Le printemps que nous venons de vivre a-t-il été particulièrement exceptionnel du point de vue météorologique ?

Nous avons effectivement connu un printemps 2020 très sec et très ensoleillé. Les températures étaient également au-dessus des normales saisonnières.
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Nous avons effectivement connu un printemps 2020 très sec et très ensoleillé. Les températures étaient également au-dessus des normales saisonnières. Au niveau de l'ensoleillement, nous avons même connu un nouveau record absolu (depuis 1887) avec 740 heures et 46 minutes de soleil sur les trois mois du printemps (mars, avril et mai). La normale se situe à 463 heures et 58 minutes. Le record précédent datait de 2011 et était de 707 heures et 11 minutes. Le printemps météorologique recouvre les mois de mars, avril et mai. Si vous vous souvenez, la première partie du mois de mars était dans la même lignée que la fin de l'hiver. À savoir, un temps assez perturbé avec des averses et des tempêtes. Durant cette période, nous étions sous l'influence de courants perturbés océaniques. Dès la mi-mars, le régime atmosphérique s'est radicalement modifié. Nous sommes passés dans un régime caractérisé par la formation d'anticyclones robustes et persistants qui se sont relayés jusqu'à maintenant. Cela s'explique par le Jet-Stream, un courant d'altitude par lequel les perturbations se déplacent. À l'échelle de la planète, ce couloir de vents forts et formé par la différence de température entre l'équateur et les régions polaires. Le Jet-Stream est d'autant plus fort que le contraste thermique est fort entre ces régions, ce qui est le cas en hiver, beaucoup moins en été. C'est la raison pour laquelle la météo est souvent plus perturbée en hiver (tempêtes, dépressions, des perturbations pluvieuses, etc.) qu'en été. Tout cela est normal. Lors de ce printemps par contre, le Jet-Stream s'est affaibli et est devenu très méandré, ce qui est favorable à une situation de blocage comme celle que nous venons de connaitre. C'est-à-dire que de vastes anticyclones, qui bougeaient très peu et qui sont donc restés longtemps, se sont succédé sur nos régions. Nous n'avons connu que quelques faibles précipitations qui se sont glissées entre deux anticyclones. Cela explique que les précipitations ont été très limitées sur nos régions depuis la mi-mars.Les prévisions à moyen terme, pour la première quinzaine du mois de juin, prévoient un temps un peu plus perturbé et plus instable. On s'attend donc à avoir quelques précipitations dans les prochains jours. Concernant les prévisions saisonnières, on parle de la probabilité qu'ont les paramètres de température et de précipitations de s'écarter des normes de saison. Il s'agit aussi d'une moyenne sur trois mois. Ce sont donc des résultats à prendre avec des pincettes. Au niveau des températures pour les trois mois d'été (juin, juillet et août), les probabilités vont vers un été plutôt chaud et sec. En termes de chiffres, nous avons 10 à 20 % de probabilité d'avoir un été plus froid et plus humide que la moyenne, 20 à 40 % de chance d'avoir un été proche de la normale (23 degrés) aussi bien au niveau des températures que des précipitations et 50 à 60 % de chance d'avoir un été plus chaud et plus sec que la moyenne. On se dirige donc plutôt vers un été plutôt chaud et plutôt sec. Mais attention, ces prévisions ne disent rien sur la distribution de cet excès. On pourrait donc avoir un mois de juillet très chaud et un mois d'août normal. Selon les prévisions du mois de mai 2019, les prévisions saisonnières étaient sensiblement les mêmes pour l'été que cette année. L'été s'est ensuite avéré être plus chaud que la normale. On a eu trois vagues de chaleur très marquées, avec des températures dépassant les 30 °C : fin juin, fin juillet et fin août. Le 25 juillet, nous avons battu le record absolu de température en Belgique, soit 39.7 °C. Lors de l'été 2019, nous avons connu une température maximale moyenne de 24 °C (+1.9°C) et la température moyenne globale était de 19.1°C +1.5°C). La prévision saisonnière de 2019 s'est donc vérifiée. Cela ne veut pas forcément dire que ce sera également le cas cette année.