"Le parti de gouvernement s'attache à bloquer, à empêcher que des accords soient trouvés (...) et le gouvernement national suit ses instructions à la lettre", a regretté mardi soir dans un communiqué le Comité national de grève, qui a appelé à une nouvelle journée de protestations mercredi.

Dans la matinée, Fabio Arias, un des porte-parole du ce Comité - qui réunit notamment des syndicalistes, des étudiants, des mouvements indigènes - avait pourtant déclaré qu'étaient en cours "des rapprochements pour lever les barrages" érigés par des manifestants et qui bloquent des axes routiers depuis plusieurs semaines. En fin de journée, le conseiller présidentiel Emilio Archila a rétorqué que "sans demander l'impossible, ces blocages doivent disparaître" pour parvenir à des progrès dans une éventuelle négociation.

Plusieurs séries de pourparlers entre le gouvernement du président conservateur Ivan Duque et le Comité national de grève ont eu lieu depuis le 7 mai, sans pour autant permettre de trouver un accord préalable pour entamer des négociations sur le fond. Le gouvernement exige avant de négocier la levée des barrages qui paralysent de nombreux axes routiers, en particulier dans le sud-ouest, provoquant pénuries et exaspération d'une partie de la population.

De leur côté, les protestataires réclament une condamnation officielle des brutalités policières et des "garanties pour manifester" en sécurité. Mais le Comité national de grève, l'organisme initiateur du mouvement de contestation lancé le 28 avril, ne représente pas l'ensemble des secteurs en révolte contre le gouvernement.

Fabio Arias a ainsi souligné que le Comité ne donnait pas d'"ordres", mais des "signaux" aux groupes protestataires qui ont décidé de manière autonome de bloquer les routes pour s'opposer au gouvernement. Toutefois, un accord avec l'instance la plus visible des manifestants serait perçu comme une étape importante vers un désamorçage de la crise qui a fait au moins 59 morts, dont deux policiers, et plus de 2.300 blessés, tandis que 111 personnes sont portées disparues, selon des chiffres officiels.

"Nous ne nous rendons pas"

"La jeunesse de Cali indique que les personnes du Comité de grève ne nous représentent pas. Nous ne nous rendons pas", a réagi à la radio locale W Radio, Andrés Velásquez, à la tête d'un barrage dans cette grande ville du sud-ouest, devenue l'épicentre de la contestation et où le gouvernement a décidé samedi de déployer l'armée.

Le ministre de la Défense, Diego Molano, a affirmé mardi que le nombre des barrages routiers sur le territoire colombien était passé de "800 la première semaine" à "36 aujourd'hui". La fronde sociale a d'abord éclaté contre un projet de réforme fiscale visant à augmenter la TVA et à élargir la base de l'impôt sur le revenu alors que la crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus, qui a appauvri de nombreux Colombiens, est loin d'être terminée. Le projet a depuis été retiré.

Le soulèvement s'est ensuite transformé en un mouvement de contestation des brutalités policières au cours des manifestations et en des appels à plus de justice sociale dans un pays figurant parmi ceux où les inégalités sont les plus grandes en Amérique latine.

Vendredi, la crise a connu un nouveau tournant avec la mort de 13 personnes en une seule journée à Cali, la troisième plus grande ville de Colombie (2,2 millions d'habitants). Des civils portant des gilets pare-balles et munis de pistolets et de fusils ont notamment tiré sur les manifestants, sous les yeux de la police.

Cette situation a poussé la Haute-représentante de l'ONU pour les droits de l'homme, Michelle Bachelet, à demander une "enquête indépendante" sur les affrontements à Cali. "On ne peut pas continuer à voir des images de policiers tirant sur les manifestants, de civils tirant sur les manifestants", a dénoncé Francisco Maltés, un dirigeant syndical et un des porte-parole du Comité.

Cette crise soudaine, la plus violente qu'a dû affronter jusque-la le président Duque dont le mandat s'achève en 2022, a révélé la colère d'une partie de la jeunesse politisée, appauvrie par l'épidémie et qui réclame un Etat plus solidaire.

En 2019, un an après l'élection présidentielle, les étudiants étaient déjà descendus dans la rue pour réclamer un enseignement public gratuit et de qualité, des emplois et plus d'égalité.

