La tensions'intensifie entre plusieurs dirigeants européens et la Hongrie au sujet d'une loi jugée homophobe de la part de Budapest. Sophie Wilmès, la ministre belge des Affaires étrangères, a insisté sur les ondes de la RTBF sur les valeurs fondamentales à défendre au coeur de l'Europe, gardienne des traités. "Cette loi est en confrontation avec nos valeurs européennes. La Cour européenne de justice peut trancher ce litige, il faut une action forte", déclare-t-elle.

Pour la ministre, il y a clairement une difficulté de rapprochement de points de vue qui ne fait que s'amplifier entre la Hongrie et les autres Etats membres. "Avant de condamner, il faut convaincre quand cela ne va pas", estime Sophie Wilmès.

Dans un second temps, des sanctions "fortes" envers la Hongrie pourraient être envisagées si le pays ne change pas son comportement.

Recours à la Cour européenne de justice

17 États membres de l'Union européenne, à l'initiative de la Belgique, ont exprimé mardi dans une déclaration commune leur profonde inquiétude quant à l'adoption par le Parlement hongrois d'amendements discriminant les personnes LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuel·le, transgenre, queer, intersexe, asexuel·le) et violant le droit à la liberté d'expression sous prétexte de protéger les enfants.

Les États membres condamnent la nouvelle législation comme une forme flagrante de discrimination et de stigmatisation des personnes LGBTQIA+ fondée sur l'orientation sexuelle, l'identité de genre et l'expression. La législation viole aussi clairement la liberté d'expression inscrite dans la Charte des droits fondamentaux de l'UE.

Dans leur déclaration commune, les États membres signataires appellent la Commission européenne - en tant que gardienne des traités - à utiliser tous les outils à sa disposition pour assurer le respect des lois européennes, y compris le recours à la Cour européenne de justice.

Des supporters de la cause LGBT devant le stade de Munich., BELGA
Des supporters de la cause LGBT devant le stade de Munich. © BELGA

La tension crescendo

La tension est encore montée d'un cran mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié de "honte" le texte hongrois entrant en vigueur en juillet et qui interdit la diffusion de contenus sur l'homosexualité, comparée à la pornographie, aux mineurs.

Dans la pratique, les programmes éducatifs ou les publicités ne seront plus autorisés. Certains livres, des séries et des films dans lesquels l'homosexualité ou le changement de sexe est évoqué, pourraient également être interdits aux mineurs.

La cheffe de l'exécutif européen a fustigé un texte, qui va à l'encontre "des valeurs fondamentales de l'UE". Bruxelles enverra une lettre à Budapest pour exprimer ses "préoccupations" sur le plan légal, a-t-elle précisé. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi dénoncé une "mauvaise" loi, "incompatible avec mon (son) idée de la politique" devant la chambre des députés.

Le gouvernement hongrois a, de son côté, répondu du tac au tac en utilisant le même terme de "honte" pour dénoncer les critiques de Ursula von der Leyen.

Combattre la discrimination

À quelques heures d'un sommet européen à Bruxelles, le Premier ministre belge Alexander De Croo et seize autres chefs d'État ou de gouvernement de l'UE ont, par ailleurs, appelé à poursuivre la lutte contre la discrimination envers la communauté LGBTI, dans un courrier adressé aux dirigeants européens de l'Union.

"Nous devons continuer à combattre la discrimination envers la communauté LGBTI, à réaffirmer notre défense des droits fondamentaux", affirme les signataires de ce courrier. "Le respect et la tolérance sont au coeur du projet européen. Nous nous engageons à porter cet effort, pour s'assurer que les générations futures en Europe puissent grandir dans l'égalité et le respect", peut-on encore lire. Le courrier ne mentionne pas explicitement la Hongrie mais fait référence à la journée internationale du 28 juin prochain, l'"International Lesbian Gay Bisexual and Transgender Pride Day".

