Dans les médias allemands circule aussi le scénario d'un retournement de situation hitchcockien qui s'exécuterait juste avant que cloches de Westminster ne sonnent minuit ce 12 avril. A minuit une sur Big Ben qui ne sonne plus depuis presque deux ans, les Britanniques mais aussi le monde entier apprendraient que la Première ministre Theresa May aura écrit la veille, à l'Union Européenne, une lettre de renonciation in extremis au Brexit. Elle en aurait le droit et le pouvoir. Conséquence : tout redeviendrait comme avant ou tout recommencerait comme avant, avec, à tout le moins, un nouveau sursis de deux ans pour le Brexit.

Ce scénario apparaît comme plus légaliste que légitime. Il mise aussi sur l'éventualité d'un deuxième référendum qui a ses partisans au Royaume-Uni. Tant qu'à faire, le simple report de la date fatidique du 12 avril offre la possibilité d'une nouvelle consultation populaire.

En effet, si le Brexit obtient, avant samedi 00 heure, un nouveau sursis, la Grande-Bretagne devrait organiser, en mai prochain, comme dans les 27 autres pays de l'Union, les élections pour désigner ses représentants au prochain Parlement européen. Ubuesque probablement. Sauf si on considérait que ces élections feraient office de deuxième référendum. Une participation de plus de 50 % des électeurs signifierait qu'une majorité des Britanniques veulent contribuer à la politique de l'Union européenne et, ipso facto, en faire partie. A l'inverse, il suffirait à une autre majorité de continuer à dormir, le jour des élections déjà fixé non pas au 26 mais au jeudi 23 mai, pour que le Brexit négocié ou le no deal pur et dur entre en fonction le lendemain. Dans les deux cas, le verdict serait pourvu du sigle de la démocratie. Et lorsque les autres Européens voteront les jours suivants, ils sauront dans quelle communauté de destin ils jouent leur rôle.

On peut objecter au procédé une trahison informelle du secret de vote : vous votez, donc vous vous affichez comme anti-Brexit. Resterait alors l'option d'assortir l'élection européenne d'un (deuxième) référendum formel. Sans smog.

Pierre Schöffers

Dans les médias allemands circule aussi le scénario d'un retournement de situation hitchcockien qui s'exécuterait juste avant que cloches de Westminster ne sonnent minuit ce 12 avril. A minuit une sur Big Ben qui ne sonne plus depuis presque deux ans, les Britanniques mais aussi le monde entier apprendraient que la Première ministre Theresa May aura écrit la veille, à l'Union Européenne, une lettre de renonciation in extremis au Brexit. Elle en aurait le droit et le pouvoir. Conséquence : tout redeviendrait comme avant ou tout recommencerait comme avant, avec, à tout le moins, un nouveau sursis de deux ans pour le Brexit. Ce scénario apparaît comme plus légaliste que légitime. Il mise aussi sur l'éventualité d'un deuxième référendum qui a ses partisans au Royaume-Uni. Tant qu'à faire, le simple report de la date fatidique du 12 avril offre la possibilité d'une nouvelle consultation populaire.En effet, si le Brexit obtient, avant samedi 00 heure, un nouveau sursis, la Grande-Bretagne devrait organiser, en mai prochain, comme dans les 27 autres pays de l'Union, les élections pour désigner ses représentants au prochain Parlement européen. Ubuesque probablement. Sauf si on considérait que ces élections feraient office de deuxième référendum. Une participation de plus de 50 % des électeurs signifierait qu'une majorité des Britanniques veulent contribuer à la politique de l'Union européenne et, ipso facto, en faire partie. A l'inverse, il suffirait à une autre majorité de continuer à dormir, le jour des élections déjà fixé non pas au 26 mais au jeudi 23 mai, pour que le Brexit négocié ou le no deal pur et dur entre en fonction le lendemain. Dans les deux cas, le verdict serait pourvu du sigle de la démocratie. Et lorsque les autres Européens voteront les jours suivants, ils sauront dans quelle communauté de destin ils jouent leur rôle.On peut objecter au procédé une trahison informelle du secret de vote : vous votez, donc vous vous affichez comme anti-Brexit. Resterait alors l'option d'assortir l'élection européenne d'un (deuxième) référendum formel. Sans smog. Pierre Schöffers