Le sol contient trois fois plus de carbone que l'atmosphère. Un carbone qui est libéré par les processus de déforestation et différentes formes d'agriculture, parfois intensives et non respectueuses de l'environnement.
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Le sol contient trois fois plus de carbone que l'atmosphère. Un carbone qui est libéré par les processus de déforestation et différentes formes d'agriculture, parfois intensives et non respectueuses de l'environnement. Ce phénomène fait partie des causes qui alimentent le changement climatique, et compromet donc les efforts fournis pour lutter contre celui-ci et pour nourrir une population mondiale croissante, selon un rapport de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) que la BBC a pu se procurer en exclusivité. Cet organisme se réunit en ce moment pour tenter d'amener les gouvernements à fixer des objectifs communs pour protéger les systèmes naturels. Parmi les problèmes pointés, on retrouve l'érosion des sols, son compactage par les machines, la construction ou encore les dommages causés par l'arrosage excessif. Endommager les sols affecte le climat de deux manières. D'un côté, cela compromet la croissance des végétaux qui absorbent le carbone présent dans l'atmosphère. De l'autre, cela libère le carbone du sol qui était auparavant stocké par les vers. Selon Robert Watson, président de l'IPBES cité par la BBC, plus de 3 milliards de personnes sont touchées par les conséquences de la dégradation des sols : "Il ne fait aucun doute que nous dégradons les sols partout dans le monde. Nous y perdons le carbone organique, ce qui mine la productivité agricole et contribue au changement climatique. Nous devons absolument restaurer les sols dégradés que nous possédons." Une problématique urgente, qui fait "la différence entre la survie et l'extinction pour la plupart des organismes terrestres", confirme une spécialiste des sols de l'Université de Cranfield. Par où faut-il dès lors commencer pour lutter contre le réchauffement climatique ? Sur plusieurs fronts en même temps, estime Watson, qui a été président du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). "Les gouvernements sont beaucoup concentrés sur les changements climatiques que sur la perte de biodiversité ou la dégradation des terres. Les trois sont d'égale importance pour le bien-être humain", insiste-t-il. Il est pour l'instant difficile d'estimer avec précision le niveau exact de la dégradation des sols à l'échelle mondiale. Mais les points les plus sensibles semblent être l'Amérique du Sud, l'Afrique subsaharienne, l'Inde et la Chine. Mais les États-Unis et l'Europe sont aussi concernés par la problématique de la dégradation des sols. Selon les experts, il faut tout faire pour que les sols gardent ce carbone, car sa libération anéantirait une partie de nos efforts pour lutter contre le changement climatique. Parmi les solutions pour protéger les sols, il y a la reforestation. Mais l'agriculture est également importante, car la croissance de la population mondiale incite à produire davantage afin de pouvoir nourrir chacun. Il convient donc également de trouver de nouvelles manières de cultiver pour revaloriser les sols.