Le drapeau européen et français à gauche de l'écran, les yeux froncés et le cachet présidentiel à droite : le décor est planté. C'est dans une allocation jugée controversée qu'Emmanuel Macron a pris position sur "le tournant historique" en Afghanistan, "loin de nos frontières mais avec des conséquences majeures pour l'ensemble de la communauté internationale, pour l'Europe et pour la France".
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Le drapeau européen et français à gauche de l'écran, les yeux froncés et le cachet présidentiel à droite : le décor est planté. C'est dans une allocation jugée controversée qu'Emmanuel Macron a pris position sur "le tournant historique" en Afghanistan, "loin de nos frontières mais avec des conséquences majeures pour l'ensemble de la communauté internationale, pour l'Europe et pour la France".Alors que le président français explique que Kaboul est tombé dans les mains des talibans, il rappelle que l'action de la France sur le territoire afghan, ces dernières années, avait pour but de "combattre une menace terroriste qui visait directement notre territoire et celui de nos alliés (ndlr : les Etats-Unis) depuis l'Afghanistan, devenu le sanctuaire du terrorisme islamiste".Après avoir précisé que les ressortissants français, ainsi que les afghans qui ont travaillé et aidé les forces françaises ont rejoint le sol national, Emmanuel Macron a souhaité intervenir "au-delà de la France". "J'entends prendre des décisions en lien étroit avec plusieurs pays européens et nos alliés : notre action visera à continuer de lutter contre le terrorisme islamiste sous toutes ses formes".Le président français poursuit : "la déstabilisation de l'Afghanistan risque également d'entraîner des flux migratoires irréguliers vers l'Europe. La France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont le plus menacés. Nous prendrons notre part dans le cadre d'un effort national organisé et juste. L'Afghanistan aura besoin, en les temps qui viennent, de ses forces vives et l'Europe ne pourra pas assumer à elle seule les conséquences de la situation actuelle. Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature".Si ce discours a divisé (comme vous pouvez le lire dans cet article du vif.be paru le 17 août), le président Macron a toutefois précisé qu'une action commune avec le Royaume-Uni, par l'intermédiaire notamment du Conseil de Sécurité, devrait avoir lieu : "c'est un enjeu pour la paix, la stabilité nationale contre un ennemi commun : le terrorisme et ceux qui le soutiennent".Iran, Turquie, Pakistan pour protéger l'Europe ?Toujours dans son discours, Emmanuel Macron renvoie le transit et l'accueil des Afghans au "Pakistan, à la Turquie et à l'Iran". D'après le journal Le Soir, l'Iran compte 780.000 réfugiés afghans et 2 millions de ressortissants afghans sans papier. La Turquie, quant à elle, serait en train de construire un mur pour protéger sa frontière avec l'Iran afin d'empêcher les flux de réfugiés. Enfin, le Pakistan serait sur le point de terminer l'installation de barbelés à sa frontière avec l'Afghanistan, pour répondre à des attaques de groupes aux postes-frontières plutôt que pour freiner les flux migratoires. Le pays compterait environ 1,5 million de réfugiés afghans.Le Soir précise que les relations de l'Union européenne avec le Pakistan, la Turquie et l'Iran ne sont pas spécialement au bon fixe :Depuis la crise migratoire de 2015, aucune politique commune en matière de migration n'a trouvé de consensus au sein de l'Union. Ce mercredi, les ministres européens de l'Intérieur se voient en vidéo-conférence pour discuter de cette question, au centre de l'actualité.