Il existe une solution, facile à mettre en oeuvre, pour ralentir drastiquement le réchauffement du climat: enrichir le sol en carbone et permettre à la vie de s'y réimplanter. Pour ce faire, il faudrait favoriser les forêts et les prairies qui hébergent et alimentent des animaux brouteurs, partout sur la planète. Surtout, ne plus laisser les sols nus.
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Il existe une solution, facile à mettre en oeuvre, pour ralentir drastiquement le réchauffement du climat: enrichir le sol en carbone et permettre à la vie de s'y réimplanter. Pour ce faire, il faudrait favoriser les forêts et les prairies qui hébergent et alimentent des animaux brouteurs, partout sur la planète. Surtout, ne plus laisser les sols nus. Au cours de la dernière décennie, l'augmentation globale nette des émissions anthropiques de CO2, après prise en compte des puits océaniques et terrestres séquestrant une partie de ce dioxyde de carbone, se chiffre à 4,9 gigatonnes par an. "Il est désormais largement reconnu que pour lutter contre le changement climatique qui en résulte, il sera nécessaire d'employer des technologies à émissions négatives, en plus de réduire considérablement les émissions de combustibles fossiles. La séquestration du carbone organique dans le sol peut potentiellement, et de manière simple et techniquement faisable, éliminer entre 0,79 et 1,54 gigatonne de carbone de l' atmosphère chaque année", explique une équipe internationale de chercheurs dans une publication parue dans Nature.Les alliés pour remporter ce défi de taille? Les végétaux. Lors du processus de photosynthèse, les arbres et les herbes absorbent du CO2 de l' atmosphère et le transforment en sucres utiles à leur croissance. Ensuite, une fois que les feuilles et les branches tombent sur le sol, une partie s'y enfouit et forme de la matière organique relativement stable dans le temps. C'est ainsi que du CO2 atmosphérique migre dans le sol où il est stocké dans les micro-organismes (surtout dans des champignons) de manière durable."C'est typiquement une sorte d'émission négative de gaz à effet de serre", commente Bas van Wesemael, professeur à l'UCLouvain, qui a coécrit l' étude. "En principe, il devrait y avoir plus de carbone dans les sols, sous forme organique, que dans l'atmosphère!" Or, au niveau mondial, la conversion des tourbières, des forêts ou encore des prairies en terres arables (potentiellement à nu une partie du temps) et l'expansion folle des techniques agricoles industrielles ont profondément dégradé la qualité des sols. A tel point que ceux-ci ont perdu une grande partie du carbone qu'ils contenaient. A l' échelle de la planète, un tiers des sols sont désormais carencés et mal en point. Pour les restaurer et donc augmenter leur teneur en carbone, le chercheur louvaniste préconise d'arrêter de labourer, d'encourager les pratiques d'agroforesterie et d'agroécologie, mais aussi de favoriser certaines cultures. Notamment celles de céréales laissant, sur le champ, de nombreux résidus organiques lesquels seront mélangés à la terre. En outre, "des prairies bien gérées sont des puits de carbone très efficaces, surtout si elles sont broutées par du bétail." Dans la même veine, le programme 4 pour 1 000, lancé à la suite de la COP21 en 2015, vise à augmenter, chaque année, et au niveau mondial, de 0,4% la teneur en carbone des sols.