"Nous sommes un peuple buté et récalcitrant. Je m'en fous, disons-nous. Nous sommes beaucoup trop attachés à nos désirs individuels pour maîtriser cette épidémie. Notre individualisme nous perdra", estime-t-il dans une lettre ouverte parue dans les médias flamands.

En Belgique, les exemples d'indiscipline face à la montée du coronavirus ne manquent pas. Ainsi, vendredi soir, plusieurs bars et cafés ont organisé des lockdown parties, invitant les gens à faire la fête une dernière fois avant leur fermeture. Si le gouvernement, qui a annoncé une série de mesures strictes jeudi soir, les a imposées qu'à partir de la nuit de vendredi à minuit, c'est pour des raisons d'organisation et non pour permettre aux citoyens de se réunir et de s'amuser une dernière fois.

Une fois les mesures mises en place et les villes désertées, certains Belges n'ont pas hésité à se rendre aux Pays-Bas, à Sluis notamment, pour faire du shopping et profiter des bars et des restaurants, pas encore fermés à ce moment-là. D'autres ont organisé des fêtes et des dîners chez eux, faisant fi des recommandations de distanciation sociale.

Un dernier verre avant la fin du monde

En France, on observe le même comportement inconscient. Ce week-end à Paris, les terrasses étaient bondées pour "un dernier verre avant la fin du monde", comme l'écrit L'Express. Libération constate que les marchés étaient bondés, les parcs remplis de gens etc. : un comportement qui va accélérer encore l'épidémie.

Cette attitude force les autorités des pays européens à prendre des mesures encore plus strictes. L'Italie, l'Espagne et la France sont entrées en confinement général, et la Belgique pourrait suivre rapidement. Par ailleurs, l'Union européenne ferme ses frontières.

Laxisme occidental

Lundi, la Chine a renforcé les mesures de quarantaine visant les personnes en provenance de l'étranger. Après avoir assuré la semaine dernière qu'elle avait "pratiquement endigué" le virus, la Chine, où l'épidémie est apparue à la fin de l'an dernier, voit désormais le nombre de cas importés dépasser celui des contaminations d'origine locale. Une progression qui déclenche la colère sur les réseaux sociaux contre le "laxisme" occidental.

Comme le souligne Wim Derave, les seuls pays (tels que le Japon et Singapour) qui ont réussi à maîtriser l'épidémie sont les états qui ont déjà connu des épidémies (SARS, grippe aviaire, etc.), ceux qui ont des gouvernements réactifs qui ne craignent pas de prendre des mesures drastiques, et ceux dont la population est imprégnée de sens civique et de discipline et fait passer le collectif avant l'individu. "En Belgique, nous n'avons rien de tout cela. Pour les deux premiers, nous n'y pouvons pas grand-chose, mais nous sommes responsables du troisième élément."

Une opportunité historique

"Il s'agit d'une opportunité historique. Nous pouvons vraiment signifier quelque chose l'un pour l'autre et pour le pays maintenant. Chacun d'entre nous peut désormais sauver une vie en se comportant de manière responsable, en plaçant le collectif au-dessus de l'individu", ajoute-t-il. Aussi implore-t-il d'éviter un maximum les contacts et de s'isoler avec les membres de son foyer.

Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles pour Libération, partage son avis : "C'est toute la différence avec les sociétés asiatiques où l'on sait que l'on n'est qu'une petite partie d'un tout qui nous dépasse. L'individualisme occidental s'est transformé en égoïsme et menace désormais la communauté.", écrit-il sur Twitter.

Une personne sur quatre sauvée

"Même dans un scénario optimiste, dans lequel seulement 30 % au lieu de 60 % de la population belge sera infectée (à condition que personne ne fasse plus de fêtes à domicile et ne rende visite à des amis), 150 000 Belges devront être hospitalisés, dont 30 000 en soins intensifs et sous respiration artificielle. Nous ne disposons même pas d'une fraction de cette capacité! Ils ne doivent absolument pas arriver tous en même temps, nous devons ralentir l'épidémie. Nous serons en mesure de sauver une partie de ces 30 000 personnes, donc les autres mourront. En Italie, c'est donc une personne sur quatre qui peut être sauvée, et ils sont déjà à genoux et ils ne sont même pas au plus fort de l'épidémie !", met en garde Wim Derave.

