Tête basse, la mort dans l'âme et la rage au ventre, ils se résignent à devoir avaler l'imbuvable. Louis de Sadeleer, ministre d'Etat, alimente d'une voix outragée l'ambiance plombée du Conseil des ministres : " Nous n'avons obtenu aucune garantie pour notre sécurité à venir. Si nous devons en revenir à la Belgique de 1914, nous serons maudits par les générations futures. Le traité entraîne cette conséquence que notre restauration est liée à la restauration de l'Allemagne. C'est une conséquence abominable au point de vue moral. " " Nous sommes acculés ", enrage un collègue. " Il faut signer mais nous devons protester ", embraie un autre.
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