Dans l'après-midi, des milliers de personnes étaient réunies autour de la station de métro Pouchkinskaïa, à l'ouest de la capitale, pour rendre hommage à un homme ayant trouvé la mort à proximité lors d'une manifestation lundi dernier.

"Non à la violence!", ont scandé les contestataires, certains faisant le "V" de la victoire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des gerbes de fleurs, décorées de rubans blancs et rouges, les couleurs de l'opposition, ont été déposées près d'un mémorial improvisé. Des manifestants sont aussi venus avec des photos montrant les blessures de personnes torturées lors de leur détention cette semaine.

Plus tôt dans la journée, plus de 700 personnes s'étaient réunies en silence autour du cercueil du manifestant décédé, dans un autre quartier de Minsk.

"Tu n'es pas notre président, tu as bu le sang du peuple. Pars !", a lancé à l'AFP Janna, 50 ans, en pleurs, s'adressant à Alexandre Loukachenko.

Sa principale rivale à la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, avait appelé à des rassemblements pacifiques samedi et dimanche à travers le pays.

"Révolution de couleur"

Pour sa part, Alexandre Loukachenko a parlé dans la journée avec Vladimir Poutine par téléphone, le Kremlin se disant "confiant" que la crise trouverait une solution prochaine.

Les deux dirigeaient ont également convenu de poursuivre le "renforcement" de l'Union de la Russie et du Bélarus, une alliance entre les deux pays.

"Si la Russie se mêle de l'affaire, c'est que le président n'arrive plus à s'en sortir seul face au peuple. Il cherche de l'aide à l'Est", a estimé Alexeï Linitch, un manifestant de 27 ans interrogé par l'AFP à Minsk.

Plus tôt dans la journée, le président Loukachenko a dit faire face à une "révolution de couleur" -- le nom donné à plusieurs soulèvements dans l'ex-URSS ces 20 dernières années -- avec des "éléments d'interférence extérieure."

Il a par ailleurs rejeté "toute médiation étrangère", faisant référence à un plan de médiation proposé par la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, membres de l'UE voisins du Bélarus.

Samedi, les Etats-Unis et Varsovie ont appelé Minsk au dialogue avec la société civile.

La veille, l'Union européenne avait ordonné des sanctions contre des responsables bélarusses liés à la répression ou des fraudes électorales.

Depuis jeudi, la mobilisation s'est étendue au Bélarus: des chaînes humaines et rassemblements contre la violence et les fraudes ont fleuri dans le pays, tandis que des ouvriers d'usines emblématiques ont lancé des actions de solidarité et des débrayages.

Contrairement aux manifestations du début de semaine, violemment réprimées, ces actions se sont déroulés sans heurts et arrestations, les autorités bélarusses ayant donné des signes de recul.

Ces dernières ont ainsi annoncé la libération de plus de 2.000 des 6.700 personnes interpellées.

Le président Loukachenko a même appelé à une "certaine retenue" contre les protestataires, qu'il avait auparavant qualifiés de "moutons".

Svetlana Tikhanovskaïa, qui revendique la victoire à la présidentielle du 9 août, a elle annoncé la création d'un comité pour organiser le transfert du pouvoir et appelé à un dialogue avec les autorités.

Tortures

Le Bélarus est le théâtre d'une vague de protestation d'une ampleur inédite contre la réélection dimanche de M. Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans dans cette ex-république soviétique.

Sa victoire - officiellement avec 80% des voix - a été perçue comme truquée alors qu'une immense mobilisation en faveur de sa rivale inattendue, Svetlana Tikhanovskaïa, a enflammé le Bélarus avant le scrutin.

Cette dernière, officiellement créditée de 10% des voix, a dénoncé des fraudes massives.

Les quatre premières soirées de manifestations avaient été matées par les forces antiémeutes, faisant au moins deux morts et 150 blessés hospitalisés vendredi.

Des personnes libérées ont raconté à l'AFP des conditions de détention atroces. Privées d'eau, de nourriture et de sommeil, passées à tabac ou brûlées avec des cigarettes, elles étaient incarcérées par dizaines dans des cellules prévues pour quatre ou six.

Novice en politique, Svetlana Tikhanovskaïa, 37 ans, professeur d'anglais de formation, a quitté le Bélarus après avoir subi des menaces du pouvoir, selon ses soutiens. Son mari, qu'elle avait remplacé dans la course à la présidence, est emprisonné depuis mai.

Le pouvoir bélarusse a reçu le soutien de Moscou qui a dénoncé des tentatives d'"ingérence étrangère" visant à déstabiliser le Bélarus, un allié historique de la Russie, malgré des tensions récurrentes entre les deux pays.

Le chef de l'État bélarusse avait notamment accusé la Russie de vouloir réduire son pays à l'état de vassal et de s'ingérer dans le scrutin du 9 août en faveur de ses adversaires.

Dans un geste d'apaisement, Minsk a renvoyé cette semaine en Russie 32 "mercenaires" accusés d'avoir voulu destabiliser le Bélarus.

Alexandre Loukachenko, 65 ans, n'a jamais laissé aucune opposition s'ancrer. La précédente vague de contestation, en 2010, avait elle aussi été sévèrement réprimée.

