"Il n'y a point encore de liberté si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice"Montesquieu

Face à la montée des périls entre les deux voisins nord-africains, il faut se souvenir de la ruine engendrée par la guerre qui a mis aux prises l'Irak et l'Iran dans les années 1980. Lorsque les canons se sont tus, les deux pays se sont retrouvés anéantis. Les pertes économiques cumulées ont été calculées à plusieurs milliards de dollars actuels. Le tableau humain a été lui aussi monstrueux : plus de 250.000 morts pour l'Irak de Saddam Hussein, probablement plus d'un million pour l'Iran de Khomeiny. Qui a gagné la guerre ? Quelle famille n'a pas eu son lot de malheurs dans ce conflit ? Ces deux pays, peuples et régimes confondus, n'ont rien récolté sinon le désastre qui a affaibli durablement la région.

Un conflit armé entre l'Algérie et le Maroc serait cataclysmique non seulement pour les deux peuples mais aussi pour les deux régimes dont les pays se subissent une sévère crise non seulement économique mais aussi et surtout démocratique. Ces deux pays dépendent entièrement de l'étranger et plus fortement encore des pays européens. L'un comme l'autre n'ont absolument rien à gagner d'un conflit ouvert.

Rappelons toutefois que c'est la mort de trois camionneurs algériens, dont les véhicules ont été détruits par un drone alors qu'ils revenaient de Mauritanie après avoir livré du ciment, qui est à l'origine de cette énième crise. Si l'Algérie monte le ton et menace son voisin, le Maroc fait profil bas en ne présentant pas d'excuses pour sa bévue. D'un côté comme de l'autre, les réactions se limitent à faire monter la mayonnaise et à faire grandir le sentiment nationaliste. La réaction algérienne, hormis pour les propos belliqueux qui ont été tenus, semble vouloir indiquer que les instances internationales doivent être saisis du dossier. Il vaut mieux ça qu'un dérapage qui conduirait les deux voisins à une aventure funeste qui aurait des développements désastreux.

Il est à croire que le principal point d'achoppement reste l'avenir de ce territoire, anciennement sous domination espagnole, appelé Sahara occidental, que le Maroc a décidé unilatéralement, lors de la Marche verte de 1975, d'occuper. Cela fait près d'un demi-siècle que ce dossier envenime les relations des deux pays voisins sans qu'aucune solution durable ne semble émerger. Pour que cette solution puisse être envisagée, encore faut-il que les deux gouvernements acceptent de mettre, sur la table des négociations, tous les compromis possibles. Or, l'Algérie s'arcboute sur le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui et le régime marocain fait de la marocanité du Sahara un préalable non négociable. Voilà, de part et d'autre, ce qui s'appelle, freiner des quatre fers.

Pour les deux peuples pourtant, l'ambition de se libérer des régimes qui les briment, serait une avancée démocratique fondamentale. Les deux peuples sont confrontés, l'un et l'autre, à un univers ankylosé dans lequel seuls les éléments les plus riches des deux sociétés s'en sortent. Il leur revient, l'un comme l'autre, de se débarrasser du sous-développement endémique, du fatalisme qui caractérise nos civilisations, de faire fi de cette pandémie de la continuelle soumission et de trouver le chemin pour un réel affranchissement, un développement économique mérité et une satisfaction d'être considérés comme un ensemble de citoyens avec tous les droits y afférents.

Cela passe par l'édification, des deux côtés de la frontière, d'États de droit, foncièrement légitimes, avec des lois dictées par des parlements libres et représentant, non les régimes, mais les électeurs. C'est à cette seule condition que les Algériens et les Marocains se seront affranchis des marionnettistes et des prestidigitateurs qui ne roulent que pour leurs clans. Ils ne se feront plus berner par de fabuleux illusionnistes et feront faire à leurs pays respectifs des avancées considérables dans les domaines essentiels qui régissent la vie de leurs nations. C'est à ce seul prix que la paix engendrera le développement attendu dans la région.