© BELGA

L'UEFA dans la tourmente

L'UEFA, organisatrice de l'Euro, est au centre de cette controverse politico-sportive. En cause: son refus réitéré mercredi de laisser le stade de Munich pour la rencontre Allemagne-Hongrie de l'Euro s'illuminer aux couleurs de la communauté LGBTQIA+.

Du chef de la diplomatie allemande à la présidence française, de nombreuses capitales européennes ont déploré cette décision de l'instance européenne justifiée par sa volonté de neutralité politique.

"L'UEFA s'est un peu pris les pieds dans le tapis parce qu'en fait sa décision de refus est aussi une décision politique", a déploré Clément Beaune, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes tandis que le chef de la diplomatie allemande a vu "un mauvais signal" envoyé par l'instance européenne.

La décision de l'UEFA a été en revanche saluée par le gouvernement hongrois de Viktor Orban."Dieu merci, les dirigeants du football européen ont fait preuve de bon sens (...) en ne participant pas à ce qui aurait été une provocation politique envers la Hongrie", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto.

La Ministre Wilmès, de son côté, ne désire pas se positionner : "Ce n'est pas à moi à dire à l'UEFA comment agir". Elle ajoute sur les ondes de la RTBF: "Il faut regarder au-delà de la polémique, la mobilisation sur le sujet au niveau européen, cette mobilisation citoyenne est formidable."

Pour tenter de calmer un chouia la tempête, l'UEFA a réaffirmé son "engagement ferme" contre l'homophobie et paré sur Twitter son propre logo d'un arc-en-ciel avec une petite déclaration.

Le refus de l'UEFA a déclenché un vaste mouvement de solidarité en Allemagne. La ville de Munich avait prévu de pavoiser ses sites les plus emblématiques aux couleurs de la communauté LGBTQIA+ mercredi soir. D'autres villes ont suivi le mouvement de solidarité, comme à Gand où le siège de la Jupiler Pro League a revêtu les couleurs arc-en-ciel.

La Ghelamco Arena, chef lieu de la Jupiler Pro League, illuminée en solidarité pour la cause LGBT+ à Gand., BELGA
La Ghelamco Arena, chef lieu de la Jupiler Pro League, illuminée en solidarité pour la cause LGBT+ à Gand. © BELGA

(Avec AFP)

