Selon un sondage de CNN/ORC de décembre dernier, 69% des Américains étaient "très en colère" ou "plutôt en colère" au sujet de "la manière dont les choses se déroulent" aux Etats-Unis. La même proportion (69%) se déclarait en colère parce que le système politique "semble fonctionner uniquement pour les initiés avec argent et pouvoir, comme ceux de Wall Street ou de Washington", selon un sondage NBC/Wall Street Journal datant du mois de novembre. Ils se déclarent aussi plus en colère qu'un an auparavant. Du coup, les certains candidats en profitent pour adapter leur rhétorique et leur discours.
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Selon un sondage de CNN/ORC de décembre dernier, 69% des Américains étaient "très en colère" ou "plutôt en colère" au sujet de "la manière dont les choses se déroulent" aux Etats-Unis. La même proportion (69%) se déclarait en colère parce que le système politique "semble fonctionner uniquement pour les initiés avec argent et pouvoir, comme ceux de Wall Street ou de Washington", selon un sondage NBC/Wall Street Journal datant du mois de novembre. Ils se déclarent aussi plus en colère qu'un an auparavant. Du coup, les certains candidats en profitent pour adapter leur rhétorique et leur discours. La BBC fait le point sur ce sentiment de colère en cinq points."L'échec de l'économie à livrer un véritable projet à la classe moyenne et à la classe ouvrière depuis 15 ans est la source principale de la colère du public", explique William Galtson, un expert dans les études de gouvernance, à la BBC. Le pays semble être sorti de la récession, mais les citoyens en ressentent encore les effets dans leur portefeuille. De manière générale, le revenu des ménages stagne depuis 15 ans. Selon Galtson, les Américains ont également le sentiment que de nombreux boulots sont de faible qualité et que les opportunités manquent.La démographie des Etats-Unis change. Près de 59 millions d'immigrés sont arrivés sur le sol américain depuis 1965, pas tous légalement. Le pourcentage de blancs non hispaniques aux Etats-Unis est passé de 84% à 62% en quarante ans, selon des chiffres de Pew Research. Et cette tendance se poursuit. Les Etats-Unis ont traversé une "ère de grand changement démographique, racial, culturel, religieux et générationnel", explique Paul Taylor, auteur de The Next America, à la BBC. Les Etats-Unis comptent actuellement plus de 11 millions de migrants illégaux. Ces derniers deviennent une cible de la colère des citoyens américains. On peut le constater notamment dans le discours de Donald Trump qui a arrêté de viser les Mexicains, mais plutôt les musulmans après la fusillade de San Bernardino. Lorsque l'on demande aux Américains s'ils ont confiance dans leur gouvernement, 89% des Républicains et 72% des Démocrates répondent "parfois" ou "jamais", selon des chiffres de Pew Research. Selon un autre sondage, les Américains sont 6 sur 10 à penser que le gouvernement a trop de pouvoir. Le gouvernement a même été désigné problème numéro 1 du pays deux années de suite, devant l'économie, l'immigration et l'emploi, selon l'organisation Gallup. Certains candidats comme Donald Trump ou Bernie Sanders montrent dès lors leur volonté, dans des styles complètement différents, de rompre avec un système politique vu comme défaillant. Ted Cruz, le candidat républicain victorieux au caucus de l'Iowa, se déclare aussi comme un candidat "anticonformiste", en disant que sa victoire est "une victoire pour tous les Américains qui sont consternés par des politiciens carriéristes qui ne les écoutent pas ou ne tiennent pas leurs engagements". Les Etats-Unis ont l'habitude d'être considérés comme une superpuissance mondiale. De moins en moins d'Américains pensent que leur pays est le meilleur du monde. 70% d'entre eux pensent même qu'il perd le respect à l'échelle internationale. Les quinze dernières années n'ont pas été fabuleuses "en termes de politique étrangère. Il y a ce sentiment d'être en guerre depuis les attentats du 11 septembre qui n'est pas jamais parti", selon Roberto Suro, un expert en immigration de l'université de Caroline du Sud. La montée en puissance de la Chine, l'échec à vaincre les talibans et les progrès trop faibles dans la lutte contre l'EI contribuent à ces inquiétudes. Le gouffre idéologique entre Républicains et Démocrates est plus grand que jamais. Selon une étude, la vision négative que les Américains ont du parti adverse a doublé. L'animosité entre les deux camps est également plus profonde. Beaucoup d'Américains affirment qu'ils seraient malheureux si un parent proche épousait une personne d'une autre tendance politique. Cette polarisation rend aussi les débats houleux sur des sujets importants tels que l'immigration, la santé et le contrôle des armes à feu.