Face à la montée des périls entre les deux voisins nord-africains, il faut se souvenir de la ruine engendrée par la guerre qui a mis aux prises l'Irak et l'Iran dans les années 1980. Lorsque les canons se sont tus, les deux pays se sont retrouvés anéantis. Les pertes économiques cumulées ont été calculées à plusieurs milliards de dollars actuels. Le tableau humain a été lui aussi monstrueux : plus de 250.000 morts pour l'Irak de Saddam Hussein, probablement plus d'un million pour l'Iran de Khomeiny. Qui a gagné la guerre ? Quelle famille n'a pas eu son lot de malheurs dans ce conflit ? Ces deux pays, peuples et régimes confondus, n'ont rien récolté sinon le désastre qui a affaibli durablement la région. Un conflit armé entre l'Algérie et le Maroc serait cataclysmique non seulement pour les deux peuples mais aussi pour les deux régimes dont les pays se subissent une sévère crise non seulement économique mais aussi et surtout démocratique. Ces deux pays dépendent entièrement de l'étranger et plus fortement encore des pays européens. L'un comme l'autre n'ont absolument rien à gagner d'un conflit ouvert. Rappelons toutefois que c'est la mort de trois camionneurs algériens, dont les véhicules ont été détruits par un drone alors qu'ils revenaient de Mauritanie après avoir livré du ciment, qui est à l'origine de cette énième crise. Si l'Algérie monte le ton et menace son voisin, le Maroc fait profil bas en ne présentant pas d'excuses pour sa bévue. D'un côté comme de l'autre, les réactions se limitent à faire monter la mayonnaise et à faire grandir le sentiment nationaliste. La réaction algérienne, hormis pour les propos belliqueux qui ont été tenus, semble vouloir indiquer que les instances internationales doivent être saisis du dossier. Il vaut mieux ça qu'un dérapage qui conduirait les deux voisins à une aventure funeste qui aurait des développements désastreux. Il est à croire que le principal point d'achoppement reste l'avenir de ce territoire, anciennement sous domination espagnole, appelé Sahara occidental, que le Maroc a décidé unilatéralement, lors de la Marche verte de 1975, d'occuper. Cela fait près d'un demi-siècle que ce dossier envenime les relations des deux pays voisins sans qu'aucune solution durable ne semble émerger. Pour que cette solution puisse être envisagée, encore faut-il que les deux gouvernements acceptent de mettre, sur la table des négociations, tous les compromis possibles. Or, l'Algérie s'arcboute sur le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui et le régime marocain fait de la marocanité du Sahara un préalable non négociable. Voilà, de part et d'autre, ce qui s'appelle, freiner des quatre fers. Pour les deux peuples pourtant, l'ambition de se libérer des régimes qui les briment, serait une avancée démocratique fondamentale. Les deux peuples sont confrontés, l'un et l'autre, à un univers ankylosé dans lequel seuls les éléments les plus riches des deux sociétés s'en sortent. Il leur revient, l'un comme l'autre, de se débarrasser du sous-développement endémique, du fatalisme qui caractérise nos civilisations, de faire fi de cette pandémie de la continuelle soumission et de trouver le chemin pour un réel affranchissement, un développement économique mérité et une satisfaction d'être considérés comme un ensemble de citoyens avec tous les droits y afférents. Cela passe par l'édification, des deux côtés de la frontière, d'États de droit, foncièrement légitimes, avec des lois dictées par des parlements libres et représentant, non les régimes, mais les électeurs. C'est à cette seule condition que les Algériens et les Marocains se seront affranchis des marionnettistes et des prestidigitateurs qui ne roulent que pour leurs clans. Ils ne se feront plus berner par de fabuleux illusionnistes et feront faire à leurs pays respectifs des avancées considérables dans les domaines essentiels qui régissent la vie de leurs nations. C'est à ce seul prix que la paix engendrera le développement attendu dans la région.