Alors que la date fatidique du 29 mars se rapproche, il apparait de plus en plus probable que Royaume-Uni demande une prolongation des négociations. Un report jugé "assez réaliste" par Nathalie Brack. "Les institutions européennes se préparent à l'idée d'un report, mais il doit être fortement justifié. On attend encore le vote de la Chambre des Communes, qui a lieu la semaine prochaine, mais vu qu'ils n'arrivent pas à dégager de majorités, on ne peut rien exclure."
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Alors que la date fatidique du 29 mars se rapproche, il apparait de plus en plus probable que Royaume-Uni demande une prolongation des négociations. Un report jugé "assez réaliste" par Nathalie Brack. "Les institutions européennes se préparent à l'idée d'un report, mais il doit être fortement justifié. On attend encore le vote de la Chambre des Communes, qui a lieu la semaine prochaine, mais vu qu'ils n'arrivent pas à dégager de majorités, on ne peut rien exclure."Un report du Brexit devra recevoir l'autorisation de l'ensemble des États membres. L'interrogation principale porterait alors sur le délai de ce report : quelques semaines, trois mois, jusqu'en 2021 ? Le calendrier européen de l'année est en effet chargé et délicat, notamment en raison des élections de mai prochain. Dans l'idéal, ce report ne devrait pas excéder quelques mois, car dans l'optique du Brexit, le Parlement européen a été réduit pour le prochain mandat de 751 à 705 sièges. "Je pense que l'UE va absolument tout tenter pour que la sortie du Royaume-Uni ait lieu avant les élections. Ou du moins avant la première session constitutive du Parlement (NDLR début juillet), parce que cela poserait vraiment un casse-tête institutionnel", confirme Nathalie Brack.Le report éventuel ne devrait donc pas dépasser la fin du mois de juin. Mais est-il possible qu'on dépasse cette date et, le cas échéant, quelles en sont les conséquences ? " Il y a plein de scénarios possibles et aucune réponse claire. Je pense que l'Union européenne espère vraiment que le Royaume-Uni partira avant fin juin ", explique Nathalie Brack, qui dresse pour nous les différentes options qui s'offrent à l'UE pour la composition du Parlement :Un report prolongé toucherait également au fonctionnement des autres institutions européennes : "Si le Royaume-Uni reste au-delà, la Commission devra convenir d'un commissaire britannique, le pays siégera toujours au Conseil européen et les parlementaires participeront à l'élection de la nouvelle Commission. Pour la constitution des groupes au Parlement européen, cela compliquerait également les choses, car s'ils sortent en cours de législature, il y a des règles pour la constitution des groupes, notamment en termes de représentation en nombre et en nombre d'Etats membres. Il devrait alors y avoir une recomposition complète du Parlement ", conclut Nathalie Brack.