Le 29 juillet est bien sûr une moyenne. Si tout le monde consommait comme les Qatari ou les Luxembourgeois, le point serait respectivement dépassé le 8 et le 15 février. Si tout le monde vivait comme les Belges, le 30 mars. Si tout le monde suivait le mode de vie des Indonésiens, le point de dépassement ne serait atteint "que" le 18 décembre.
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Le 29 juillet est bien sûr une moyenne. Si tout le monde consommait comme les Qatari ou les Luxembourgeois, le point serait respectivement dépassé le 8 et le 15 février. Si tout le monde vivait comme les Belges, le 30 mars. Si tout le monde suivait le mode de vie des Indonésiens, le point de dépassement ne serait atteint "que" le 18 décembre.En d'autres termes, le monde aurait besoin d'une plus grande planète pour poursuivre son mode de vie actuel. Plus précisément: 1,7 planète. Mais quels sont les facteurs pris en compte pour évaluer cette taille?L'association Global Footprint Network explique son calcul dans un long document. En somme, il s'agit d'un système de balance. D'un côté, nous émettons du CO2, d'un autre côté la nature en absorbe. Une autre balance est faite entre ce que nous produisons et ce que nous consommons. La différence s'appelle alors "empreinte". L'empreinte carbone exprime ce que nous émettons comme CO2, et quelle surface de terre boisée est nécessaire pour l'absorber. L'empreinte agricole exprime quant à elle la surface de terre nécessaire pour produire ce que les êtres humains et le bétail consomment comme céréales. Une empreinte similaire est égalment calculée pour la production de bois, ou de poisson. Une dernière empreinte est celle du bâtiment: combien de terre boisée n'existe plus, et ne peut plus absorder de dioxide de carbone, quand un bâtiment en recouvre la surface?Lire aussi: "Climat: pourquoi il n'y a plus de temps à perdre": le manifeste de Jean-Pascal van YperseleUne importante conscientisationPour Michel Crucifix, chercheur en paléoclimaologie à l'UCLouvain, ces différents critères comparent "des pommes et des poires": une telle date ne serait pas véritablement calculable. La nature est organisée en cycles, qui ne s'étendent pas sur la durée d'un an. "Dans un cycle, comme celui de l'eau, ou de l'azote, il y a un équilibre, il y a ce que la nature produit et ce qu'elle recycle". Dans un tel cycle, des perturbations peuvent avoir lieu, qui mènent à des graves crises pour la biodiversité."L'homme émet plus de CO2 et d'azote que ce qui est naturellement recyclé. La question est de savoir à partir de quand cela va amener à une rupture", analyse le spécialiste. La date du dépassement serait alors artificielle et arbitraire (même si les chiffres derrière sont "honnêtes et transparents", selon Michel Crucifix). Elle changerait en fonction du seuil d'émissions fixé: un Américain produit par exemple cinq tonnes de carbone par an en moyenne, un Européen trois, et un Chinois une. Selon le chercheur, il serait impossible de dire exactement quel serait le seuil à ne pas dépasser pour ne pas perturber le cycle naturel, même si dans le meilleur des cas, le seuil devrait être de zéro. "Mais le but de cette date, et c'est très important, c'est de sensibiliser", relativise Michel Crucifix. "On voit que globalement l'impact augmente quand on observe que cette date avance". Elle met en évidence que l'être humain surexploite les ressources, et que cela mènera inévitablement à une crise.