"Nous sommes un peuple buté et récalcitrant. Je m'en fous, disons-nous. Nous sommes beaucoup trop attachés à nos désirs individuels pour maîtriser cette épidémie. Notre individualisme nous perdra", estime-t-il dans une lettre ouverte parue dans les médias flamands. En Belgique, les exemples d'indiscipline face à la montée du coronavirus ne manquent pas. Ainsi, vendredi soir, plusieurs bars et cafés ont organisé des lockdown parties, invitant les gens à faire la fête une dernière fois avant leur fermeture. Si le gouvernement, qui a annoncé une série de mesures strictes jeudi soir, les a imposées qu'à partir de la nuit de vendredi à minuit, c'est pour des raisons d'organisation et non pour permettre aux citoyens de se réunir et de s'amuser une dernière fois.Une fois les mesures mises en place et les villes désertées, certains Belges n'ont pas hésité à se rendre aux Pays-Bas, à Sluis notamment, pour faire du shopping et profiter des bars et des restaurants, pas encore fermés à ce moment-là. D'autres ont organisé des fêtes et des dîners chez eux, faisant fi des recommandations de distanciation sociale.Un dernier verre avant la fin du monde En France, on observe le même comportement inconscient. Ce week-end à Paris, les terrasses étaient bondées pour "un dernier verre avant la fin du monde", comme l'écrit L'Express. Libération constate que les marchés étaient bondés, les parcs remplis de gens etc. : un comportement qui va accélérer encore l'épidémie.Cette attitude force les autorités des pays européens à prendre des mesures encore plus strictes. L'Italie, l'Espagne et la France sont entrées en confinement général, et la Belgique pourrait suivre rapidement. Par ailleurs, l'Union européenne ferme ses frontières. Laxisme occidentalLundi, la Chine a renforcé les mesures de quarantaine visant les personnes en provenance de l'étranger. Après avoir assuré la semaine dernière qu'elle avait "pratiquement endigué" le virus, la Chine, où l'épidémie est apparue à la fin de l'an dernier, voit désormais le nombre de cas importés dépasser celui des contaminations d'origine locale. Une progression qui déclenche la colère sur les réseaux sociaux contre le "laxisme" occidental. Comme le souligne Wim Derave, les seuls pays (tels que le Japon et Singapour) qui ont réussi à maîtriser l'épidémie sont les états qui ont déjà connu des épidémies (SARS, grippe aviaire, etc.), ceux qui ont des gouvernements réactifs qui ne craignent pas de prendre des mesures drastiques, et ceux dont la population est imprégnée de sens civique et de discipline et fait passer le collectif avant l'individu. "En Belgique, nous n'avons rien de tout cela. Pour les deux premiers, nous n'y pouvons pas grand-chose, mais nous sommes responsables du troisième élément." Une opportunité historique"Il s'agit d'une opportunité historique. Nous pouvons vraiment signifier quelque chose l'un pour l'autre et pour le pays maintenant. Chacun d'entre nous peut désormais sauver une vie en se comportant de manière responsable, en plaçant le collectif au-dessus de l'individu", ajoute-t-il. Aussi implore-t-il d'éviter un maximum les contacts et de s'isoler avec les membres de son foyer. Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles pour Libération, partage son avis : "C'est toute la différence avec les sociétés asiatiques où l'on sait que l'on n'est qu'une petite partie d'un tout qui nous dépasse. L'individualisme occidental s'est transformé en égoïsme et menace désormais la communauté.", écrit-il sur Twitter.Une personne sur quatre sauvée "Même dans un scénario optimiste, dans lequel seulement 30 % au lieu de 60 % de la population belge sera infectée (à condition que personne ne fasse plus de fêtes à domicile et ne rende visite à des amis), 150 000 Belges devront être hospitalisés, dont 30 000 en soins intensifs et sous respiration artificielle. Nous ne disposons même pas d'une fraction de cette capacité! Ils ne doivent absolument pas arriver tous en même temps, nous devons ralentir l'épidémie. Nous serons en mesure de sauver une partie de ces 30 000 personnes, donc les autres mourront. En Italie, c'est donc une personne sur quatre qui peut être sauvée, et ils sont déjà à genoux et ils ne sont même pas au plus fort de l'épidémie !", met en garde Wim Derave.