Dans l'après-midi, des milliers de personnes étaient réunies autour de la station de métro Pouchkinskaïa, à l'ouest de la capitale, pour rendre hommage à un homme ayant trouvé la mort à proximité lors d'une manifestation lundi dernier."Non à la violence!", ont scandé les contestataires, certains faisant le "V" de la victoire, a constaté un journaliste de l'AFP.Des gerbes de fleurs, décorées de rubans blancs et rouges, les couleurs de l'opposition, ont été déposées près d'un mémorial improvisé. Des manifestants sont aussi venus avec des photos montrant les blessures de personnes torturées lors de leur détention cette semaine.Plus tôt dans la journée, plus de 700 personnes s'étaient réunies en silence autour du cercueil du manifestant décédé, dans un autre quartier de Minsk."Tu n'es pas notre président, tu as bu le sang du peuple. Pars !", a lancé à l'AFP Janna, 50 ans, en pleurs, s'adressant à Alexandre Loukachenko.Sa principale rivale à la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, avait appelé à des rassemblements pacifiques samedi et dimanche à travers le pays.Pour sa part, Alexandre Loukachenko a parlé dans la journée avec Vladimir Poutine par téléphone, le Kremlin se disant "confiant" que la crise trouverait une solution prochaine.Les deux dirigeaient ont également convenu de poursuivre le "renforcement" de l'Union de la Russie et du Bélarus, une alliance entre les deux pays."Si la Russie se mêle de l'affaire, c'est que le président n'arrive plus à s'en sortir seul face au peuple. Il cherche de l'aide à l'Est", a estimé Alexeï Linitch, un manifestant de 27 ans interrogé par l'AFP à Minsk.Plus tôt dans la journée, le président Loukachenko a dit faire face à une "révolution de couleur" -- le nom donné à plusieurs soulèvements dans l'ex-URSS ces 20 dernières années -- avec des "éléments d'interférence extérieure." Il a par ailleurs rejeté "toute médiation étrangère", faisant référence à un plan de médiation proposé par la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, membres de l'UE voisins du Bélarus.Samedi, les Etats-Unis et Varsovie ont appelé Minsk au dialogue avec la société civile.La veille, l'Union européenne avait ordonné des sanctions contre des responsables bélarusses liés à la répression ou des fraudes électorales.Depuis jeudi, la mobilisation s'est étendue au Bélarus: des chaînes humaines et rassemblements contre la violence et les fraudes ont fleuri dans le pays, tandis que des ouvriers d'usines emblématiques ont lancé des actions de solidarité et des débrayages.Contrairement aux manifestations du début de semaine, violemment réprimées, ces actions se sont déroulés sans heurts et arrestations, les autorités bélarusses ayant donné des signes de recul.Ces dernières ont ainsi annoncé la libération de plus de 2.000 des 6.700 personnes interpellées. Le président Loukachenko a même appelé à une "certaine retenue" contre les protestataires, qu'il avait auparavant qualifiés de "moutons".Svetlana Tikhanovskaïa, qui revendique la victoire à la présidentielle du 9 août, a elle annoncé la création d'un comité pour organiser le transfert du pouvoir et appelé à un dialogue avec les autorités.Le Bélarus est le théâtre d'une vague de protestation d'une ampleur inédite contre la réélection dimanche de M. Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans dans cette ex-république soviétique.Sa victoire - officiellement avec 80% des voix - a été perçue comme truquée alors qu'une immense mobilisation en faveur de sa rivale inattendue, Svetlana Tikhanovskaïa, a enflammé le Bélarus avant le scrutin.Cette dernière, officiellement créditée de 10% des voix, a dénoncé des fraudes massives.Les quatre premières soirées de manifestations avaient été matées par les forces antiémeutes, faisant au moins deux morts et 150 blessés hospitalisés vendredi.Des personnes libérées ont raconté à l'AFP des conditions de détention atroces. Privées d'eau, de nourriture et de sommeil, passées à tabac ou brûlées avec des cigarettes, elles étaient incarcérées par dizaines dans des cellules prévues pour quatre ou six.Novice en politique, Svetlana Tikhanovskaïa, 37 ans, professeur d'anglais de formation, a quitté le Bélarus après avoir subi des menaces du pouvoir, selon ses soutiens. Son mari, qu'elle avait remplacé dans la course à la présidence, est emprisonné depuis mai. Le pouvoir bélarusse a reçu le soutien de Moscou qui a dénoncé des tentatives d'"ingérence étrangère" visant à déstabiliser le Bélarus, un allié historique de la Russie, malgré des tensions récurrentes entre les deux pays. Le chef de l'État bélarusse avait notamment accusé la Russie de vouloir réduire son pays à l'état de vassal et de s'ingérer dans le scrutin du 9 août en faveur de ses adversaires.Dans un geste d'apaisement, Minsk a renvoyé cette semaine en Russie 32 "mercenaires" accusés d'avoir voulu destabiliser le Bélarus.Alexandre Loukachenko, 65 ans, n'a jamais laissé aucune opposition s'ancrer. La précédente vague de contestation, en 2010, avait elle aussi été sévèrement réprimée.