Il renvoyait l'image d'un dirigeant fantasque et méprisant. Il s'est révélé comme un redoutable stratège. Le Premier ministre conservateur britannique, Boris Johnson, a réussi son pari : ressouder son parti, à défaut de la nation, et, enfin, réaliser le Brexit, que ses partisans attendent depuis trois ans et demi. En regard de l'austère et sincère Theresa May, il aura engrangé des succès partout où elle a connu des échecs : renégocier l'accord de divorce avec l'Union européenne (bien que les gains récoltés furent plus symboliques que substantiels), rassembler une majorité à la Chambre des communes pour approuver le Brexit, remporter des élections générales avec une avance confortable, traduire dans les faits la volonté des vainqueurs du référendum du 23 juin 2016. Le Brexit deviendra bien une réalité le 1er février 2020. Et Boris Johnson s'affichera dans la foulée comme le maître d'un nouveau Royaume-Uni. Mais les fractures au sein la société demeureront criantes.

Avec au moins 364 sièges sur les 650 de la Chambre des Communes, le Parti conservateur peut désormais appliquer sans restriction sa politique et ne plus être soumis à la menace du Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord comme il le fut dans la législature précédente. Boris Johnson peut aussi se targuer d'avoir infligé une cuisante défaite à son principal adversaire, Jeremy Corbyn. Le chef du Parti travailliste (203 élus, soit 59 de moins) paye son indécision sur la sortie de l'Union européenne et l'incompréhension de sa base qui y était largement favorable. La logique voudrait qu'il démissionne de ses fonctions et permette à sa formation de retrouver un nouvel élan, débarrassé du soupçon d'antisémitisme latent que Corbyn n'a pas su ou voulu combattre.

Revers de la médaille pour Boris Johnson, la bataille du Brexit a renforcé le Parti nationaliste écossais (SNP, 55 sièges contre 35 aux élections de 2017) et corollairement le poids des indépendantistes. L'opposition au retrait de l'Union européenne qui s'est affirmée à cette occasion fournit un nouvel argument à Nicola Sturgeon, la présidente du SNP, pour justifier la tenue d'un référendum d'indépendance, qu'elle a demandé dès vendredi matin, et donc de mettre en péril à terme l'unité du Royaume. D'autant que les modalités du Brexit annoncé ne satisfont pas la principale force politique d'Irlande du Nord, le Parti unioniste démocrate, qui dès lors pourrait constituer un obstacle au Parti conservateur après avoir été son allié.

Boris Johnson a gagné une bataille. Mais à quel prix ? L'avenir dira si les négociations qui vont s'ouvrir avec l'Union européenne sur la nature des relations futures avec le Royaume-Uni permettront de raffermir son unité et éviter sa dislocation.

Il renvoyait l'image d'un dirigeant fantasque et méprisant. Il s'est révélé comme un redoutable stratège. Le Premier ministre conservateur britannique, Boris Johnson, a réussi son pari : ressouder son parti, à défaut de la nation, et, enfin, réaliser le Brexit, que ses partisans attendent depuis trois ans et demi. En regard de l'austère et sincère Theresa May, il aura engrangé des succès partout où elle a connu des échecs : renégocier l'accord de divorce avec l'Union européenne (bien que les gains récoltés furent plus symboliques que substantiels), rassembler une majorité à la Chambre des communes pour approuver le Brexit, remporter des élections générales avec une avance confortable, traduire dans les faits la volonté des vainqueurs du référendum du 23 juin 2016. Le Brexit deviendra bien une réalité le 1er février 2020. Et Boris Johnson s'affichera dans la foulée comme le maître d'un nouveau Royaume-Uni. Mais les fractures au sein la société demeureront criantes.Avec au moins 364 sièges sur les 650 de la Chambre des Communes, le Parti conservateur peut désormais appliquer sans restriction sa politique et ne plus être soumis à la menace du Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord comme il le fut dans la législature précédente. Boris Johnson peut aussi se targuer d'avoir infligé une cuisante défaite à son principal adversaire, Jeremy Corbyn. Le chef du Parti travailliste (203 élus, soit 59 de moins) paye son indécision sur la sortie de l'Union européenne et l'incompréhension de sa base qui y était largement favorable. La logique voudrait qu'il démissionne de ses fonctions et permette à sa formation de retrouver un nouvel élan, débarrassé du soupçon d'antisémitisme latent que Corbyn n'a pas su ou voulu combattre.Revers de la médaille pour Boris Johnson, la bataille du Brexit a renforcé le Parti nationaliste écossais (SNP, 55 sièges contre 35 aux élections de 2017) et corollairement le poids des indépendantistes. L'opposition au retrait de l'Union européenne qui s'est affirmée à cette occasion fournit un nouvel argument à Nicola Sturgeon, la présidente du SNP, pour justifier la tenue d'un référendum d'indépendance, qu'elle a demandé dès vendredi matin, et donc de mettre en péril à terme l'unité du Royaume. D'autant que les modalités du Brexit annoncé ne satisfont pas la principale force politique d'Irlande du Nord, le Parti unioniste démocrate, qui dès lors pourrait constituer un obstacle au Parti conservateur après avoir été son allié.Boris Johnson a gagné une bataille. Mais à quel prix ? L'avenir dira si les négociations qui vont s'ouvrir avec l'Union européenne sur la nature des relations futures avec le Royaume-Uni permettront de raffermir son unité et éviter sa dislocation.