Qui cause ces violences ?

A l'origine, ces heurts étaient majoritairement le fait d'unionistes en majorité protestants, fervents défenseurs du rattachement de la province au Royaume-Uni. La police locale a prévenu que se trouvaient parmi eux des groupes paramilitaires susceptibles d'attiser les tensions.

En face, les républicains, surtout catholiques, partisans d'une réunification avec la République d'Irlande, ont répondu à la violence mercredi, et les deux clans se sont mutuellement attaqués à coup de bombes à essence et projectiles.

-Où ont eu lieu ces heurts ?

Les violences ont éclaté la semaine dernière dans la ville de Londonderry, avant de s'étendre pendant le weekend et lundi à Belfast et aux zones périphériques. Les derniers troubles mercredi soir se sont concentrés sur la "ligne de paix", une série de murs qui séparent les quartiers loyalistes et unionistes.

Pourquoi les unionistes sont-ils en colère ?

Une grande partie de la colère est causée par le nouveau protocole sur l'Irlande du Nord, un texte découlant du Brexit signé après d'âpres négociations entre Londres et Bruxelles, qui crée de facto une frontière entre la province britannique et l'île de Grande-Bretagne.

"Il ne fait aucun doute que le Brexit et l'avènement du protocole ont considérablement endommagé l'équilibre des forces", explique à l'AFP le professeur en politique Duncan Morrow, de l'Université d'Ulster, estimant que "cela couvait depuis des mois".

Pourquoi mettre en place ce protocole?

Unionistes et républicains se sont déjà affrontés pendant trois décennies sanglantes, appelées les "Troubles", qui ont fait plus de 3.500 morts avant qu'un accord de paix ne soit signé en 1998.

Ce texte affirme entre autres qu'aucune frontière physique ne peut exister entre la province britannique et la République d'Irlande, un casse-tête à résoudre avec le Brexit qui a introduit des contrôles douaniers entre Royaume-Uni et Union européenne.

Le protocole nord-irlandais visait à résoudre ce problème: il maintient de fait la province britannique dans l'union douanière et le marché unique européens, au prix de contrôles des marchandises venus de Grande-Bretagne dans les ports nord-irlandais.

Quel impact au quotidien ?

Depuis sa mise en oeuvre en janvier, le protocole a perturbé les échanges commerciaux et provoqué des pénuries alimentaires dans la province.

Malgré une période de grâce destinée à leur permettre de s'adapter, les nouveaux contrôles ont semé la confusion dans les entreprises, certains fournisseurs britanniques refusant d'expédier des marchandises à travers la mer d'Irlande, que ce soit pour les supermarchés ou la vente en ligne.

Qu'adviendra-t-il du protocole ?

L'Union européenne insiste sur le fait que cet accord est définitif, et a d'ailleurs déjà engagé une procédure judiciaire contre le Royaume-Uni, qu'elle accuse d'avoir enfreint ses règles en annonçant unilatéralement un report de six mois des contrôles douaniers.

Mais le Parti unioniste démocrate (DUP) a déposé un recours juridictionnel, affirmant que ce protocole est incompatible avec le texte fondateur qu'est l'Union Act, responsable de la fusion en 1800 de la Grande-Bretagne et du royaume d'Irlande, ainsi qu'avec les Accords du Vendredi saint de 1998.

Sur le long terme, le protocole pourrait être révoqué grâce au mécanisme de "consentement" inclus dans le texte même, qui donne à partir de 2025 à l'Assemblée locale le pouvoir, par un vote majoritaire, de mettre fin à son application.

Le Brexit est-il le seul problème ?

Après avoir perdu en 2017 leur majorité historique au Parlement local, les unionistes ont le sentiment d'être une minorité assiégée.

Attisant les tensions, les autorités nord-irlandaises ont décidé de ne pas poursuivre des responsables du parti républicain Sinn Fein qui avaient assisté aux obsèques d'un ancien chef paramilitaire malgré les restrictions contre le coronavirus.

La paix est-elle en menacée ?

