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Le « flexitarisme », clé pour éviter la catastrophe climatique?

Olivia Lepropre
Olivia Lepropre Journaliste au Vif

Les experts ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme quant à l’état de notre planète. Parmi les actions possibles, il est conseillé de réduire sa consommation de viande. Une nouvelle étude fait le point.

Dans la foulée du rapport historique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une nouvelle recherche analyse l’impact de la production et de la consommation alimentaires sur les principales menaces qui pèsent sur la planète.

Si le monde veut limiter le changement climatique et ses impacts, nous devrions tous adopter un régime alimentaire de type « flexitarisme », réduisant considérablement la consommation de viande, recommande une nouvelle étude sur le sujet.

Le flexitarisme, c’est quoi ?

Le régime de type « flexitarien » consiste en une réduction de la consommation de viande, pour des raisons relevant du bien-être animal, de la santé et/ou de la conscience écologique. Contrairement aux régimes végétariens ou vegans, qui arrêtent entièrement la consommation de viande ou de produits d’origine animale, les flexitariens jouent sur la fréquence. Si les fruits et légumes, les féculents ou encore les produits laitiers peuvent être consommés quotidiennement, les viandes et les poissons deviennent occasionnels.

Les légumineuses peuvent parfaitement remplacer la viande en association avec des céréales.
Les légumineuses peuvent parfaitement remplacer la viande en association avec des céréales. © ISTOCK

Les flexitariens tendent donc à limiter fortement leur consommation de viande mais ils ne s’en privent pas lorsque la situation les y invite (repas de famille, diner professionnel) ou s’ils en éprouvent l’envie. On peut considérer comme flexitariens, par exemple, ceux qui mangent au moins trois repas végétariens par semaine.

Gaz à effet de serre et eau

Parmi les grandes lignes du régime : manger principalement des aliments d’origine végétale, qui est une des trois étapes-clés vers un avenir durable pour tous d’ici 2050. « Nous pouvons adopter toute une gamme de régimes alimentaires sains, mais ce qu’ils ont tous en commun, c’est qu’ils sont tous à base de plantes », fait remarquer le Dr Marco Springmann (Université d’Oxford), auteur principal. Si tout le monde adoptait ce type de régime, les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture seraient réduites de moitié, selon leurs conclusions.

L’élevage en particulier a un fort impact, les animaux générant de fortes émissions de méthane – gaz à effet de serre moins persistant que le CO2 mais beaucoup plus réchauffant. Produire de la viande est aussi synonyme de consommation d’eau: pour produire 500 g de boeuf, il faut près de 7.000 litres d’eau.

Au programme : un blé génétiquement modifié, dénué de protéines responsables de la maladie coeliaque.
Au programme : un blé génétiquement modifié, dénué de protéines responsables de la maladie coeliaque.© EDUARD KORNIYENKO/REUTERS

Approche combinée

Pour les auteurs de la recherche, publiée dans la revue Nature, notre système alimentaire actuel fait des ravages sur l’environnement. Outre le réchauffement climatique, il est également à l’origine de l’épuisement de l’eau douce et de la pollution. Des impacts qui pourraient augmenter de 50% à 90% selon leurs estimations.

Toutefois, aucune solution unique ne permettra d’éviter les conséquences du changement climatique. C’est pourquoi les experts et scientifiques préconisent une approche combinée. « Si toutes les solutions étaient mises en oeuvre ensemble, il pourrait être possible de nourrir de façon durable une population en pleine croissance », confirme Marco Springmann. Outre un changement dans nos pratiques alimentaires et la réduction du gaspillage alimentaire tout au long de la chaine alimentaire, les chercheurs pensent que les pratiques agricoles doivent aussi considérablement changer. L’objectif : augmenter le rendement des terres existantes, améliorer la gestion de l’eau et limiter l’utilisation des engrais.

L’élément-clé est que toutes ces solutions soient mises en oeuvre conjointement. « Nourrir une population mondiale de 10 milliards de personnes est possible. Mais seulement si nous changeons notre façon de manger et de produire les aliments », conclut Johan Rockström (Potsdam Institute for Climate Impact Research), un des auteurs de l’étude. « Toutes les mesures combinées peuvent permettre de garder la planète et les gens en bonne santé ».

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