Alors que l'Allemagne est assurée de manquer ses objectifs climatiques pour 2020, l'objectif est de redresser la barre pour atteindre ceux de 2030, soit au moins 55% de baisse des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990.

Voitures électriques

L'Allemagne s'est fixé pour objectif de mettre sur les routes 7 à 10 millions de voitures électriques d'ici 2030. Environ un million de stations de recharge seront installées dans tout le pays, alors que l'absence de cette infrastructure clé dissuade pour l'heure les acheteurs.

La prime payée par l'Etat et les constructeurs à l'achat d'un véhicule électrique va augmenter à partir de 2021. Cette mesure, dont le montant n'est pas précisé à ce stade, ne concernera cependant que les véhicules d'un prix inférieur à 40.000 euros, soit typiquement la berline ID3 que vient de dévoiler Volkswagen.

Transports

Le gouvernement entend diminuer le recours aux vols intérieurs et favoriser le transport ferroviaire.

La taxe sur le trafic aérien au départ des aéroports allemands augmentera à partir de janvier 2020, et les compagnies aériennes ne pourront plus vendre de billets à très bas prix à perte.

A l'inverse, la taxe sur les billets de train longue distance sera abaissée de 19 à 7%, ce qui devrait être répercuté sur le tarif des billets. Ceux-ci pourraient baisser d'environ 10%.

Pour moderniser et étendre le réseau ferré, le gouvernement va accorder un milliard d'euros de fonds propres supplémentaires par an à la Deutsche Bahn entre 2020 et 2030. Au total, sur cette période, l'Etat et la Deutsche Bahn investiront ensemble 86 milliards d'euros.

En ville seront expérimentés des billets de transports publics pour un euro par jour.

Tarif du CO2

Les prix du gazole et de l'essence devraient augmenter dans les années à venir, en particulier du fait d'un nouveau système de tarification des émissions de CO2.

Après des mois de débat, Berlin a renoncé à adopter une "taxe carbone", un système prôné par la plupart des experts parce qu'il incite ménages et industriels à limiter leurs émissions, mais potentiellement impopulaire auprès des électeurs.

A la place, un système d'échanges de quotas d'émissions va être instauré en Allemagne pour les secteurs non concernés par celui qui existe déjà à l'échelle européenne, limité à l'énergie, l'industrie lourde et les vols intraeuropéens. Ce recours au marché est cependant décrié, la surabondance de certificats rendant le "prix du carbone" trop bas pour changer les comportements.

Energie

Les installations de chauffage au mazout seront proscrites à partir de 2026 "dans les bâtiments où la production de chaleur respectueuse du climat est possible".

D'ici là, les particuliers qui voudront remplacer leur installation au mazout par un système moins polluant devraient recevoir une "prime de remplacement" pouvant atteindre 40% du coût.

Des incitations fiscales sont prévues pour une rénovation énergétique éco-responsable des bâtiments.

Parallèlement, Berlin a confirmé vouloir monter la part d'énergies propres (solaire, éolien ou biomasse), à 65% dans la production d'électricité d'ici 2030, contre 40% actuellement.

Pour relancer l'éolien, en perte de vitesse en Allemagne, les collectivités recevront désormais une participation financière pour exploiter ces installations.

Agriculture

Le gouvernement mise sur la réduction de l'utilisation d'engrais. L'usage de l'utilisation de la tourbe devrait être limitée.