Durant sept semaines, focus sur un parti francophone en lice pour le scrutin du 26 mai prochain. Cette semaine: Ecolo.
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La ligne Khattabi-Dupriez, clairement plus à gauche quoique cela ne fût pas assumé - on l'appela " radicale " en langue de bois vert -, a changé substantiellement les positions d'Ecolo, mais n'a rien modifié relationnellement : l'objectif stratégique n'est pas de remplacer la " vieille " gauche sociale-démocrate, comme cela peut l'être pour les verts néerlandais par exemple, mais de s'installer durablement en pivot de presque toutes les coalitions possibles. En Flandre, le moteur bleu-vert dont a parlé la présidente de Groen ! Meyrem Almaci, ou les évocations d'une coalition jamaïcaine, avec chrétiens-démocrates et libéraux, procèdent de cette option stratégique. Mais côté francophone aussi, la tête d'un parti qui penche plus à gauche que naguère s'applique à ne pas trop se montrer de profil : Zakia Khatabbi et Jean-Marc Nollet veulent pouvoir choisir en mai prochain, ou à tout le moins s'en donner l'air. Ses concurrents, donc, sont ceux qui lui disputent - ou lui disputèrent - cette position pivotale, et qui pourraient donner au MR ou au PS plus de gages. En Wallonie, l'électeur soucieux de garder les verts hors des gouvernements choisira le CDH, qui a misé depuis longtemps sur une ligne verte qui s'afficherait réaliste. A Bruxelles, où le CDH est en risque vital, le même optera pour DéFI, qui se prévaut d'une exigence éthique au moins égale à celle des verts.