Dans la foulée du rapport historique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), une nouvelle recherche analyse l'impact de la production et de la consommation alimentaires sur les principales menaces qui pèsent sur la planète.
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Dans la foulée du rapport historique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), une nouvelle recherche analyse l'impact de la production et de la consommation alimentaires sur les principales menaces qui pèsent sur la planète. Si le monde veut limiter le changement climatique et ses impacts, nous devrions tous adopter un régime alimentaire de type "flexitarisme", réduisant considérablement la consommation de viande, recommande une nouvelle étude sur le sujet. Parmi les grandes lignes du régime : manger principalement des aliments d'origine végétale, qui est une des trois étapes-clés vers un avenir durable pour tous d'ici 2050. "Nous pouvons adopter toute une gamme de régimes alimentaires sains, mais ce qu'ils ont tous en commun, c'est qu'ils sont tous à base de plantes", fait remarquer le Dr Marco Springmann (Université d'Oxford), auteur principal. Si tout le monde adoptait ce type de régime, les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'agriculture seraient réduites de moitié, selon leurs conclusions. L'élevage en particulier a un fort impact, les animaux générant de fortes émissions de méthane - gaz à effet de serre moins persistant que le CO2 mais beaucoup plus réchauffant. Produire de la viande est aussi synonyme de consommation d'eau: pour produire 500 g de boeuf, il faut près de 7.000 litres d'eau.Pour les auteurs de la recherche, publiée dans la revue Nature, notre système alimentaire actuel fait des ravages sur l'environnement. Outre le réchauffement climatique, il est également à l'origine de l'épuisement de l'eau douce et de la pollution. Des impacts qui pourraient augmenter de 50% à 90% selon leurs estimations. Toutefois, aucune solution unique ne permettra d'éviter les conséquences du changement climatique. C'est pourquoi les experts et scientifiques préconisent une approche combinée. "Si toutes les solutions étaient mises en oeuvre ensemble, il pourrait être possible de nourrir de façon durable une population en pleine croissance", confirme Marco Springmann. Outre un changement dans nos pratiques alimentaires et la réduction du gaspillage alimentaire tout au long de la chaine alimentaire, les chercheurs pensent que les pratiques agricoles doivent aussi considérablement changer. L'objectif : augmenter le rendement des terres existantes, améliorer la gestion de l'eau et limiter l'utilisation des engrais. L'élément-clé est que toutes ces solutions soient mises en oeuvre conjointement. "Nourrir une population mondiale de 10 milliards de personnes est possible. Mais seulement si nous changeons notre façon de manger et de produire les aliments", conclut Johan Rockström (Potsdam Institute for Climate Impact Research), un des auteurs de l'étude. "Toutes les mesures combinées peuvent permettre de garder la planète et les gens en bonne santé".