La tensions'intensifie entre plusieurs dirigeants européens et la Hongrie au sujet d'une loi jugée homophobe de la part de Budapest. Sophie Wilmès, la ministre belge des Affaires étrangères, a insisté sur les ondes de la RTBF sur les valeurs fondamentales à défendre au coeur de l'Europe, gardienne des traités. "Cette loi est en confrontation avec nos valeurs européennes. La Cour européenne de justice peut trancher ce litige, il faut une action forte", déclare-t-elle. Pour la ministre, il y a clairement une difficulté de rapprochement de points de vue qui ne fait que s'amplifier entre la Hongrie et les autres Etats membres. "Avant de condamner, il faut convaincre quand cela ne va pas", estime Sophie Wilmès. Dans un second temps, des sanctions "fortes" envers la Hongrie pourraient être envisagées si le pays ne change pas son comportement. 17 États membres de l'Union européenne, à l'initiative de la Belgique, ont exprimé mardi dans une déclaration commune leur profonde inquiétude quant à l'adoption par le Parlement hongrois d'amendements discriminant les personnes LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuel·le, transgenre, queer, intersexe, asexuel·le) et violant le droit à la liberté d'expression sous prétexte de protéger les enfants. Les États membres condamnent la nouvelle législation comme une forme flagrante de discrimination et de stigmatisation des personnes LGBTQIA+ fondée sur l'orientation sexuelle, l'identité de genre et l'expression. La législation viole aussi clairement la liberté d'expression inscrite dans la Charte des droits fondamentaux de l'UE.Dans leur déclaration commune, les États membres signataires appellent la Commission européenne - en tant que gardienne des traités - à utiliser tous les outils à sa disposition pour assurer le respect des lois européennes, y compris le recours à la Cour européenne de justice.La tension est encore montée d'un cran mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié de "honte" le texte hongrois entrant en vigueur en juillet et qui interdit la diffusion de contenus sur l'homosexualité, comparée à la pornographie, aux mineurs. Dans la pratique, les programmes éducatifs ou les publicités ne seront plus autorisés. Certains livres, des séries et des films dans lesquels l'homosexualité ou le changement de sexe est évoqué, pourraient également être interdits aux mineurs.La cheffe de l'exécutif européen a fustigé un texte, qui va à l'encontre "des valeurs fondamentales de l'UE". Bruxelles enverra une lettre à Budapest pour exprimer ses "préoccupations" sur le plan légal, a-t-elle précisé. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi dénoncé une "mauvaise" loi, "incompatible avec mon (son) idée de la politique" devant la chambre des députés.Le gouvernement hongrois a, de son côté, répondu du tac au tac en utilisant le même terme de "honte" pour dénoncer les critiques de Ursula von der Leyen. À quelques heures d'un sommet européen à Bruxelles, le Premier ministre belge Alexander De Croo et seize autres chefs d'État ou de gouvernement de l'UE ont, par ailleurs, appelé à poursuivre la lutte contre la discrimination envers la communauté LGBTI, dans un courrier adressé aux dirigeants européens de l'Union. "Nous devons continuer à combattre la discrimination envers la communauté LGBTI, à réaffirmer notre défense des droits fondamentaux", affirme les signataires de ce courrier. "Le respect et la tolérance sont au coeur du projet européen. Nous nous engageons à porter cet effort, pour s'assurer que les générations futures en Europe puissent grandir dans l'égalité et le respect", peut-on encore lire. Le courrier ne mentionne pas explicitement la Hongrie mais fait référence à la journée internationale du 28 juin prochain, l'"International Lesbian Gay Bisexual and Transgender Pride Day".L'UEFA, organisatrice de l'Euro, est au centre de cette controverse politico-sportive. En cause: son refus réitéré mercredi de laisser le stade de Munich pour la rencontre Allemagne-Hongrie de l'Euro s'illuminer aux couleurs de la communauté LGBTQIA+.Du chef de la diplomatie allemande à la présidence française, de nombreuses capitales européennes ont déploré cette décision de l'instance européenne justifiée par sa volonté de neutralité politique."L'UEFA s'est un peu pris les pieds dans le tapis parce qu'en fait sa décision de refus est aussi une décision politique", a déploré Clément Beaune, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes tandis que le chef de la diplomatie allemande a vu "un mauvais signal" envoyé par l'instance européenne.La décision de l'UEFA a été en revanche saluée par le gouvernement hongrois de Viktor Orban."Dieu merci, les dirigeants du football européen ont fait preuve de bon sens (...) en ne participant pas à ce qui aurait été une provocation politique envers la Hongrie", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto.La Ministre Wilmès, de son côté, ne désire pas se positionner : "Ce n'est pas à moi à dire à l'UEFA comment agir". Elle ajoute sur les ondes de la RTBF: "Il faut regarder au-delà de la polémique, la mobilisation sur le sujet au niveau européen, cette mobilisation citoyenne est formidable." Pour tenter de calmer un chouia la tempête, l'UEFA a réaffirmé son "engagement ferme" contre l'homophobie et paré sur Twitter son propre logo d'un arc-en-ciel avec une petite déclaration. Le refus de l'UEFA a déclenché un vaste mouvement de solidarité en Allemagne. La ville de Munich avait prévu de pavoiser ses sites les plus emblématiques aux couleurs de la communauté LGBTQIA+ mercredi soir. D'autres villes ont suivi le mouvement de solidarité, comme à Gand où le siège de la Jupiler Pro League a revêtu les couleurs arc-en-ciel.(Avec AFP)