A la veille de cette étape cruciale pour essayer d'enrayer la récession économique, les mises en garde se multiplient contre tout relâchement de l'attention et des gestes de protection.

Dans les zones dites "vertes", c'est-à-dire où le risque de contagion est supposé être moins élevé, "il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a ainsi averti dimanche le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris.

Et ce après la découverte de foyers épidémiques dans deux départements -Dordogne et Vienne- de la région de Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest.

"Chacun doit faire un effort pour que le virus ne circule pas par lui", a-t-elle ajouté sur la chaîne de radio-télévision France Info, insistant sur le respect des mesures barrières afin d'empêcher un nouveau sursaut de cette maladie qui a fait perdre la vie à plus de 23.600 personnes en France depuis le 1er mars.

Avec 80 morts supplémentaires en 24 heures, ce pays vient toutefois d'enregistrer le chiffre le plus bas depuis le 1er avril, selon la Direction générale de la santé. En outre, la pression sur les services de réanimation continue de s'alléger avec un solde de 56 malades en moins.

Mais il reste quand même 2.812 patients souffrant de formes graves du Covid-19 hospitalisés en réanimation. Et l'absence de traitement ou de vaccin pousse à la vigilance.

"Malheureusement, l'évolution de l'épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c'est l'avenir qui nous permettra de trancher", a résumé le Pr Crémieux.

Un de ses collègues, le Pr Frédéric Adnet, chef des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, a évoqué, également dans les médias, une possible "saisonnalité" du coronavirus pour expliquer "la brutalité de la décrue" dans ce département situé près de la capitale et durement éprouvé.

reuters
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Mesures de précaution

Le masque de protection devient dès lundi obligatoire dans les lieux et les transports publics. L'Etat va mettre à partir de cette date "10 millions de masques à la disposition des opérateurs de transport pour qu'ils les distribuent à leurs usagers", dont 4,4 millions pour la région parisienne, selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Dans cette région, il faudra avoir une attestation de l'employeur afin de voyager aux heures de pointe dans le métro et les trains locaux.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, envisage même de recourir à la circulation automobile "alternée" s'il y a trop de voitures sur les chaussées.

Et si Lille a obtenu une dérogation pour rouvrir dès lundi le parc de la Citadelle, le plus grand de cette agglomération du nord classée en zone "rouge", les plages de la ville corse d'Ajaccio ne seront pas accessibles avant "au moins quinze jours".

BELGAIMAGE
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Inquiétudes

L'apparition d'un foyer en Dordogne, après une réunion familiale organisée à l'issue d'obsèques célébrées dans les règles avec moins de vingt personnes, et d'un autre dans un collège de la Vienne après une réunion de préparation de la rentrée a donné l'alerte.

"C'est vraiment l'illustration de ce que l'on ne souhaite pas vivre dans les trois semaines, c'est-à-dire : relâchement, réunions familiales (...) voisins-voisines...", a relevé le préfet de la Dordogne Frédéric Périssat.

Ces craintes semblent largement partagées par les millions de personnes qui s'apprêtent à reprendre le travail lundi : 53% disent avoir plus peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage Ifop.

Quatre régions (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) et 32 départements au total, dont Mayotte, dans l'océan Indien, restent "rouges" et s'il devient possible de se réunir à dix (au plus), les déplacements au-delà de 100 km de son domicile demeurent prohibés sauf motif impérieux et justifiable.

L'accès à certaines gares comme dans la capitale pourra être filtré par les forces de l'ordre.

Autre dossier chaud : la réouverture des établissements scolaires, qui suscite bien des appréhensions chez nombre de parents.

"85% des écoles sont prévues pour rouvrir lundi (...) Un million d'enfants vont retrouver le chemin de l'école, les conditions sanitaires sont réunies", a à cet égard assuré le ministre de la Santé Olivier Véran.

A la veille de cette étape cruciale pour essayer d'enrayer la récession économique, les mises en garde se multiplient contre tout relâchement de l'attention et des gestes de protection. Dans les zones dites "vertes", c'est-à-dire où le risque de contagion est supposé être moins élevé, "il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a ainsi averti dimanche le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris. Et ce après la découverte de foyers épidémiques dans deux départements -Dordogne et Vienne- de la région de Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest. "Chacun doit faire un effort pour que le virus ne circule pas par lui", a-t-elle ajouté sur la chaîne de radio-télévision France Info, insistant sur le respect des mesures barrières afin d'empêcher un nouveau sursaut de cette maladie qui a fait perdre la vie à plus de 23.600 personnes en France depuis le 1er mars.Avec 80 morts supplémentaires en 24 heures, ce pays vient toutefois d'enregistrer le chiffre le plus bas depuis le 1er avril, selon la Direction générale de la santé. En outre, la pression sur les services de réanimation continue de s'alléger avec un solde de 56 malades en moins. Mais il reste quand même 2.812 patients souffrant de formes graves du Covid-19 hospitalisés en réanimation. Et l'absence de traitement ou de vaccin pousse à la vigilance."Malheureusement, l'évolution de l'épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c'est l'avenir qui nous permettra de trancher", a résumé le Pr Crémieux.Un de ses collègues, le Pr Frédéric Adnet, chef des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, a évoqué, également dans les médias, une possible "saisonnalité" du coronavirus pour expliquer "la brutalité de la décrue" dans ce département situé près de la capitale et durement éprouvé. Le masque de protection devient dès lundi obligatoire dans les lieux et les transports publics. L'Etat va mettre à partir de cette date "10 millions de masques à la disposition des opérateurs de transport pour qu'ils les distribuent à leurs usagers", dont 4,4 millions pour la région parisienne, selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.Dans cette région, il faudra avoir une attestation de l'employeur afin de voyager aux heures de pointe dans le métro et les trains locaux. La maire de Paris, Anne Hidalgo, envisage même de recourir à la circulation automobile "alternée" s'il y a trop de voitures sur les chaussées.Et si Lille a obtenu une dérogation pour rouvrir dès lundi le parc de la Citadelle, le plus grand de cette agglomération du nord classée en zone "rouge", les plages de la ville corse d'Ajaccio ne seront pas accessibles avant "au moins quinze jours".L'apparition d'un foyer en Dordogne, après une réunion familiale organisée à l'issue d'obsèques célébrées dans les règles avec moins de vingt personnes, et d'un autre dans un collège de la Vienne après une réunion de préparation de la rentrée a donné l'alerte."C'est vraiment l'illustration de ce que l'on ne souhaite pas vivre dans les trois semaines, c'est-à-dire : relâchement, réunions familiales (...) voisins-voisines...", a relevé le préfet de la Dordogne Frédéric Périssat.Ces craintes semblent largement partagées par les millions de personnes qui s'apprêtent à reprendre le travail lundi : 53% disent avoir plus peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage Ifop. Quatre régions (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) et 32 départements au total, dont Mayotte, dans l'océan Indien, restent "rouges" et s'il devient possible de se réunir à dix (au plus), les déplacements au-delà de 100 km de son domicile demeurent prohibés sauf motif impérieux et justifiable. L'accès à certaines gares comme dans la capitale pourra être filtré par les forces de l'ordre.Autre dossier chaud : la réouverture des établissements scolaires, qui suscite bien des appréhensions chez nombre de parents."85% des écoles sont prévues pour rouvrir lundi (...) Un million d'enfants vont retrouver le chemin de l'école, les conditions sanitaires sont réunies", a à cet égard assuré le ministre de la Santé Olivier Véran.