La Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe - institution distincte de l'UE et qui regroupe 47 pays - Dunja Mijatovic a appelé à "faire usage de toutes les alternatives disponibles à la détention quand c'est possible" pour protéger les droits et la santé des détenus, au moment où les ministres européens de la Justice échangeaient par visioconférence lundi sur les mesures prises.

Plusieurs pays européens ont entrepris de désengorger leurs établissements pénitentiaires, afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus dans ces lieux où la distanciation sociale préconisée est souvent impossible. En conséquence, ils ont procédé à des libérations anticipées de détenus arrivant en fin de peine et condamnés pour les délits les moins graves.

La France, condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) en janvier pour la surpopulation de ses prisons, a par exemple fait baisser depuis la mi-mars de plus de 6.200 le nombre de détenus, qui sont désormais environ 66.300 pour 61.000 places. Le gouvernement britannique a aussi annoncé la libération anticipée de jusqu'à 4.000 prisonniers à qui il restait deux mois ou moins à purger, tandis que la Grèce envisage également de relâcher quelque 1.500 personnes. En outre, les nouvelles incarcérations sont parfois réduites, comme en Suède ou en France, où l'exécution de certaines peines est différée.

Alors que le manque de matériel de protection distribué dans les prison est dénoncé dans plusieurs pays par le personnel pénitentiaire ou des organisations de défense des détenus, la pandémie a fait plusieurs morts parmi les prisonniers et gardiens. Un détenu de 76 ans est décédé en Italie, pays de l'UE le plus touché par le coronavirus, où 19 des quelque 58.000 détenus et 116 agents pénitentiaires ont été testés positifs, selon des chiffres officiels transmis la semaine dernière. En Espagne, autre pays particulièrement endeuillé, la maladie a tué une détenue et un gardien. Même bilan en France, où 48 détenus ont été testés positifs ainsi que 114 des 42.000 agents pénitentiaires.

Crise sanitaire, risque sécuritaire

En Grande-Bretagne, deux employés de la prison londonienne de Pentonville, qui présentaient des symptômes du virus, sont morts la semaine dernière, selon l'association des gardiens de prison. En Belgique, 32 surveillants ont été testés positifs, de même que quatre détenus, actuellement soignés pour le Covid-19.

Outre le danger de crise sanitaire, la pandémie de coronavirus représente aussi un risque sécuritaire: avec des promenades et sorties réduites, des parloirs et activités annulées, la tension s'est accrue dans de nombreuses prisons européennes, où des incidents se sont multipliés.

En Italie, la suspension des visites familiales a déclenché début mars des mutineries dans plusieurs établissements, faisant un mort. En Roumanie, autre pays aux prisons surpeuplées, trois détenus sont morts et deux ont été blessés dans une émeute à Satu Mare (Nord), provoquée selon les médias locaux par la réduction des heures de visite. Des incidents ont aussi été rapportés en Suède, où près de 25 détenus se sont barricadés dans une partie de leur prison de Norrköping, à quelque 160 km au sud de Stockholm.Face à ces montées de tension, plusieurs pays ont pris des mesures pour tenter de compenser la réduction ou la suspension des parloirs.

Le nombre d'appels autorisés a été augmenté en Espagne et des smartphones ont été distribués pour permettre aux prisonniers de réaliser des appels vidéos. Le gouvernement français a décrété la gratuité de la télévision, un crédit téléphonique et une aide financière pour les plus démunis. Par ailleurs en Russie, qui compte environ 500.000 détenus, les ONG ont averti des "conséquences dévastatrices" que pourrait avoir l'épidémie, surtout dans les centres de détention provisoire, appelant les autorités à réduire la population carcérale.

La Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe - institution distincte de l'UE et qui regroupe 47 pays - Dunja Mijatovic a appelé à "faire usage de toutes les alternatives disponibles à la détention quand c'est possible" pour protéger les droits et la santé des détenus, au moment où les ministres européens de la Justice échangeaient par visioconférence lundi sur les mesures prises. Plusieurs pays européens ont entrepris de désengorger leurs établissements pénitentiaires, afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus dans ces lieux où la distanciation sociale préconisée est souvent impossible. En conséquence, ils ont procédé à des libérations anticipées de détenus arrivant en fin de peine et condamnés pour les délits les moins graves.La France, condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) en janvier pour la surpopulation de ses prisons, a par exemple fait baisser depuis la mi-mars de plus de 6.200 le nombre de détenus, qui sont désormais environ 66.300 pour 61.000 places. Le gouvernement britannique a aussi annoncé la libération anticipée de jusqu'à 4.000 prisonniers à qui il restait deux mois ou moins à purger, tandis que la Grèce envisage également de relâcher quelque 1.500 personnes. En outre, les nouvelles incarcérations sont parfois réduites, comme en Suède ou en France, où l'exécution de certaines peines est différée.Alors que le manque de matériel de protection distribué dans les prison est dénoncé dans plusieurs pays par le personnel pénitentiaire ou des organisations de défense des détenus, la pandémie a fait plusieurs morts parmi les prisonniers et gardiens. Un détenu de 76 ans est décédé en Italie, pays de l'UE le plus touché par le coronavirus, où 19 des quelque 58.000 détenus et 116 agents pénitentiaires ont été testés positifs, selon des chiffres officiels transmis la semaine dernière. En Espagne, autre pays particulièrement endeuillé, la maladie a tué une détenue et un gardien. Même bilan en France, où 48 détenus ont été testés positifs ainsi que 114 des 42.000 agents pénitentiaires.En Grande-Bretagne, deux employés de la prison londonienne de Pentonville, qui présentaient des symptômes du virus, sont morts la semaine dernière, selon l'association des gardiens de prison. En Belgique, 32 surveillants ont été testés positifs, de même que quatre détenus, actuellement soignés pour le Covid-19.Outre le danger de crise sanitaire, la pandémie de coronavirus représente aussi un risque sécuritaire: avec des promenades et sorties réduites, des parloirs et activités annulées, la tension s'est accrue dans de nombreuses prisons européennes, où des incidents se sont multipliés. En Italie, la suspension des visites familiales a déclenché début mars des mutineries dans plusieurs établissements, faisant un mort. En Roumanie, autre pays aux prisons surpeuplées, trois détenus sont morts et deux ont été blessés dans une émeute à Satu Mare (Nord), provoquée selon les médias locaux par la réduction des heures de visite. Des incidents ont aussi été rapportés en Suède, où près de 25 détenus se sont barricadés dans une partie de leur prison de Norrköping, à quelque 160 km au sud de Stockholm.Face à ces montées de tension, plusieurs pays ont pris des mesures pour tenter de compenser la réduction ou la suspension des parloirs.Le nombre d'appels autorisés a été augmenté en Espagne et des smartphones ont été distribués pour permettre aux prisonniers de réaliser des appels vidéos. Le gouvernement français a décrété la gratuité de la télévision, un crédit téléphonique et une aide financière pour les plus démunis. Par ailleurs en Russie, qui compte environ 500.000 détenus, les ONG ont averti des "conséquences dévastatrices" que pourrait avoir l'épidémie, surtout dans les centres de détention provisoire, appelant les autorités à réduire la population carcérale.