"Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça, la stratégie", a asséné M. Macron dans un entretien avec les lecteurs du quotidien Le Parisien publié mardi soir.

"Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen", a ajouté le chef de l'Etat dans une autre formule choc.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Jean Castex est à son tour descendu dans l'arène en vilipendant devant les sénateurs "l'infime minorité" des Français refusant la vaccination, qui "fracture" et "outrage" la nation.

"Ce qu'a dit le Président de la République, je l'entends partout!", a lancé M. Castex en évoquant "une exaspération légitime" vis à vis des non vaccinés.

De fait, la tension s'accroît en France avec la flambée de l'épidémie de Covid (quelque 271.000 cas mardi), des services de réanimation remplis à 80% de non vaccinés, et une colère désormais ouverte des soignants et des patients dont la prise en charge est retardée.

Les propos grossiers du chef de l'Etat ont suscité un tollé dans l'opposition et bousculé le débat déjà tendu à l'Assemblée nationale sur le pass vaccinal, outil majeur dans la stratégie gouvernementale pour lutter contre l'épidémie.

"J'ai été indignée par les propos du président", a lancé la candidate de droite Valérie Pécresse, tandis qu'à l'extrême droite, Marine Le Pen dénonçait "la vulgarité et la violence" de M. Macron et qu'Eric Zemmour, auteur d'un doigt d'honneur retentissant le mois dernier, fustigeait une "cruauté avouée et assumée". Le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon y a vu un "aveu sidérant" et le communiste Fabien Roussel a dénoncé un propos "indigne et irresponsable".

Contexte inflammable

Les déclarations de M. Macron -qui avait récemment promis de ne plus céder à la tentation des petites phrases- interviennent à trois mois de la présidentielle, à laquelle il a "envie" de participer, a-t-il dit au Parisien, sans encore officialiser sa candidature, et alors que les sondages le donnent gagnant.

Si la plupart des analystes s'accordaient à penser que sa sortie était calculée, certains n'ont pas caché leur stupéfaction et mis en garde contre le risque de radicaliser les positions.

Des élus pro-vaccination ont été menacés de mort ces dernières semaines, et mardi le directeur et ses adjoints d'un hôpital en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, ont dû être exfiltrés par la police de leurs bureaux, assiégés par des militants contre l'obligation vaccinale des soignants.

"J'ai du mal à comprendre les termes utilisés par le président. Par ses propos, il rend plus difficile sa tâche, qui est de convaincre les irréductibles. En ostracisant ces quatre à cinq millions de Français, il va les radicaliser", a déclaré à l'AFP le politologue Pascal Perrineau.

La stratégie est "risquée", "dangereuse" et "déconcertante", a renchéri Bruno Jeanbart, vice president d'OpinionWay, rappelant que le président s'appuie sur un "électorat modéré". "Il y a ce que les gens pensent et ce qu'ils imaginent être le comportement d'un président de la République", souligne-t-il.

Pour d'autres, "Macron a fait du Macron". "Je ne crois pas une seule seconde (que sa sortie) n'ait pas été réfléchie", selon Emeric Bréhier, de la fondation Jean Jaurès. "Il a fait le choix évident de s'adresser aux 90% de Français vaccinés, il sait très bien que les autres ne voteront pas pour lui".

"Cela peut paraître comme une provocation disruptive telle que le président les affectionne", estime de son côté le politologue Jean Garriguès.

Les propos de M. Macron interviennent en outre dans une campagne marquée par des invectives, des anathèmes et des polémiques quotidiennes sur tous les sujets, la plus récente étant celle sur le drapeau européen installé sous l'Arc de Triomphe.

"Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça, la stratégie", a asséné M. Macron dans un entretien avec les lecteurs du quotidien Le Parisien publié mardi soir."Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen", a ajouté le chef de l'Etat dans une autre formule choc.Quelques heures plus tard, le Premier ministre Jean Castex est à son tour descendu dans l'arène en vilipendant devant les sénateurs "l'infime minorité" des Français refusant la vaccination, qui "fracture" et "outrage" la nation."Ce qu'a dit le Président de la République, je l'entends partout!", a lancé M. Castex en évoquant "une exaspération légitime" vis à vis des non vaccinés.De fait, la tension s'accroît en France avec la flambée de l'épidémie de Covid (quelque 271.000 cas mardi), des services de réanimation remplis à 80% de non vaccinés, et une colère désormais ouverte des soignants et des patients dont la prise en charge est retardée. Les propos grossiers du chef de l'Etat ont suscité un tollé dans l'opposition et bousculé le débat déjà tendu à l'Assemblée nationale sur le pass vaccinal, outil majeur dans la stratégie gouvernementale pour lutter contre l'épidémie."J'ai été indignée par les propos du président", a lancé la candidate de droite Valérie Pécresse, tandis qu'à l'extrême droite, Marine Le Pen dénonçait "la vulgarité et la violence" de M. Macron et qu'Eric Zemmour, auteur d'un doigt d'honneur retentissant le mois dernier, fustigeait une "cruauté avouée et assumée". Le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon y a vu un "aveu sidérant" et le communiste Fabien Roussel a dénoncé un propos "indigne et irresponsable".Les déclarations de M. Macron -qui avait récemment promis de ne plus céder à la tentation des petites phrases- interviennent à trois mois de la présidentielle, à laquelle il a "envie" de participer, a-t-il dit au Parisien, sans encore officialiser sa candidature, et alors que les sondages le donnent gagnant.Si la plupart des analystes s'accordaient à penser que sa sortie était calculée, certains n'ont pas caché leur stupéfaction et mis en garde contre le risque de radicaliser les positions.Des élus pro-vaccination ont été menacés de mort ces dernières semaines, et mardi le directeur et ses adjoints d'un hôpital en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, ont dû être exfiltrés par la police de leurs bureaux, assiégés par des militants contre l'obligation vaccinale des soignants."J'ai du mal à comprendre les termes utilisés par le président. Par ses propos, il rend plus difficile sa tâche, qui est de convaincre les irréductibles. En ostracisant ces quatre à cinq millions de Français, il va les radicaliser", a déclaré à l'AFP le politologue Pascal Perrineau.La stratégie est "risquée", "dangereuse" et "déconcertante", a renchéri Bruno Jeanbart, vice president d'OpinionWay, rappelant que le président s'appuie sur un "électorat modéré". "Il y a ce que les gens pensent et ce qu'ils imaginent être le comportement d'un président de la République", souligne-t-il.Pour d'autres, "Macron a fait du Macron". "Je ne crois pas une seule seconde (que sa sortie) n'ait pas été réfléchie", selon Emeric Bréhier, de la fondation Jean Jaurès. "Il a fait le choix évident de s'adresser aux 90% de Français vaccinés, il sait très bien que les autres ne voteront pas pour lui"."Cela peut paraître comme une provocation disruptive telle que le président les affectionne", estime de son côté le politologue Jean Garriguès.Les propos de M. Macron interviennent en outre dans une campagne marquée par des invectives, des anathèmes et des polémiques quotidiennes sur tous les sujets, la plus récente étant celle sur le drapeau européen installé sous l'Arc de Triomphe.