"Le parti de gouvernement s'attache à bloquer, à empêcher que des accords soient trouvés (...) et le gouvernement national suit ses instructions à la lettre", a regretté mardi soir dans un communiqué le Comité national de grève, qui a appelé à une nouvelle journée de protestations mercredi. Dans la matinée, Fabio Arias, un des porte-parole du ce Comité - qui réunit notamment des syndicalistes, des étudiants, des mouvements indigènes - avait pourtant déclaré qu'étaient en cours "des rapprochements pour lever les barrages" érigés par des manifestants et qui bloquent des axes routiers depuis plusieurs semaines. En fin de journée, le conseiller présidentiel Emilio Archila a rétorqué que "sans demander l'impossible, ces blocages doivent disparaître" pour parvenir à des progrès dans une éventuelle négociation. Plusieurs séries de pourparlers entre le gouvernement du président conservateur Ivan Duque et le Comité national de grève ont eu lieu depuis le 7 mai, sans pour autant permettre de trouver un accord préalable pour entamer des négociations sur le fond. Le gouvernement exige avant de négocier la levée des barrages qui paralysent de nombreux axes routiers, en particulier dans le sud-ouest, provoquant pénuries et exaspération d'une partie de la population. De leur côté, les protestataires réclament une condamnation officielle des brutalités policières et des "garanties pour manifester" en sécurité. Mais le Comité national de grève, l'organisme initiateur du mouvement de contestation lancé le 28 avril, ne représente pas l'ensemble des secteurs en révolte contre le gouvernement. Fabio Arias a ainsi souligné que le Comité ne donnait pas d'"ordres", mais des "signaux" aux groupes protestataires qui ont décidé de manière autonome de bloquer les routes pour s'opposer au gouvernement. Toutefois, un accord avec l'instance la plus visible des manifestants serait perçu comme une étape importante vers un désamorçage de la crise qui a fait au moins 59 morts, dont deux policiers, et plus de 2.300 blessés, tandis que 111 personnes sont portées disparues, selon des chiffres officiels. "Nous ne nous rendons pas""La jeunesse de Cali indique que les personnes du Comité de grève ne nous représentent pas. Nous ne nous rendons pas", a réagi à la radio locale W Radio, Andrés Velásquez, à la tête d'un barrage dans cette grande ville du sud-ouest, devenue l'épicentre de la contestation et où le gouvernement a décidé samedi de déployer l'armée. Le ministre de la Défense, Diego Molano, a affirmé mardi que le nombre des barrages routiers sur le territoire colombien était passé de "800 la première semaine" à "36 aujourd'hui". La fronde sociale a d'abord éclaté contre un projet de réforme fiscale visant à augmenter la TVA et à élargir la base de l'impôt sur le revenu alors que la crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus, qui a appauvri de nombreux Colombiens, est loin d'être terminée. Le projet a depuis été retiré. Le soulèvement s'est ensuite transformé en un mouvement de contestation des brutalités policières au cours des manifestations et en des appels à plus de justice sociale dans un pays figurant parmi ceux où les inégalités sont les plus grandes en Amérique latine. Vendredi, la crise a connu un nouveau tournant avec la mort de 13 personnes en une seule journée à Cali, la troisième plus grande ville de Colombie (2,2 millions d'habitants). Des civils portant des gilets pare-balles et munis de pistolets et de fusils ont notamment tiré sur les manifestants, sous les yeux de la police. Cette situation a poussé la Haute-représentante de l'ONU pour les droits de l'homme, Michelle Bachelet, à demander une "enquête indépendante" sur les affrontements à Cali. "On ne peut pas continuer à voir des images de policiers tirant sur les manifestants, de civils tirant sur les manifestants", a dénoncé Francisco Maltés, un dirigeant syndical et un des porte-parole du Comité. Cette crise soudaine, la plus violente qu'a dû affronter jusque-la le président Duque dont le mandat s'achève en 2022, a révélé la colère d'une partie de la jeunesse politisée, appauvrie par l'épidémie et qui réclame un Etat plus solidaire. En 2019, un an après l'élection présidentielle, les étudiants étaient déjà descendus dans la rue pour réclamer un enseignement public gratuit et de qualité, des emplois et plus d'égalité.