La fin de la période de transition du Brexit approche, le coronavirus est en pleine deuxième vague, Boris Johnson perd sa popularité... La gestion du Royaume-Uni n'est pas une mince affaire en cette fin d'année 2020. Surtout lorsque le Premier ministre perd deux de ses proches collaborateurs en peu de temps. Son conseiller spécial Dominic Cummings a claqué la porte. Le départ de celui qui a été le cerveau de la campagne pour le Brexit arrive après celui du directeur de la communication de Boris Johnson, Lee Cain, qui est parti après s'être vu refuser le poste de chef de cabinet. Les deux hommes représentent l'aile dure des "Brexiters", prêts à une sortie sans accord de l'UE, le "no deal".
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La fin de la période de transition du Brexit approche, le coronavirus est en pleine deuxième vague, Boris Johnson perd sa popularité... La gestion du Royaume-Uni n'est pas une mince affaire en cette fin d'année 2020. Surtout lorsque le Premier ministre perd deux de ses proches collaborateurs en peu de temps. Son conseiller spécial Dominic Cummings a claqué la porte. Le départ de celui qui a été le cerveau de la campagne pour le Brexit arrive après celui du directeur de la communication de Boris Johnson, Lee Cain, qui est parti après s'être vu refuser le poste de chef de cabinet. Les deux hommes représentent l'aile dure des "Brexiters", prêts à une sortie sans accord de l'UE, le "no deal". Certains eurodéputés ont vu dans ce départ, conjugué avec la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine au détriment de Donald Trump (un allié de Boris Johnson), le possible signe d'un assouplissement de la position britannique dans les négociations post-Brexit. Le gouvernement britannique a assuré qu'il n'en est rien.Mais que s'est-il vraiment passé dans les coulisses du 10, Downing Street ? La presse regorge des différentes versions et démentis au sujet de ce qui s'est tramé au coeur du pouvoir. Nombre d'entre elles évoquent une opposition entre la fiancée de Boris Johnson et ancienne responsable de la communication au sein du parti conservateur, Carrie Symonds, et Dominic Cummings. Johnson doit désormais rassembler autour de lui une équipe avec laquelle il pourra redémarrer après une période très tendue. Dominic Cummings s'est disputé avec tout le monde, et aurait fini par fâcher le Premier ministre en personne. Le fait qu'il ait appelé sa fiancée "Princess Nut Nuts" par SMS aurait contribué à son renvoi. Selon les tabloïds britanniques, c'est également elle qui se serait opposée à la promotion de Lee Cain. Et les médias de s'interroger : n'est-ce pas, après tout, la fiancée du Premier ministre qui tire les ficelles ? Son implication possible dans les relations presses officieuses du Premier ministre ne plait pas. Si certains la décrivent comme l'une des plus puissantes compagnes ayant séjourné au 10 Downing Street, d'autres l'accusent de vouloir devenir "la nouvelle princesse Diana". Les récents départs montrent clairement que Carrie Symonds a su tirer la couverture à elle. À partir de maintenant, c'est bien elle qui peut prétendre au titre de plus haute conseillère de Boris Johnson. Carrie Symonds est à bien des égards l'antithèse de ces deux Brexiters de la première heure. Loin des deux hommes très conservateurs, Symonds est issue d'une famille de journalistes plutôt progressistes. Son père Matthew est l'un des fondateurs du journal The Independent. Son grand-père était rédacteur en chef du Daily Herald et était un membre travailliste de la Chambre des Communes dans les années 1970. Sa grand-mère travaillait pour le BBC World Service. À l'adolescence, Symonds s'intéressait surtout à la culture. Elle a fait des études d'histoire de l'art et de théâtre, mais après sa formation, elle a rapidement rejoint le Parti conservateur. Elle y a été porte-parole et a fait partie de l'équipe de campagne qui a aidé Boris Johnson pour un second mandat en tant que maire de Londres en 2010.Plus tard, elle a travaillé comme conseillère médias au sein du cabinet de Sajid Javid. Pendant longtemps, elle a été considérée comme l'un des plus grands talents du parti. Après avoir quitté son poste de directrice de la communication du parti en 2018 - l'année où elle a entamé une relation avec Johnson - elle s'est lancée dans son autre passion : l'environnement. Sur son compte Twitter, Symonds se décrit comme une "conservationniste". Elle lutte entre autres contre la pollution de plastique des océans. Mais elle a toujours de très bonnes relations au sein du parti. Elle est également très proche d'Allegra Stratton, une journaliste de la BBC qui, à partir du mois prochain, tiendra une conférence de presse télévisée quotidienne en tant que porte-parole officielle du Premier ministre.L'arrivée de Stratton pouvait déjà être considérée comme un signal que l'influence de Cain et Cummings s'amenuisait. On saura bientôt si leur départ est le début d'un changement de cap. Cette semaine, les négociations de Brexit doivent aboutir. La plupart des observateurs supposent que le départ des idéologues du Brexit augmente les chances d'un accord, bien que le porte-parole de Johnson ait nié vendredi que la position de Londres ait changé. Mais la plupart des parlementaires espèrent le retour de la sérénité. Carrie Symonds a vite senti que Cain et Cummings éloignaient de plus en plus le Premier ministre des gens plus modérés du parti. Les critiques sur Johnson, disant qu'il semblait avoir perdu tout contrôle, se sont également répandues dans les médias. Sa politique consistait principalement à faire des virages à 180 degrés. Mais cela ne veut pas dire que le calme est définitivement de retour. Boris Johnson est et reste avant tout un homme politique animé par ses impulsions. Mener une politique à la ligne droite et cohérente ne correspond pas à se manière de procéder. Et même sa fiancée ne peut changer ce tempérament.