Selon une récente étude publiée dans la revue Plos One, la forêt atlantique d'Amérique du Sud, une forêt tropicale humide localisé le long du littoral du Brésil, est l'une des écorégions les plus menacées au monde. Si la forêt s'étalait autrefois sur 1,1 million de kilomètres carrés, elle a été réduite à seulement 0,143 kilomètre carré depuis la colonisation au 16e siècle. Actuellement, il ne reste plus que 11% de sa superficie végétale d'origine. Les animaux, principalement les mammifères, en sont les premières victimes...
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Selon une récente étude publiée dans la revue Plos One, la forêt atlantique d'Amérique du Sud, une forêt tropicale humide localisé le long du littoral du Brésil, est l'une des écorégions les plus menacées au monde. Si la forêt s'étalait autrefois sur 1,1 million de kilomètres carrés, elle a été réduite à seulement 0,143 kilomètre carré depuis la colonisation au 16e siècle. Actuellement, il ne reste plus que 11% de sa superficie végétale d'origine. Les animaux, principalement les mammifères, en sont les premières victimes...Bien souvent, il ne reste presque plus rien de ces dernières zones boisées. "Ces habitats sont maintenant souvent très incomplets, limités à des vestiges de forêt insuffisamment étendus et pris au piège dans un vortex d'extinction. Cet effondrement, sans précédent dans l'histoire et la préhistoire, peut être directement attribué à l'activité humaine", explique Carlos Peres, biologiste à l'Université d'East Anglia et l'un des auteurs de l'étude.L'activité humaine, dont notamment l'exploitation forestière et l'agriculture, a en effet causé la fragmentation progressive de l'habitat naturel. Combinée à la chasse, cette destruction massive a considérablement réduit le nombre de mammifères locaux, en particulier les espèces de grande et moyenne taille. "Nous avons documenté des milliers d'extinctions locales", explique Bogoni, auteur principal de l'article et chercheur à l'Université de Sao Paulo au Brésil.C'est la première fois qu'une équipe de chercheurs s'intéresse à l'ensemble des espèces animales de la région. Pour comprendre l'impact de la déforestation sur les populations mammifères de la forêt atlantique, Bogoni et son équipe ont rassemblé toutes les données réalisées localement : cela représentait près de 500 assemblages d'espèces.Ils ont alors comparé les recensements des espèces mammifères des 30 dernières années avec celui réalisé au moment de l'arrivée des Européens dans la région, il y a 500 ans. Les résultats sont affolants : même si aucune espèce n'est complètement éteinte, les chercheurs ont quand même constaté que plus de 70% des espèces avaient disparu de chacun de ces assemblages.Parmi les plus durement touchés, on retrouve les jaguars et les pumas, ainsi que les herbivores au corps grand, comme les tapirs.Or, selon les chercheurs, les mammifères sont essentiels à la bonne santé de la forêt. Les grands herbivores sont les plus utiles pour aider les plantes à disperser leurs graines, et les grands prédateurs régulent le nombre d'animaux phytophages (ceux qui se nourrissent de matières végétales).D'après Peres, pour sauver les forêts tropicales, il faut plus que simplement ralentir leur destruction : "On ne peut plus parler de ralentissement de la déforestation, car il n'y a quasiment plus rien à sauver". Il appelle davantage à une intensification des efforts de restauration dans toute la forêt atlantique.