Un blogueur-candidat sous les verrous

Le 29 mai, le vidéoblogueur Sergueï Tikhanovski, entré en campagne contre le "cafard" Loukachenko, est arrêté. L'entrepreneur de 41 ans, devenu très populaire pour ses vidéos étrillant la corruption du pouvoir, ne peut se présenter.

Son épouse Svetlana Tikhanovskaïa, 37 ans, reprend le flambeau et rassemble les 100.000 parrainages d'électeurs nécessaires, un nombre considérable dans ce pays de neuf millions d'habitants. Le 19 juin, la Commission électorale valide sa candidature. "Notre société n'est pas prête à voter pour une femme", balaie Loukachencko, qui dirige le Bélarus d'une main de fer depuis 1994.

Arrestations en cascade

Après Tikhanovski, Mikola Statkevitch, figure historique de l'opposition, est incarcéré le 31 mai. Le 18 juin, c'est au tour de Viktor Babaryko, un ancien banquier qui était considéré comme le rival le plus sérieux du président. Quelque 140 personnes sont interpellées les jours suivant lors de rassemblements de l'opposition.

Le 14 juillet, des centaines de personnes protestent à travers le pays, après le rejet par la Commission électorale de la candidature à la présidentielle de Viktor Babaryko. Plus de 250 personnes sont arrêtées. Le lendemain, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui envoie des observateurs au Bélarus depuis 2001, précise ne pas avoir reçu d'invitation pour suivre le scrutin.

Tikhanovskaya, Belga
Tikhanovskaya © Belga

L'opposition serre les rangs

Le 16, trois mouvements d'opposition décident de joindre leurs forces pour affronter Loukachenko, une première. L'équipe de Svetlana Tikhanovskaïa annonce qu'elle va travailler avec celles de Babaryko et de Valeri Tsepkalo, un autre rival empêché de se présenter. Le même jour, Svetlana Tikhanovskaïa apparaît sur une photo aux côtés de Maria Kolesnikova, directrice de campagne de Babaryko, et de Veronika Tsepkalo, épouse de l'opposant Tsepkalo.

Chacune a adopté un geste: le poing levé pour Mme Tikhanovskaïa, les mains en coeur pour Mme Kolesnikova et les doigts en "V" de la victoire pour Mme Tsepkalo. Cela devient l'image virale de cette campagne. "Par crainte pour sa sécurité", Valeri Tsepkalo s'est réfugié à Moscou avec ses enfants, annonce son porte-parole le 24 juillet. Son épouse l'y rejoint le 8 août, veille du scrutin.

"Mercenaires" russes à Minsk

Le 29, le Bélarus annonce l'arrestation de 33 "combattants" russes du groupe militaire privé Wagner, considéré comme proche du Kremlin, les accusant d'avoir cherché à "déstabiliser" la situation à l'approche de la présidentielle.

Historiquement alliés, la Russie et le Bélarus entretiennent des relations toujours plus tendues depuis fin 2019, M. Loukachenko soupçonnant Moscou de vouloir vassaliser son pays. Le Kremlin dément.

Rassemblement record de l'opposition

Malgré les pressions, plus de 60.000 partisans de Svetlana Tikhanovskaïa se retrouvent le 30 juillet à Minsk pour le plus grand rassemblement d'opposants depuis au moins une décennie au Bélarus. "Nous voulons la liberté !", lance cette professeure d'anglais devenue l'égérie de l'opposition. "Sveta! Sveta!" scandent les foules.

AFP
© AFP

"Fraudes éhontées"

Le 7 août, la candidate de l'opposition se dit "réaliste". "Nous ne pourrons pas empêcher les fraudes", qui sont d'ores et déjà "éhontées" à la faveur du vote anticipé, déclare Svetlana Tikhanovskaïa dans un entretien à l'AFP. Dans les derniers jours de sa campagne une dizaine de ses collaborateurs sont arrêtés et plusieurs autres brièvement interpelés.

Plus de 80% des voix

Après une nuit marquée par la répression violente de manifestations antigouvernementales, la victoire du président Alexandre Loukachenko est annoncée, avec plus de 80% des voix. L'Allemagne émet de "sérieux doutes" et l'Otan exprime de "sérieuses préoccupations". La France et le Royaume-Uni ont appelé appelé le gouvernement à "s'abstenir de nouveaux actes de violence". L'UE réclame un décompte "exact" des votes, tandis que la Maison Blanche se dit "grandement préoccupée".

