Large de 150 km² et composé de pierres ponces, cet étrange radeau qui dérive actuellement dans le Pacifique a été créé par une éruption volcanique sous-marine près de Tonga. La pierre ponce est une roche légère, riche en bulles, qui peut flotter à la surface de l'eau. Cette pierre est produite lorsque du magma en fusion est rapidement refroidi.
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Large de 150 km² et composé de pierres ponces, cet étrange radeau qui dérive actuellement dans le Pacifique a été créé par une éruption volcanique sous-marine près de Tonga. La pierre ponce est une roche légère, riche en bulles, qui peut flotter à la surface de l'eau. Cette pierre est produite lorsque du magma en fusion est rapidement refroidi.La masse a d'abord été détectée le 9 août dernier par un satellite de la NASA, avant d'être repérée par un couple australien quelques jours plus tard. L'équipage du catamaran Roam, surpris par cette découverte, a immédiatement publié un rapport sur Facebook, pour avertir les autres navires aux alentours. "Les gravats constitués de roches ont parfois la taille du marbre ou même d'un ballon de basket-ball, de sorte que l'eau n'est plus du tout visible", ont-ils expliqué. L'odeur de soufre n'a fait que confirmer la présence de ces pierres ponces flottantes. Le géologue Scott Bryan, intéressé par le phénomène, a demandé au couple de lui fournir des images et des échantillons de la roche volcanique afin de l'étudier. Selon lui, ce phénomène n'est pas exceptionnel, puisque de telles masses de pierres ponces peuvent être vues une fois tous les cinq ans dans la région.Bien que cet événement volcanique puisse s'avérer dangereux pour la navigation, la formation répétée de ces radeaux reste une bonne nouvelle pour l'environnement marin et est donc plutôt bien accueillie par la communauté scientifique. Le radeau pourrait en effet être le foyer de milliards d'organismes marins - allant du corail au crabe, en passant par l'escargot."Il s'agit d'un mécanisme potentiel pour le repeuplement de la Grande Barrière de corail", a rapporté le géologue. "Sur la base des divers radeaux de pierres ponces que nous avons étudiés au cours des 20 dernières années, [on peut conclure que] celui-ci va amener de nouveaux coraux en bonne santé et d'autres habitants du récif dans la Grande Barrière de corail".Pour l'instant, la pierre ponce reste stérile, mais au cours des prochaines semaines, de nombreux organismes vont s'y attacher, se développer et se diversifier pour finalement atteindre les mers d'Australie et s'y installer."Chaque morceau de pierre ponce est un véhicule. C'est une maison et un véhicule pour les organismes marins qui s'y attachent et traversent l'océan profond pour se rendre en Australie", a expliqué Scott Bryan. D'autant que le voyage entrepris par le radeau intervient à un moment idéal.Le géologue estime en effet que le radeau devrait toucher les côtes australiennes dans sept mois, en passant d'abord par la Nouvelle-Calédonie, le Vanuatu et quelques zones de récifs dans l'est de la mer de Corail, au moment où les coraux commenceront à frayer (NDLR : acte de reproduction). Des oeufs de coraux pourraient donc venir s'y loger.Et même si cela ne suffira probablement pas à guérir l'ensemble des coraux de la région, ni même à interrompre entièrement le processus de destruction de la Grande Barrière de corail, le fait d'avoir plus de coraux en bonne santé à portée de main pourrait accélérer sa récupération.