Les experts craignent que le Brexit ne soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase, redoutant que cette paix durement acquise ne cède face au ressentiment. "Il est très difficile de voir où cela va nous mener, si ce n'est à une frustration et une colère croissantes", a averti le professeur Morrow.

A l'origine, ces heurts étaient majoritairement le fait d'unionistes en majorité protestants, fervents défenseurs du rattachement de la province au Royaume-Uni. La police locale a prévenu que se trouvaient parmi eux des groupes paramilitaires susceptibles d'attiser les tensions. En face, les républicains, surtout catholiques, partisans d'une réunification avec la République d'Irlande, ont répondu à la violence mercredi, et les deux clans se sont mutuellement attaqués à coup de bombes à essence et projectiles. -Où ont eu lieu ces heurts ?Les violences ont éclaté la semaine dernière dans la ville de Londonderry, avant de s'étendre pendant le weekend et lundi à Belfast et aux zones périphériques. Les derniers troubles mercredi soir se sont concentrés sur la "ligne de paix", une série de murs qui séparent les quartiers loyalistes et unionistes.Une grande partie de la colère est causée par le nouveau protocole sur l'Irlande du Nord, un texte découlant du Brexit signé après d'âpres négociations entre Londres et Bruxelles, qui crée de facto une frontière entre la province britannique et l'île de Grande-Bretagne."Il ne fait aucun doute que le Brexit et l'avènement du protocole ont considérablement endommagé l'équilibre des forces", explique à l'AFP le professeur en politique Duncan Morrow, de l'Université d'Ulster, estimant que "cela couvait depuis des mois".Unionistes et républicains se sont déjà affrontés pendant trois décennies sanglantes, appelées les "Troubles", qui ont fait plus de 3.500 morts avant qu'un accord de paix ne soit signé en 1998. Ce texte affirme entre autres qu'aucune frontière physique ne peut exister entre la province britannique et la République d'Irlande, un casse-tête à résoudre avec le Brexit qui a introduit des contrôles douaniers entre Royaume-Uni et Union européenne. Le protocole nord-irlandais visait à résoudre ce problème: il maintient de fait la province britannique dans l'union douanière et le marché unique européens, au prix de contrôles des marchandises venus de Grande-Bretagne dans les ports nord-irlandais. Depuis sa mise en oeuvre en janvier, le protocole a perturbé les échanges commerciaux et provoqué des pénuries alimentaires dans la province. Malgré une période de grâce destinée à leur permettre de s'adapter, les nouveaux contrôles ont semé la confusion dans les entreprises, certains fournisseurs britanniques refusant d'expédier des marchandises à travers la mer d'Irlande, que ce soit pour les supermarchés ou la vente en ligne. L'Union européenne insiste sur le fait que cet accord est définitif, et a d'ailleurs déjà engagé une procédure judiciaire contre le Royaume-Uni, qu'elle accuse d'avoir enfreint ses règles en annonçant unilatéralement un report de six mois des contrôles douaniers. Mais le Parti unioniste démocrate (DUP) a déposé un recours juridictionnel, affirmant que ce protocole est incompatible avec le texte fondateur qu'est l'Union Act, responsable de la fusion en 1800 de la Grande-Bretagne et du royaume d'Irlande, ainsi qu'avec les Accords du Vendredi saint de 1998. Sur le long terme, le protocole pourrait être révoqué grâce au mécanisme de "consentement" inclus dans le texte même, qui donne à partir de 2025 à l'Assemblée locale le pouvoir, par un vote majoritaire, de mettre fin à son application.Après avoir perdu en 2017 leur majorité historique au Parlement local, les unionistes ont le sentiment d'être une minorité assiégée. Attisant les tensions, les autorités nord-irlandaises ont décidé de ne pas poursuivre des responsables du parti républicain Sinn Fein qui avaient assisté aux obsèques d'un ancien chef paramilitaire malgré les restrictions contre le coronavirus. Les experts craignent que le Brexit ne soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase, redoutant que cette paix durement acquise ne cède face au ressentiment. "Il est très difficile de voir où cela va nous mener, si ce n'est à une frustration et une colère croissantes", a averti le professeur Morrow.