les circonscriptions où la victoire est déjà acquise, il est parfaitement possible d'annuler le vote de l'adversaire.Comment cela fonctionne-t-il exactement ? Si les dirigeants découpent une circonscription en six électeurs républicains et quatre démocrates, les républicains obtiennent toujours la majorité et donc la totalité des cinq sièges (situation 3). Bien entendu, il ne s'agit pas d'une représentation juste des proportionnelles préférentielles dans l'ensemble de l'État.Il est également possible de découper les circonscriptions de manière à ce que les démocrates aient trois membres élus, alors que les républicains n'auront plus que deux membres (situation 4). Bien que dans certains États, des commissions indépendantes aient été créées pour prévenir de telles pratiques contraires à l'éthique, il est encore possible, dans de nombreux États, de redessiner de façon créative les limites des districts.Ce mécanisme s'appelle le gerrymandering, du nom de l'ancien gouverneur du Massachusetts, Elbridge Gerry. En 1812, ce dernier décide de découper les circonscriptions pour favoriser son parti. Comme le découpage fait penser à la façon dont une salamandre serpente, il a donné lieu au mot gerrymandering.Les républicains donnent l'exemple C'est exactement ce qu'a fait le Parti républicain lorsqu'il a remporté les élections de l'État et du gouverneur en 2010. Le Grand Old Party a alors réussi à prendre onze postes de gouverneur aux démocrates et a obtenu à nouveau la majorité pour la première fois depuis 2006.Les républicains n'ont pas baissé les bras. Cela a eu des conséquences profondes dans sept États où les républicains ont réussi à redessiner les circonscriptions de manière créative. Le parti républicain a obtenu un total de 16,7 millions de voix, les démocrates 16,4 millions. Mais malgré cette différence relativement faible, les républicains ont conquis 73 sièges grâce au "gerrymandering", alors que les démocrates n'en ont obtenu que 34. Est-ce fondamentalement injuste ? Absolument. S'agit-il d'une réalité politique dont se servent les deux partis? Aussi.Aujourd'hui, ce sont les parlements des États et les gouverneurs qui ont le pouvoir de redistribuer les circonscriptions. Cela se fait sur la base d'un recensement qui a lieu tous les dix ans. Le prochain est prévu pour le 1er avril 2020, également connu sous le nom de National Census Day. Quiconque parviendra mardi prochain à conquérir une part importante des gouverneurs et des parlements pourra donc contrôler les districts - et, par extension, le pouvoir à la Chambre des représentants fédérale - jusqu'en 2030.Les démocrates sont déjà déterminés à briser l'hégémonie du parti républicain. Malgré le fait que le président américain Donald Trump peut se targuer d'excellents résultats économiques, cela ne semble pas très bon pour son parti. La question n'est pas de savoir s'il y aura une vague bleue, mais quelle sera son ampleur.Élections des gouverneurs Les nouveaux gouverneurs sont élus dans 36 états. Actuellement, les républicains fournissent le gouverneur dans 26 états, les démocrates en possèdent neuf, et un poste est actuellement occupé par un candidat indépendant qui part à la retraite. Comme les républicains disposent d'une telle majorité, ils risquent beaucoup plus de devoir renoncer à leur poste de gouverneur que les démocrates.D'après le dernier sondage du site FiveThirtyEight, les démocrates seront très probablement en mesure d'obtenir 15 des 36 postes. Les républicains sont relativement sûrs du même nombre de gouverneurs. Dans six États, la course est actuellement trop serrée pour faire un pronostic fiable, bien que deux d'entre eux semblent évoluer vers les républicains.Dans tout le pays, on s'attend à ce que les démocrates comptent 24 (+8) gouverneurs, les républicains 26 (-7). Bien que les républicains auront toujours plus de gouverneurs, ce serait une défaite symbolique importante.Élections parlementaires Les élections des législatures d'État risquent également d'être serrées. Actuellement, les républicains de 31 états américains sont majoritaires au Sénat et à la Chambre des représentants. Les démocrates sont majoritaires dans les deux chambres dans 14 États. Dans quatre États, ni l'un ni l'autre n'a de majorité dans les deux. Le Minnesota est l'outsider, parce qu'il y a exactement autant de républicains que de démocrates au Sénat.Il est remarquable qu'un grand nombre de femmes se présentent. Environ 35% des candidats sont des femmes - un record, comme lors des élections du Congrès. L'ancien président américain Barack Obama s'est rendu dans certains États clés pour valider la candidature de ses collègues du parti. Dans de nombreux États, on s'attend à ce que les démocrates reconquièrent une ou plusieurs chambres aux républicains. Même là où aucun parti n'est actuellement majoritaire, les démocrates semblent obtenir de meilleurs résultats. Mardi, on connaîtra l'ampleur de la vague démocrate et de la défaite de Donald Trump.