Svetlana Tikhanovskaïa, officiellement créditée d'environ 10% des suffrages, revendique la victoire et demande à Alexandre Loukachenko de "céder le pouvoir".

Le 29 mai, le vidéoblogueur Sergueï Tikhanovski, entré en campagne contre le "cafard" Loukachenko, est arrêté. L'entrepreneur de 41 ans, devenu très populaire pour ses vidéos étrillant la corruption du pouvoir, ne peut se présenter. Son épouse Svetlana Tikhanovskaïa, 37 ans, reprend le flambeau et rassemble les 100.000 parrainages d'électeurs nécessaires, un nombre considérable dans ce pays de neuf millions d'habitants. Le 19 juin, la Commission électorale valide sa candidature. "Notre société n'est pas prête à voter pour une femme", balaie Loukachencko, qui dirige le Bélarus d'une main de fer depuis 1994.Après Tikhanovski, Mikola Statkevitch, figure historique de l'opposition, est incarcéré le 31 mai. Le 18 juin, c'est au tour de Viktor Babaryko, un ancien banquier qui était considéré comme le rival le plus sérieux du président. Quelque 140 personnes sont interpellées les jours suivant lors de rassemblements de l'opposition.Le 14 juillet, des centaines de personnes protestent à travers le pays, après le rejet par la Commission électorale de la candidature à la présidentielle de Viktor Babaryko. Plus de 250 personnes sont arrêtées. Le lendemain, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui envoie des observateurs au Bélarus depuis 2001, précise ne pas avoir reçu d'invitation pour suivre le scrutin.Le 16, trois mouvements d'opposition décident de joindre leurs forces pour affronter Loukachenko, une première. L'équipe de Svetlana Tikhanovskaïa annonce qu'elle va travailler avec celles de Babaryko et de Valeri Tsepkalo, un autre rival empêché de se présenter. Le même jour, Svetlana Tikhanovskaïa apparaît sur une photo aux côtés de Maria Kolesnikova, directrice de campagne de Babaryko, et de Veronika Tsepkalo, épouse de l'opposant Tsepkalo.Chacune a adopté un geste: le poing levé pour Mme Tikhanovskaïa, les mains en coeur pour Mme Kolesnikova et les doigts en "V" de la victoire pour Mme Tsepkalo. Cela devient l'image virale de cette campagne. "Par crainte pour sa sécurité", Valeri Tsepkalo s'est réfugié à Moscou avec ses enfants, annonce son porte-parole le 24 juillet. Son épouse l'y rejoint le 8 août, veille du scrutin.Le 29, le Bélarus annonce l'arrestation de 33 "combattants" russes du groupe militaire privé Wagner, considéré comme proche du Kremlin, les accusant d'avoir cherché à "déstabiliser" la situation à l'approche de la présidentielle.Historiquement alliés, la Russie et le Bélarus entretiennent des relations toujours plus tendues depuis fin 2019, M. Loukachenko soupçonnant Moscou de vouloir vassaliser son pays. Le Kremlin dément.Malgré les pressions, plus de 60.000 partisans de Svetlana Tikhanovskaïa se retrouvent le 30 juillet à Minsk pour le plus grand rassemblement d'opposants depuis au moins une décennie au Bélarus. "Nous voulons la liberté !", lance cette professeure d'anglais devenue l'égérie de l'opposition. "Sveta! Sveta!" scandent les foules.Le 7 août, la candidate de l'opposition se dit "réaliste". "Nous ne pourrons pas empêcher les fraudes", qui sont d'ores et déjà "éhontées" à la faveur du vote anticipé, déclare Svetlana Tikhanovskaïa dans un entretien à l'AFP. Dans les derniers jours de sa campagne une dizaine de ses collaborateurs sont arrêtés et plusieurs autres brièvement interpelés.Après une nuit marquée par la répression violente de manifestations antigouvernementales, la victoire du président Alexandre Loukachenko est annoncée, avec plus de 80% des voix. L'Allemagne émet de "sérieux doutes" et l'Otan exprime de "sérieuses préoccupations". La France et le Royaume-Uni ont appelé appelé le gouvernement à "s'abstenir de nouveaux actes de violence". L'UE réclame un décompte "exact" des votes, tandis que la Maison Blanche se dit "grandement préoccupée". Svetlana Tikhanovskaïa, officiellement créditée d'environ 10% des suffrages, revendique la victoire et demande à Alexandre Loukachenko de "céder le pouvoir".